Qui veut encore s'associer à Photowatt ? Depuis de longs mois, l'avenir de l'un des derniers fabricants français de wafers de silicium pour la fabrication de modules photovoltaïques est incertain. Car depuis son rachat par EDF en 2012, soutenu en pleine campagne présidentielle par l'ex-président Nicolas Sarkozy, le dossier n'en finit pas de rebondir.
Car l'équation pour EDF semble aujourd'hui impossible : forcé d'intégrer à son offre de développeur d'énergies renouvelables un volet de production qu'il n'a toujours pas réussi à valoriser dans ses missions, l'énergéticien français cherche, depuis plusieurs années déjà, à se départir de la société iséroise Photowatt, présentée à la fois comme stratégique pour la souveraineté française, mais aussi structurellement déficitaire.
Et le contexte mondial de l'industrie photovoltaïque n'y aide pas : tiraillé d'une part entre le besoin de relocalisation incarné par les grandes ambitions des projets de gigafactories hexagonales Carbon et HoloSolis, et de l'autre, par le dumping des acteurs chinois qui, faute de débouchés sur la marché américain après l'application de l'Inflation Reduction Act (IRA) protégeant la production locale, déversent leurs stocks à bas prix sur le marché européen, l'équation semble impossible. Et ce n'est pas l'application d'un critère carbone à l'achat des panneaux solaires qui aura suffi jusqu'ici à protéger ses acteurs des soubressaults du marché.