Go Sport se trouve-t-il ou non en cessations de paiements ? C'est la question qui reste en suspens, à 24 heures désormais de la décision très attendue du tribunal de commerce de Grenoble.
Ce sont les commissaires aux comptes de la société (KPMG et Ernst & Young) qui avaient sonné l'alarme le 22 novembre en envoyant "un rapport spécial d'alerte" au vu des comptes de la société. Dévoilé par le journal Le Monde, ce premier rapport mentionnait "une dégradation de près de 10 % du chiffre d'affaires" mais aussi des "décaissements relatifs à des éléments non récurrents pour un montant de 36,3 millions d'euros, qui obèrent très significativement la trésorerie de la société Groupe Go Sport", qui emploie 2.160 salariés au sein de 80 magasins affiliés.
Avec la crainte, en filigrane, que le vendeur d'article de sport ne se retrouve, lui aussi, en situation de cessation de paiements. Car l'enseigne iséroise, créée en 1978 dans la banlieue grenobloise, fait partie des sociétés détenues par le groupe bordelais Hermione, People and Brands (HPB), qui vient de déposer le bilan d'une autre marque : le groupe Camaïeu, avec ses 508 magasins employant près de 2.600 salariés.
Et bien que le groupe HPB ait déjà déclaré, début décembre que "Go Sport n'est pas en état de cessation de paiement", la première offensive était venue des syndicats, qui ont exercé leur droit d'alerte économique en demandant la nomination d'un administrateur judiciaire. Le syndicat FO affirmant en effet que "les représentants du personnel ont engagé une procédure de droit d'alerte économique au niveau du CSE Central du groupe dès le 18 octobre 2022."