Crise automobile : les industriels auralpins sonnent l'alerte
Stéphanie Gallo Triouleyre
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Après une dizaine de jours d'un mouvement social massivement suivi, la grève a été levée en fin de semaine dernière chez Valeo. Mais cela ne signe pas la fin des difficultés pour la filière automobile régionale.
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ENQUÊTE. Alors que la 90e édition du Salon de l’automobile vient de s’ouvrir, la filière espère retrouver un nouveau souffle. Mais il faudra faire vite, car toute la chaîne de l’industrie automobile souffre d’une difficile transition vers l’électrique et d’une concurrence internationale acharnée. Depuis plusieurs mois, les difficultés financières s’amoncellent chez les équipementiers en France comme en Auvergne-Rhône-Alpes, région concentrant le plus de salariés et d’entreprises du secteur, après l’Ile-de-France et le Grand-Est.
Selon la Fédération des Industries des équipements pour Véhicules (Fiev), 56.498 personnes travaillaient en France pour des équipementiers automobiles au 31 décembre dernier. Dont 6.374 en Auvergne Rhône-Alpes, répartis dans 47 entreprises.
Des chiffres qui placent la région au troisième rang national pour ce secteur, derrière l'Île-de-France (9.164 salariés pour 43 entreprises) et le Grand-Est (9.158 salariés pour 41 entreprises). Parmi les grands employeurs : Efi Automobile, Valeo, Bontaz, Dumarey, Jtekt, ARaymond, Bosch, etc.
Et ce n'est là que la partie émergée de l'iceberg automobile puisqu'en réalité, tous métiers et niveaux de sous-traitance confondus, la filière automobile pèse pour 65.000 emplois dans la région, selon une analyse stratégique de la filière réalisée par le cabinet KPMG, fin 2022.
Une filière automobile en difficulté
Cette omniprésence de l'automobile fragilise aujourd'hui le tissu local.
« La situation est délicate : il règne un fort climat d'incertitude, avec un "stop and go" qu'on ne retrouve pas dans les autres branches d'activité. Les grands équipementiers sont en première ligne, mais avec un ruissellement sur leurs réseaux de fournisseurs et de sous-traitants », observe Kathie Werquin, directrice régionale de la Banque de France.
« Auvergne Rhône-Alpes concentre un grand nombre d'acteurs de l'automobile, ce qui provoque un effet loupe. C'est le cas aussi dans la région Grand-Est », confirme Jean-Louis Pech, président de la Fiev.
Premier concerné : Valeo, qui, après l'annonce de la suppression de 1.000 postes à l'échelle mondiale en début d'année, avait affiché le mois dernier la volonté de s'alléger de trois de ses usines françaises. Dont celle de Saint-Quentin Fallavier en Isère (200 salariés), jugée trop peu rentable. Créée en 1989 autour d'une activité de fabrication de démarreurs, celle-ci avait été reconvertie sur les motorisations hybrides.