« Les JO 2030 doivent être synonymes de protection et d'amour de la montagne » (Grégory Doucet, maire de Lyon)
Emma Rodot et Anne Taffin
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« Tous ceux qui s'arriment à un modèle du passé nous font perdre du temps et ne permettent pas à ces grands événements de muter pour qu'ils puissent demain être encore organisables, que ce soit ici ou ailleurs », estime le maire EELV de Lyon.
INTERVIEW. Grands événements, salons, compétitions et tourisme d'affaires… Lyon accueille de nombreux événements chaque année, au point d’avoir développé une expertise reconnue à l’échelle européenne. Mais comment concilier le poids économique et culturel de l’événementiel avec l’objectif de neutralité carbone que la ville s’est fixée en 2030 ? Le maire de Lyon, Grégory Doucet (Europe Ecologie les Verts), pousse à la « transformation » de la ville, tout en se positionnant en faveur des Jeux olympiques d’hiver 2030 dans les Alpes, à rebours de son camp politique.
La Tribune - Lyon sort d'une année riche en événements... Après la Coupe du monde de rugby l'année dernière, puis l'accueil de onze matchs de football pour les Jeux Olympiques de Paris 2024 cet été, Lyon a reçu la compétition mondiale des métiers « Worldskills » mi-septembre. Quel est votre bilan de cet événement ?
Grégory Doucet, maire de Lyon - Très positif, d'abord sur le fond. Les Worldskills sont une occasion de contribuer à la mise en lumière de métiers qui peuvent avoir une image un peu dégradée, alors que ce sont des secteurs où nous avons besoin de recruter. D'ailleurs, la Ville ne fait pas qu'accueillir : nous profitons de l'événement pour valoriser les métiers moins connus, comme ceux de la collectivité.
Les hôteliers sont quant à eux ravis, car le taux de remplissage était très bon. Les premiers bilans font état de 140.000 à 150.000 visiteurs et 1.400 compétiteurs venus de 65 pays. Plus de 50.000 jeunes de la région se sont déplacés, et 11.000 de plus, si l'on ajoute les jeunes venus de toute la France. Nous avons relevé pas mal de défis pour pouvoir organiser cette compétition, aussi parce que beaucoup de ressources ont été aspirées par les Jeux olympiques et paralympiques.
La Tribune - Lyon a en effet accueilli du football pour les JO de Paris 2024. Pour autant, vous avez fait le choix de ne pas faire circuler la flamme olympique en ville, ni d'installer de fan zone : cela n'a-t-il pas été préjudiciable au rayonnement de la ville, compte-tenu des retombées attendues de ces Jeux ?
Grégory Doucet - Demande-t-on aux villes qui n'ont pas accueilli la flamme paralympique si c'était préjudiciable à leur rayonnement ? Pose-t-on la même question aux départements de droite qui ont fait le choix de ne pas accueillir la flamme comme le département du Rhône ? Pardonnez-moi, mais la question est orientée.
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ÀLyon, nous avons fait le choix d'accueillir la flamme paralympique et de faire « rayonner » notre ville à ce moment-là. Force est de constater, pour les 16.000 personnes lors du passage place Bellecour, que ce fut un franc succès populaire !