Le chantier qui s'apprête à s'ouvrir sera titanesque : non seulement de par l'ampleur des travaux à réaliser, le budget alloué (150 millions d'euros à la charge de l'exploitant, la Compagnie du Mont-Blanc), mais aussi par ses contraintes techniques engendrées par un milieu de haute-altitude. Car reconstruire une gare de téléphérique ainsi que deux liaisons par câble allant jusqu'à 3.300 mètres d'altitude sur un milieu protégé comme le sommet de l'Aiguille des Grands Montets « n'est pas un chantier comme les autres », comme le rappelle volontiers Mathieu Dechavanne, le président de la Compagnie du Mont-Blanc qui exploite les domaines skiables et remontées mécaniques de la vallée de Chamonix.
Tout a commencé lors de l'incendie qui avait touché le 11 septembre 2018 le toit de la gare intermédiaire du téléphérique des Grands Montets, située à Lognan, un hameau de Chamonix, s'était ensuite généralisé à l'ensemble de l'infrastructure, rendant le téléphérique complètement inexploitable. Depuis, la gare d'arrivée située à 3.300 mètres, n'était plus desservie, l'accès au domaine ayant été maintenu par la télécabine du Plan Joran. Le sujet avait fait place à plusieurs mois d'études et d'échanges au sein de ce territoire classé du Mont-Blanc (Haute-Savoie).
« De nos jours, bien entendu il fallait se poser la question : fallait-il reconstruire ou laisser tomber ? Compte-tenu de l'histoire du site, de son potentiel ainsi que de ce côté un peu R&D où beaucoup de glisse a été inventée sur ce site associé à la majesté des paysages, la réponse s'est rapidement dessinée : il faut essayer de reconstruire oui, mais comment ?», rappelle Mathieu Dechavanne.
« C'était opportunité, à l'aune de la transition écologique, de rebâtir ce qui était jusqu'ici un site de ski un peu industriel, avec des gares qui avaient été construites sans attention particulière, en un site qui accompagne cette transition. Avec une ouverture beaucoup plus large, qui passerait de cinq à dix mois par an », ajoute-il.