Après une année 2022 placée sous le signe de fortes sécheresses, la ligne directrice de l'Agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse a été, en 2023, celle de l'adaptation au changement climatique. Preuve en est : 60 % des aides accordées par l'Agence ont directement contribué à des politiques d'adaptation, dépassant de loin l'objectif initial de 40 % fixé dans son onzième programme d'intervention (2019-2024, 2,64 milliards d'euros).
Car ce grand bassin allant de Belfort à Nice et aux Pyrénées orientales, notamment caractérisé par la présence des fleuves Loire et Rhône, mais aussi de rivières comme la Saône ou encore l'Isère, devra affronter de grandes évolutions climatiques aux desseins différents entre ses parties nord et sud : à Lyon, les températures estivales pourraient en effet atteindre celles de Madrid à l'horizon 2050, selon les schémas directeurs de la métropole. Ce, alors que les débits d'étiage moyens du Rhône ont baissé depuis soixante ans et pourraient encore diminuer de 20 % au cours des trente prochaines années, selon l'Agence de l'eau.
De même, le pourtour méditerranéen est l'une des zones géographiques qui subit les plus fortes évolutions liées au changement climatique, comme l'a expliqué le climatologue et co-président du premier groupe de travail du GIEC, Robert Vautard, invité à Lyon par l'Agence de l'eau en octobre dernier.