L'appel de Grigny (Essonne), en octobre 2017, « n'a pas pris une ride » table son maire, Philippe Rio (PCF). Ce sommet, alors inédit tant il réunissait presque toutes les tendances du spectre politique autour d'une même feuille de route pour les quartiers populaires, semble toujours d'actualité.
Ses « objectifs » et « solutions », alors portées par Jean-Louis Borloo l'année suivante, n'ont pas changé selon l'élu, les « urgences » qu'il dénonçait non plus. Les 19 propositions du plan ont en effet été selon lui « mises à la poubelle » par Emmanuel Macron en 2018. Malgré tout, avec du recul, Philippe Rio lui trouve plusieurs apports : « il faut le voir comme une séquence politique et une victoire médiatique ».
Six ans plus tard, à Lyon, l'association Ville & banlieue a profité de son congrès, célébrant ses quarante ans, pour alerter du risque de « sortie du droit commun » des quartiers prioritaires de la politique de la ville. Un « appel de Lyon », le tout, sous les yeux de Dominique Faure, ministre déléguée aux collectivités territoriales et à la ruralité, à une semaine du prochain Comité interministériel de la ville (CIV), prévu le 27 octobre après plusieurs reports que beaucoup d'élus ont jugé regrettables.
« Pourquoi c'est si grave qu'un CIV soit constamment reporté ? C'est qu'entre-temps, nous ne rédigeons pas le nouveau contrat de ville. Et il est important, parce qu'aujourd'hui nous observons les premières violences sociales sur la transition écologique, qui viennent précisément pénaliser les quartiers populaires là où il faut les embarquer. Nous avons une demande de participation des habitants, au moment même où l'universel perd du terrain partout. Nous avons un besoin et une demande d'égalité. »
Renaud Payre, vice-président de la métropole de Lyon, délégué à l'habitat