Dans la commune de Brousse dans le Puy-de-Dôme, la cantine sert des produits locaux et bio à la centaine d’élèves du regroupement pédagogique. Sans surcoût pour la municipalité ou les familles. Une initiative qui intéresse d’autres collectivités alors que la loi Egalim impose depuis le 1er janvier 2022 un approvisionnement de 50% de produits durables et de qualité dans la restauration collective.La réflexion a débuté en 2016. Mais elles ont sauté le pas en 2020. Trois communes du Livradois, - Saint-Jean-des-Ollières, Sugères et Brousse -, ont fait le pari de reprendre la main sur les repas des écoliers en misant sur le local et le bio. C'est Brousse, village rural de 300 habitants situé à quelques kilomètres d'Issoire, qui abrite la cuisine centrale dans un bâtiment municipal. Un investissement de 50.000 euros a été consenti pour les travaux. La cantine prépare aujourd'hui une centaine de repas pour les enfants du regroupement pédagogique intercommunal.
« Nous faisons de l'ultra local. 63% de marchandises proviennent d'un rayon de moins de 20km et 67% des produits sont issus de l'agriculture biologique. Quand nous servons un boeuf bourguignon aux enfants, le boeuf vient d'une exploitation située à Saint-Jean-des-Ollières, soit à 8km de la cuisine, et les carottes ont poussé chez un maraîcher de Sugères » explique Sébastien Dugnas, le maire de Brousse qui, lui-même exploitant agricole, fournit les pommes de terre.
Au total, une quinzaine de fournisseurs, producteurs locaux, sont impliqués dans le projet et livrent toutes les semaines la cuisine en produits frais.
« Il y a beaucoup d'interlocuteurs donc cela demande un gros travail d'organisation mais nous sommes fiers de faire travailler l'économie locale. Cela a aussi un rôle pédagogique. On apprend aux enfants l'importance de manger des produits locaux » poursuit l'édile.
Grâce à une délégation de service, deux cuisinières sont chargées de passer les commandes et de préparer les repas. Avec une ambition supplémentaire, que tout soit fait maison. Ici, aucun plat industriel ou transformé n'arrive dans les cuisines. Ce qui nécessite plus de travail et un fonctionnement spécifique.
4,75 euros par repas
Côté budget, le coût de revient d'un repas n'a pas changé. La quantité n'a pas non plus baissé pour les enfants ni le tarif appliqué aux familles (entre 3,20 et 5 euros).