La coupure de courant, provoquée par l'incendie de plusieurs lignes à haute tension qui transitaient par le pont de Brignoud (Isère) dans la nuit de lundi à mardi, aura été à la fois inédite, mais aussi particulièrement impactante pour le bassin du Grésivaudan, un secteur proche de Grenoble, qui accueille plusieurs grands industriels de la microélectronique comme STMicroelectronics et Soitec.
Finalement, un peu moins de 24 heures après cet incident, pour lequel une enquête a été ouverte et étudie notamment la thèse d'un incendie volontaire, la situation est en passe de revenir à la normale (ou presque). Plusieurs lignes à haute tension (20.000 volts) d'Enedis ainsi qu'une ligne à très haute tension (225.000 volts) gérée par RTE ayant été incendiées, des solutions de secours ont été déployées.
Enedis confirme notamment ce mercredi que l'ensemble des foyers ainsi que des entreprises du secteur ont pu bénéficier de la mise en place de groupes électrogènes d'appoint, tandis qu'une ligne électrique provisoire a été tirée afin d'alimenter spécifiquement le site de Soitec, à Bernin.
« Une ligne appropriée pour alimenter le site a été mise en place depuis 20h30 hier soir, et depuis ce même moment, toutes nos équipes ont repris le travail. Le processus de reprise de la production est en cours depuis 21 heures mardi soir et prendra un peu de temps, car nous avons des protocoles à respecter, mais il se fera dans les heures et les jours qui viennent », confirme Thomas Piliszczuk, vice-président du business global chez Soitec.
« Etant donné que nous avons aussi plusieurs lignes de production sur ce site, leur redémarrage pourra se faire progressivement, en fonction des priorités et de nos engagements pris auprès de nos clients ».
Pour l'heure, le fabricant de substrats semi-conducteurs n'évoque toujours aucun impact financier ni dégâts matériels suite à cet épisode, et se dit confiant que les livraisons à ses clients pourront être tenues, en s'appuyant notamment sur un stock de production déjà disponible.