Énergie : face à l'ogre chinois, l'Europe veut relocaliser ses panneaux solaires
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Patrick Mac Cann
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C'est une situation paradoxale. Alors que l'Union européenne répète son souhait d'acquérir une forme de « souveraineté énergétique », quelques dizaines de millions de panneaux solaires chinois, dopés aux subventions et exportés à prix cassés, s'accumulent depuis des mois dans ses entrepôts. Au point que ce stock représenterait deux fois la taille du marché du Vieux continent en 2022, selon le cabinet norvégien Rystad Energy... tirant mécaniquement les prix des modules à des niveaux historiquement bas, bien en-deçà de leurs coûts de production.
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Surtout, cela s'inscrit dans une tendance longue : dès le début du 21ème siècle, l'industrie européenne de conception des panneaux solaires a été supplantée par la compétitivité imbattable de Pékin, grande championne du marché. Au cours des cinq dernières années, les dépenses en importations solaires du Vieux continent ont presque quadruplé, passant de 5,5 milliards d'euros en 2018 à plus de 20 milliards d'euros l'an dernier, dont plus de 90% en produits chinois. Le pays a d'ailleurs produit 96% des galettes de silicium de l'Europe, un élément-clé des installations.