Pourquoi la parfumerie-cosmétique française s’estime maltraitée

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Agnès Panier Runacher, lors de sa visite de l’usine Guerlain à Chartres en janvier, s’est engagée à apporter le soutien du gouvernement à l’industrie cosmétique.
Agnès Panier Runacher, lors de sa visite de l’usine Guerlain à Chartres en janvier, s’est engagée à apporter le soutien du gouvernement à l’industrie cosmétique. (Crédits : Reuters)
CHARTRES (28). Mise en place retardée d’un comité stratégique de filière, concurrence éventuelle d’une nouvelle marque à l’international, Cosmetic Valley, pole de compétitivité de la parfumerie cosmétique basé en Eure-et-Loir, monte au créneau pour être mieux reconnue par l’Etat.

Promise le 7 janvier lors de la visite d'Agnès Pannier-Runacher à l'usine du parfumeur Guerlain à Chartres, la création d'un comité stratégique de filière (CSF) dédié à la parfumerie-cosmétique est pour l'instant restée lettre morte. Marc-Antoine Jamet, président de Cosmetic Valley et secrétaire général du géant du luxe LVMH, vient d'écrire en ce sens à la ministre chargée de l'Industrie.

A la clé, la reconnaissance de ce secteur par l'État comme une filière industrielle à part entière à l'instar de l'aéronautique, de l'automobile ou de l'agroalimentaire, autres fleurons du made in France. Ces contrats de filières recensent des projets structurants qui engagent de manière réciproque l'État et les acteurs privés.18 CSF ont été labellisés jusqu'à présent par le Conseil National de l'Industrie (CNI) dépendant de Bercy, mais pas la cosmétique. « Nous sommes actuellement intégrés dans la chimie, le luxe et la santé, regrette Marc Antoine Jamet. Pourtant, la cosmétique coche toutes les cases pour être considérée comme une filière propre. Avec 45 milliards d'euros de chiffre d'affaires générés en 2020, elle constitue notamment le second secteur d'exportation français, derrière l'aéronautique. »

Autre illustration du poids du secteur, il emploie près de 250.000 salariés dans l'Hexagone, avec des pointes en Centre Val de Loire, en Normandie et en Picardie dans les Hauts de France. « A ce titre, l'industrie cosmétique, qui comprend 80% de PME et TPE, constitue l'un des premiers acteurs de l'aménagement du territoire », assure Marc Antoine Jamet

Concurrence de Choose France

Les velléités de l'Elysée de créer un nouveau label de promotion pour la cosmétique, à l'instar de la French Tech, de la French Fab, ou de la French Touch, inscrites au sein du programme Choose France de 2019, est un autre point de friction. « Notre propre marque Cosmetic Valley France, créée il y a 27 ans, est reconnue, notamment à l'international où la filière réalise plus de 50% de ses recettes. Elle symbolise notre industrie Made in France, assure Christophe Masson, directeur de Cosmetic Valley. Pourquoi en changer, d'autant plus que la concurrence à l'export s'aiguise d'année en année? » Si l'industrie cosmétique française se situe toujours au premier rang mondial grâce à des marques emblématiques comme Dior, Lancôme, Chanel, Guerlain ou encore Hermès, elle est de plus en plus concurrencée par de nouveaux entrants comme la Corée avec son label K Beauty, le Japon et son fleuron Shiseido, ou le Brésil.

Conséquence, la part de marché de la France au niveau mondial, qui était encore de 25% en 2010, a reculé à 15% l'année dernière. Cette baisse, accélérée par la crise sanitaire et mise en exergue lors des premiers États généraux de la parfumerie-cosmétique en septembre 2020, se situe évidemment au centre des discussions entre Cosmetic Valley et Bercy.

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Commentaires
a écrit le 01/03/2021 à 16:56 :
Les parfumeurs européens bénéficient pratiquement d'un fort monopole. Le marché du farfum est pratiquement interdits aux autres pays hors CE.
En effet, il s'agit de lire, les conditions restrictives des formules de parfums que personne hors CE ne va investir dans un dédale de règlements plus compliqués qu'un labyrinte.
Il en est de même pour les plantes mádicinales, odorantes et les huiles essentiellles base des parfums bio. Il est à noter que la plus part des parfums de grandes marques sont synthétiques et ont des odeurs qui n'existent pas dans la nature. Est-ce bon pour la santé, jusque là personne, à ma connaissance, ne s'est posé la question.

Alors, tous ces parfumeurs super protégés n'ont aucune raison de se palindre.
a écrit le 01/03/2021 à 8:55 :
Surtout que la mode est ce qui tombera en dernier peut-être même jamais les apprences étant une vérité en soi, même si j'emets un bémol sur le secteur du maquillage, de plus en plus dérangeant certes d'un point de vue environement mais également sémantique.

Que l'on cherche à projetter la meilleur image de soi aux autres semble logique mais que l'on cherche à se cacher, et le parfum va un peu dans ce sens même si bien moins que le maquillage, est une autre histoire. Tout comme cette désatreuse chirurgie esthètique générant un formatage total du corps même si c'est une conséquence logique du fait du formatage des esprits par les médias de masse.

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