Panne des services d’urgence : pourquoi les réseaux peuvent être fragiles
Marie Lyan
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Plus qu'une simple panne, ce dossier pourrait également mettre en lumière une "décision politique et historique de l'Etat", qui a choisi de conserver un système décentralisé pour la gestion de ses plateformes d'urgences, contrairement à d'autres pays...
ENJEUX. Alors que les services d’urgence viennent de faire face à une panne généralisée, la fiabilité des réseaux télécoms est au coeur des débats depuis ce matin. Comment fonctionnent habituellement ces plateformes, destinées à réorienter les appels des services de secours, et pourquoi Orange est précisément ciblé dans ce dossier ? Eléments de réponse avec Razvan Stanica, maître de conférences au département des télécommunications de l'INSA Lyon.
LA TRIBUNE - La France vient connaître une panne généralisée de l'ensemble des services d'urgence (15/17/18/112) à l'échelle nationale, qui a affecté au total près de 90 départements de manière aléatoire selon le Ministère de l'Intérieur, dont plusieurs situés au sein région Auvergne Rhône-Alpes. Lors de cet épisode, on a beaucoup parlé de la technologie de la Voix sur IP (VOIP). Pour quelle raison ?
RAZVAN STANICA - En réalité, le réseau téléphonique classique que nous utilisions encore majoritairement dans les années 80 et 90 était ce que l'on appelle une téléphonie de "circuit", basée sur un câble virtuel créé entre les deux téléphones et à l'intérieur duquel la voix circulait.
Mais depuis les années 2000, on a commencé à développer en parallèle des réseaux fonctionnant avec Internet, et notamment l'Internet protocole (IP), qui, au lieu de créer un câble virtuel, visait à faire passer des petits morceaux d'informations par paquets, chacun étant acheminés de manière différente sur différents canaux. Cette technologie a l'avantage de présenter une forme de redondance ainsi qu'un niveau de fiabilité supérieur au réseau circuit traditionnel.
Elle demande de faire appel à des équipements différents, mais qui fonctionnent sur le même principe : alors que nous avions auparavant des commutateurs et répartiteurs de circuits, nous avons aujourd'hui de nouvelles générations d'équipements réseaux comme des IP routeurs ou des switchs.
Pour autant, si une grande partie de la téléphonie fixe est passée sur cette technologie de voix sur IP avec l'essor des box internet, ce n'est pas le cas du réseau de téléphone mobile, moins de 20 % a effectué la transition, qui nécessite également d'avoir des terminaux compatibles 4G.
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Dans un premier temps, on a évoqué le rôle de cette technologie de Voix sur IP (VOIP) dans la panne que nous venons de connaître... Pour quelle raison ?
Pour l'heure, l'hypothèse principale dont nous avons eu connaissance est plutôt, au contraire, celle d'un dysfonctionnement sur le réseau circuit, c'est-à-dire l'ancienne formule, et non la VOIP.