Après un combat judiciaire débuté en 2020, la Cour de cassation a confirmé le 19 novembre l’interdiction des randonnées en motoneige sur le domaine skiable de Chamrousse. Cette décision, susceptible de faire jurisprudence, pourrait pousser les professionnels à revoir leurs pratiques.
Le couperet est tombé mi-novembre alors que les stations de ski préparaient l'ouverture des pistes et leur saison d'hiver. Après un premier jugement confirmé en appel, la Cour de Cassation a finalement tranché les conditions d'application de la loi de 1991 interdisant la circulation des véhicules terrestres à moteur pour des activités de loisir dans les espaces naturels en dehors des voies ouvertes à la circulation publique.
Si une dérogation est octroyée pour les restaurants d'altitude, imposant le passage par un seul itinéraire pour convoyer les clients, la décision de la cour de cassation est claire pour les loisirs : les randonnées en motoneige sont interdites sur le domaine skiable, même après leur fermeture.
Ce jugement fait suite au recours déposé par deux associations, Mountain Wilderness France et France Nature environnement Isère (FNE 38) alors que certains maires avaient octroyé aux professionnels des autorisations pour pouvoir circuler sur les pistes de ski.
Une décisions qui s'inscrit dans un contexte complexe pour les stations prises en étau entre l'adaptation de leurs activités au changement climatique et à l'après-ski, les enjeux de décarbonation et le maintien d'une activité portée par le tourisme.
De l'autre côté, la société GTR Mountain (8 salariés) voit ainsi les arguments de la Cour d'appel de Grenoble confirmés, tout comme la mise sous scellée de ses dix motoneiges saisies en 2022. « Son outil de travail », rappelle son propriétaire, Charles Tribalat, pointant l'importance de cette confiscation. Cette décision ne sonne néanmoins pas l'arrêt de son activité qui continue à être exercée sur le domaine privé de la société, bien que la neige y soit moins abondante qu'en altitude.
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Face à ce jugement, celui qui a repris l'activité en 2017, évoque une« législation rigoriste »alors qu'il possède« l'autorisation de la mairie d'évoluer sur le domaine skiable à partir de la fermeture des pistes ».