Le petit groupe textile MLT, implanté dans les Pyrénées Atlantiques et dans la Loire, va déposer une offre de reprise de la marque Camaïeu à l’occasion des prochaines enchères. Fervent défenseur du Made in France, Manufacture de Layette et Tricots entend repositionner Camaïeu sur des collections fabriquées en France, avec un projet de reconstruction envisagé sur 20 ans.Son annonce, dans un post Linkedin, fait le buzz, il en est déjà à plus d'1,6 million de vues, 33.000 likes et près de 2.000 commentaires. A tel point que le réseau social l'a même bannie quelques heures de ses pages, suspectant le travail de robots automatisés et programmés pour faire monter les audiences... Il faut dire que l'histoire pourrait être très belle, elle vient raviver la flamme des défenseurs du made in France.
Karine Renouil-Tiberghien, co-dirigeante avec Arnaud de Belabre, du petit groupe textile MLT (80 salariés ; 7,5 millions d'euros de chiffre d'affaires), vient d'annoncer leur intention de déposer une offre de reprise de la marque Camaïeu. Après les stocks, dont l'essentiel (18 des 20 lots, soit 3,8 millions d'euros de vêtements) a été repris par le réseau Noz au début du mois, ce sera au tour des bureaux, des meubles, des outils... et donc de la marque en elle-même d'être mis aux enchères. Et c'est bien sur ce dernier point qu'entend se positionner MLT.
« Aujourd'hui, 3% des vêtements portés par les Français sont fabriqués en France. Cela a progressé ces dernières années grâce au travail de plusieurs acteurs mais nous n'en sommes toujours qu'à 3,2%. Il faut que ça bouge ! Or, Camaieu représente plusieurs points de la mode française, c'est une opportunité en or pour faire bouger les lignes plus vite ! », pointe la cheffe d'entreprise.
Le projet : repositionner Camaieu sur le made in France
Le combat de Karine Renouil-Tiberghien et Arnaud de Belabre pour le fabriqué en France remonte à 7 ans. Ils s'étaient alors associés pour reprendre la petite entreprise Manufacture de Layette et Tricots à Pau. Celle-ci tricotait en France mais confectionnait en Tunisie. « C'était déjà ça, nous nous sommes battus pour montrer qu'on pouvait parfaitement tricoter en France, à un prix compétitif », raconte la dirigeante.
Stéphanie Gallo Triouleyre