L’association citoyenne Forez Agir exige du Département de la Loire le retrait de ses subventions accordées à l’aéroport de Saint-Etienne. Elle estime que le Département outrepasse ses compétences en intervenant dans des activités économiques.(Article publié le 10 juin à 13h45 et mis à jour le 11 juin à 8h50)
Forez Agir, jeune association se présentant comme apolitique et actrice du débat public dans le centre du département de la Loire, a déposé il y a quelques jours un recours gracieux auprès du Département. Selon son président, Jérôme Peyer (ex vice-président de Loire Forez Agglomération entre 2014 et 2020 en charge de l'environnement), « la balle est désormais dans le camp du Département ».
Sans réponse dans les deux mois réglementaires, l'association promet de déposer un recours auprès du Tribunal administratif, dès le mois de septembre prochain, pour « excès de pouvoir ».
Ce recours, pour l'instant gracieux donc, exige du Département qu'il retire sa délibération du 28 mars 2025 prévoyant le versement d'une subvention de 527.420 euros au SMASEL, le Syndicat Mixte de l'Aéroport de Saint-Etienne Loire.
Un aéroport « inutile et trop coûteux »
Forez Agir milite depuis plusieurs années pour la fermeture de l'aéroport de Saint-Etienne, un équipement qu'elle estime « coûteux et inutile ».
« Encore cette année, l'aéroport va coûter 1,2 million d'euros d'argent public. En 2024, 6.000 passagers sont passés par cette infrastructure. Quel est l'intérêt alors qu'à 80 kilomètres se trouvent les aéroports de Saint-Exupéry et de Bron ? Il faut rationnaliser et réfléchir à cet équipement. Cet argent devrait être consacré à la mobilité du quotidien, c'est-à-dire notamment à l'A72 qui est congestionnée et à l'amélioration de l'offre TER », pointe Jérôme Peyer.
En 2016, l'aéroport accueillait encore 170.000 passagers par an grâce à la présence de compagnies low cost nourries aux aides publiques (2,5 millions d'euros de déficit annuel, renfloué par la Chambre de commerce et d'industrie de Saint-Etienne, alors seule propriétaire de l'infrastructure). Dès 2017, cette stratégie avait été remise à plat avec un stop total des aides au low cost, celles-ci avaient alors plié bagage.
Stéphanie Gallo Triouleyre