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Business - La Tribune Bordeaux

Repris par Michel Ohayon, les salariés de Go Sport s'inquiètent de subir le même sort que Camaïeu

par Alexandre GROSBOIS et Corentin DAUTREPPE, AFP

Publié le 06 décembre 2022 à 08:49 - Mis à jour le 06 décembre 2022 à 08:50

Michel Ohayon

L'homme d'affaires bordelais Michel Ohayon a repris l'enseigne Go Sport en 2021.

Agence Appa

Le Quotidien Numérique

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Photo d'illustration de l'article
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Reprise à l'été 2021 par la Financière immobilière bordelaise (FIB), de l'homme d'affaires Michel Ohayon, l'enseigne Go Sport se retrouvera devant la justice le 19 décembre pour examiner sa situation financière. Les 2.000 salariés craignent le précédent Camaïeu, propriété du même actionnaire liquidée il y a quelques semaines.

"Même actionnaire, mêmes effets?", s'interrogent élus du comité central et syndicats des quelque 2.000 salariés de Go Sport : la situation financière du distributeur spécialisé dans le sport, propriété du même actionnaire que Camaïeu, va être examinée par la justice le 19 décembre, même si la direction se veut rassurante.

Les élus du comité social et économique central (CSEC) et les organisations syndicales CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, CFDT de Go Sport redoutent que les "plus de 2.000 salariés de Go Sport" ne "subi(ssent) le sort des salariés de Camaieu", l'enseigne de prêt-à-porter liquidée fin septembre, selon une déclaration transmise à l'AFP.

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Ils ont lancé "une procédure judiciaire devant le tribunal de commerce" de Grenoble "avant qu'il ne soit trop tard". Concrètement, ils ont, selon l'avocate du CSEC Evelyn Bledniak, "déposé une demande auprès du tribunal de commerce pour la désignation d'un administrateur judiciaire" au terme d'une procédure de "droit d'alerte économique lancée en octobre pour avoir un point sur la situation financière et la trésorerie de Go Sport".

"Pas en cessation"

"Des hypothèses économiques laissent supposer un trou de trésorerie à fin novembre et a fortiori sur décembre", dit encore l'avocate, évoquant en outre une activité économique en retard sur les prévisions depuis l'été. Le parquet de Grenoble a confirmé à l'AFP qu'une audience est prévue le 19 décembre afin de vérifier que l'entreprise n'est pas en situation de cessation de paiements à brève échéance.

La société-mère de Go Sport, Hermione, People and Brands (HPB), a toutefois affirmé à l'AFP lundi après-midi que "Go Sport n'est pas en cessation de paiements" et que le groupe aura "dans 48 heures les éléments permettant d'étayer ces arguments". HPB est la branche distribution de la Financière immobilière bordelaise (FIB), qui est le fonds d'investissement de l'homme d'affaires Michel Ohayon.

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Un peu plus tôt, les élus du CSEC et les organisations syndicales du groupe de distribution spécialisé, fondé en 1978 et basé à Sassenage dans l'Isère, avaient fait part d'une inquiétude d'autant plus vive que le sort de Camaïeu et de ses 2.600 salariés privés d'emploi fin septembre est encore présent dans tous les esprits.

En perte depuis des années, Go Sport avait été racheté fin 2021 pour un euro symbolique par HPB auprès de la maison mère du groupe de distribution alimentaire Casino, la société Rallye, elle-même lourdement endettée.

Précédent Camaieu

Le patron de la FIB Michel Ohayon est un Bordelais, également présent dans l'hôtellerie de luxe (Grand Hôtel de Bordeaux, Waldorf Astoria Trianon Palace Versailles) et le vin. Il s'est fait connaître ces dernières années en rachetant de nombreuses enseignes de la distribution souvent à bas prix ou devant les tribunaux: Go Sport, Camaïeu mais aussi certains magasins Galeries Lafayette en France, La Grande Récré, Gap France ou encore Café Légal.

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Il avait été fustigé par les salariés de Camaïeu fin septembre, quand le tribunal de commerce de Lille avait prononcé la mise en liquidation judiciaire de l'ancien fleuron nordiste, en difficultés depuis des années. "On s'est battu pour cette entreprise ! Je suis autant atterré que vous", avait répondu Michel Ohayon aux salariés. "Vous avez le droit d'être acides, je vous pardonne tout", déclarait-il encore, disant avoir investi 46 millions d'euros dans l'entreprise.

par Alexandre GROSBOIS et Corentin DAUTREPPE, AFP

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