Comment profiter de la baisse des taux d’intérêt ?
Marc Fiorentino

Photo d'illustration
LTD/IMAGO/Wolfilser via Reuters
Marc Fiorentino

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Face au climat d'incertitude actuel, économique, politique et géopolitique, il y a une certitude : la BCE va continuer à baisser ses taux. Elle l'a fait cette semaine pour la deuxième fois en trois mois et va continuer de le faire. Les niveaux actuels de taux d'intérêt, au plus haut depuis plus de dix ans, ne correspondent ni aux perspectives d'inflation ni aux perspectives décevantes de croissance de la zone euro. Il faut donc orienter vos placements pour profiter de cette tendance. Comment ? Les placements « taux d'intérêt » sont multiples et accessibles à tous. À partir de quelques dizaines d'euros. Il y a notre incontournable livret A. Avec une inflation à 2 %, c'est toujours une meilleure solution que de laisser dormir les centaines de milliards d'euros déposés sur des comptes bancaires sans rémunération.
Le livret A et ses cousins, livret de développement durable, livret d'épargne populaire et livret jeune, offrent l'avantage d'être défiscalisés, avec un capital disponible à tout moment. Seul inconvénient : les versements sont limités, à quelques dizaines de milliers d'euros. Ceux qui ont déjà atteint le plafond de leurs livrets peuvent alors s'orienter vers les livrets bancaires, certes fiscalisés, mais qui peuvent offrir des rendements attractifs, surtout si on se tourne vers les « super-livrets » qui proposent des taux avantageux sur quelques mois. Ex-stars des placements sécuritaires, les fonds euros, logés dans les enveloppes préférées des Français, l'assurance vie et les PER, n'avaient plus la cote du fait de performances en baisse. Mais depuis l'an dernier, ils sont revenus sur le devant de la scène et rapportent aujourd'hui plus de 2 % en moyenne. Chaque assureur propose son propre fonds, avec donc des taux plus ou moins attractifs.
Il faut être vigilant et faire le tri car certains fonds offrent des rendements « boostés » permettant de viser des performances de plus de 4 % sur un an, voire davantage. Comment obtenir des taux supérieurs ? Si vous acceptez de vous projeter à quelques années, optez pour les fonds « obligataires ». Une obligation est un prêt consenti à une entreprise ou un État en échange d'intérêts généralement fixes, et du remboursement de la dette à une date définie. Les obligations d'État sont les plus sûres, mais les obligations d'entreprise versent des intérêts plus élevés. Investir aujourd'hui sur des obligations permet de s'assurer un rendement fixe, sauf faillite de l'émetteur, même en cas de baisse des taux à l'avenir. Pour quelques centaines d'euros, on peut accéder à des fonds d'investissement proposant des portefeuilles de plusieurs dizaines d'obligations, voire des centaines dans le cas des trackers (ou ETF, pour « exchange-traded fund »).
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Le produit reste liquide et vous pouvez le vendre à tout moment. Si les taux baissent, vous pourrez même réaliser une plus-value car la valeur de vos obligations, à intérêt fixe et attractif, aura grimpé. Si vous avez des doutes sur le rythme de la baisse des taux, optez pour les fonds obligataires datés. Il s'agit de fonds qui investissent dans des obligations ayant des échéances proches et qu'ils vont conserver jusqu'à leur maturité. Ainsi, si vous conservez le fonds jusqu'à l'échéance, le seul risque est la faillite d'un émetteur, risque lissé par la diversification. Il existe enfin des fonds dits « de dette privée », qui investissent dans des entreprises non cotées. Ce placement sera plus risqué, moins liquide, mais peut offrir des rendements plus élevés, parfois jusqu'à 10 %. Vous voilà équipés pour une rentrée des classes placée sous le signe de la baisse des taux.
Marc Fiorentino