Chahuté par un contexte géopolitique et économique incertain, l’immobilier de bureau a connu une année 2023 difficile en France. Mis au pas par l’attentisme des investisseurs et des entreprises, le marché lyonnais de l’immobilier de bureaux a, lui aussi, été frappé, sans toutefois s’effondrer.Inflation, hausse des taux, tensions géopolitiques... L'incertitude et les changements économiques brutaux ont régné en maître sur 2023, poussant investisseurs et entreprises à la prudence. Résultat, le marché de l'immobilier de bureaux lyonnais a chuté de -24% en volume par rapport à 2022, avec un total de 248.400 m2 de bureaux placés contre 325.000 m2 un an plus tôt.
Rien d'alarmant pour Stéphane Jullien, directeur département bureaux JLL Lyon, qui tempère en rappelant que l'année 2022 a été exceptionnelle, creusant davantage l'écart. Ramenée à la moyenne décennale, cette baisse se réduit à -16%. On notera également que le nombre d'opérations réalisées (530) est resté dynamique.
La grande ombre au tableau provient des investissements, qui chutent de -47% en un an. Un phénomène qui témoigne d'un désintérêt momentané pour les moyennes et grandes surfaces.
Les surfaces supérieures à 1.000 m2 en berne
Suspendues aux orientations de la Banque centrale européenne (BCE), les entreprises se sont retrouvées prises entre « une volonté de se renouveler en termes immobilier, poussées par les dimensions RSE et ESG et un manque de visibilité qui s'est traduit par une minimisation des risques » , développe Stéphane Jullien.
Cela s'est traduit par une baisse de 36% des locations de bureaux de plus de 1.000m2. « C'est le segment qui a été le plus impacté, confirme l'expert, et ce, dès le début de l'année 2023. »
Le marché des surfaces de 10.000 m2 et plus, a connu, quant à lui, une véritable traversée du désert.« Fait rarissime », aucune opération de cette superficie n'a été réalisée en 2023.