D'un sujet considéré plutôt comme assez technique, il est passé au rang des dossiers sensibles. Attaqués à Megève (Haute-Savoie) pour le domaine skiable de Rochebrune, ou encore à Tignes (Savoie) pour le remplacement du télésiège du Marais, dont les aménagements associés devaient être construits sur la réserve naturelle de Tignes-Champagny, mais aussi aux 2 Alpes (Isère)... Les projets d'aménagement des stations de ski des Alpes du Nord connaissent de plus en plus de difficultés à voir le jour.
Du côté des stations de ski, le sujet du renouvellement ou de l'extension d'un domaine skiable évoque même désormais l'image d'un parcours du combattant. « Ce n'est pas spécifique à la montagne, cela concerne tous les types d'aménagements, en raison de la législation et de la réglementation, donc de l'administration », déplore Laurent Reynaud, délégué général de Domaines Skiables de France, qui décrit des dossiers de plus en plus épais pour répondre aux exigences réglementaires.
Il compare une administration qui, par le passé, était « aux côtés des porteurs de projets, pour accompagner les territoires », à une administration d'aujourd'hui qui, par ses demandes et par l'application des différentes règles « va faire partie de la complexité. Les élus et les professionnels se sentent un peu seuls, avec leurs dossiers », tranche-t-il.
Avec non seulement de plus en plus de pièces ou d'études à fournir, ce qui, de fait, rallonge les délais et les coûts pour mener à bien de tels projets, alors que 25% des recettes des ventes de forfaits sont réinvestis dans l'aménagement ou le développement des domaines skiables. Mais pas uniquement.
Car face à ces complexités d'ordre administratif, s'ajoute également la vigilance des associations de protection de l'environnement. Ces dernières n'hésitent pas à s'opposer aux projets quand ils leur semblent mettre en danger la biodiversité ou des espaces protégés, comme ce fut le cas récemment à la Clusaz, avec le projet de retenue collinaire défendu par la mairie.