Le processus de mise en concurrence de la ligne Paris-Clermont est lancé et le ministre des Transports attendu dans les prochaines semaines dans la capitale auvergnate… Les usagers, eux, sont excédés.Alors que les incidents se multiplient sur les rails, le gouvernement a lancé le processus de mise en concurrence de la ligne Intercités Paris-Clermont. L'avis de pré-information a été publié début février au Journal officiel, première étape avant l'appel d'offres. Son ouverture est, en revanche, décalée d'un an.
En effet, les 28 rames Oxygène (12 pour Paris-Clermont), commandées en 2019 par l'État pour remplacer les Intercités Corail, ne seront livrées qu'en 2027, avec près d'un an et demi de retard, a indiqué le constructeur espagnol CAF. Un délai qui repousse le changement potentiel d'opérateur. La nouvelle exploitation ne débutera donc qu'en décembre 2029 (pour une durée de dix ans) et non plus fin 2028, comme initialement prévu.
Mais Stéphanie Picard, porte-parole des Usagers de la ligne Paris-Clermont, reste de toute façon dubitative.
« Vu l'état de la ligne et le manque chronique d'investissement depuis des décennies, je ne vois pas comment une entreprise autre que la SNCF pourrait se projeter, d'autant que nous n'avons aucune garantie qu'il n'y aura pas de nouveau retard sur les rames Oxygène. »
Cette Puydômoise réclame surtout des investissements « pour sécuriser les voies afin de limiter les intrusions de gibier et éviter les chutes d'arbres lors de tempêtes ».
Responsabilité de la SNCF
C'est ce qu'elle compte répéter à Philippe Tabarot, attendu en février à Clermont-Ferrand. Le ministre des Transports estime que cette mise en concurrence améliora l'offre de service, comme cela a été le cas pour les lignes d'équilibre du territoire Nantes-Bordeaux et Nantes-Lyon. Pour Gilles Dansart, directeur du site Mobilettre et spécialiste du ferroviaire, une majeure partie des dysfonctionnements est imputable à la SNCF.
« Les défauts d'organisation, notamment liés au manque d'effectifs, et les pannes sont à l'origine de la plupart des grands retards. C'est insensé de dire qu'un tel groupe n'a pas le matériel nécessaire pour tracter les trains et remplacer les locomotives actuelles. Il faut les prendre au fret », analyse l'expert.