Immobilier : finalement l'année 2013 ne sera pas si mauvaise

Même si les perspectives sur le marché du neuf restent déprimées, l’année 2013 n’aura pas été aussi sinistrée que prévu pour l’immobilier en France.
Mathias Thépot
Le pessimisme du début d'année 2013 sur le marché de l'immobilier en France ne s'est quasiment pas vérifié dans les chiffres
Le pessimisme du début d'année 2013 sur le marché de l'immobilier en France ne s'est quasiment pas vérifié dans les chiffres (Crédits : Reuters)

Sur le marché immobilier, ceux qui ont joué les Cassandre au mois de janvier dernier se voient désormais contredits par les chiffres. C'est ce qu'explique en substance le courtier immobilier meilleurtaux.com dans une étude publiée mercredi.
Il rappelle qu'en janvier, les notaires prévoyaient le nombre famélique de 550.000 transactions dans l'ancien.

Finalement, le niveau des ventes devrait davantage se situer autour des 680.000 unités, selon les estimations d'Alexandre Mirlicourtois, directeur de la conjoncture et de la prévision chez Xerfi, certes en baisse de 3% par rapport à 2012.

 Le production de crédits immobiliers -hors renégociations- est stable

Le nombre de transactions en 2013 reste ainsi supérieur à 2008 et 2009, deux autres années marquées par la crise économique. Le marché de l'immobilier ancien a en fait été maintenu à flot par des taux d'intérêt de crédits immobiliers historiquement bas. Ce qui a permis aux ménages de continuer d'acheter malgré les prix élevés.

"Si l'on occulte le phénomène de renégociation de crédits (qu'intègre la Banque de France dans ses statistiques ndlr), on pourrait s'attendre à ce que la production de crédits soit stable en 2013 par rapport à 2012", explique ainsi Hervé Hatt, directeur général de meilleurtaux.

Seul le Duflot déçoit...comme prévu

En matière de prix, l'agence de notation S&P qui prédisait une baisse de 5% est également loin du compte. Les prix de l'immobilier se sont en effet stabilisés en Ile-de-France et ont légèrement baissé en province. Selon Xerfi, ils devraient au global baisser de 1,7% en 2013.

En fin de compte, selon meilleurtaux, les seules prévisions moroses du début d'année qui devraient se vérifier concernent le dispositif fiscal d'investissement locatif dans l'immobilier neuf dit "Duflot".
Alors que le gouvernement espérait au départ le lancement de 70.000 constructions de logements grâce à ce dispositif en 2013, il ne devrait pas y en avoir plus de 50.000. Ce que beaucoup de professionnels du secteur de l'immobilier avaient prédit.

Meilleurtaux a ainsi "constaté une baisse de 27 % des investissements locatifs sur un an" due à la baisse des investissements dans le neuf. "Nous constatons que les investisseurs se tournent de plus en plus vers un achat dans l'ancien, moins avantageux fiscalement mais moins contraignant et parfois moins cher. Aujourd'hui ils ne sont que 16 % à privilégier un achat dans le neuf, contre près de 40 % en 2011...", détaille Sandrine Allonier, directrice des études économiques chez meilleurtaux.

 325.000 constructions dans le neuf en 2013...

La relative déception du "Duflot 2013" a participé au pessimisme ambiant sur le marché du neuf. Le nombre de constructions de logements devrait en définitif attendre 325.000 unités cette année, selon Xerfi, qui s'aligne à peu près sur la prévision de la Fédération française du bâtiment (FFB) qu'elle a annoncée il y a quelques semaines.
A la mi-année, certains experts craignaient pourtant que le seuil des 300.000 logements construits ne soit franchi à la baisse, comme il l'a été à plusieurs reprises durant les années 1990.

 ... mais un besoin de 380.000 logements par an

Mais il ne faut pas pour autant se réjouir de ces 325.000 constructions annuelles. En effet, pour subvenir aux nouveaux besoins en logements de la population -tirés par la démographie et la réduction du nombre de personnes par ménages- 380.000 nouveaux logements par an sont nécessaires en moyenne, selon Alexandre Mirlicourtois.

A la fin 2013, le manque global de logements en France, qui s'élève à entre 800.000 et 1 million selon les experts, sera donc pourvu de 55.000 nouvelles unités.

Mathias Thépot

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Commentaires 18
à écrit le 30/11/2013 à 9:16
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Mince! Cela fait maintenant 10 ans que j'attends l'explosion de la "bulle" pour acheter! À ce rythme là je serais à la retraite et ... locataire!! Ils sont où les gourous de la bulle qui nous prédisent l'apocalypse à chaque nouvelle année?

à écrit le 28/11/2013 à 14:13
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Les offres de viagers occupés ou libres, ainsi que les ventes à terme vont exploser. C'est la meilleure solution pour améliorer les retraites !!!

à écrit le 28/11/2013 à 11:28
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On nous bassine avec la pénurie de logements, censée faire monter les prix ! le problème, c'est qu'il faut une demande SOLVABLE. Par ailleurs, les estimations des notaires étaient à 600 000, non à 550 000.

à écrit le 28/11/2013 à 11:21
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325 000 pour un objectif de 500 000 logements neufs : non mme Duflot et FH ne sont pas si mauvais que ça.

le 30/11/2013 à 10:14
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il est trop tôt pour conclure ses actions, il faut déjà se débarrasser des effets du mur sarkozy à long terme.

à écrit le 28/11/2013 à 11:18
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Dans les villes ,il n y aura pas de vraies baisses avant 10 ans ,c est à dire avec le départ des premiers boomers ,à partir de là , ce sera une vraie baisse pendant 20 ans ,comme déjà dans les petites villes où l offre est supérieure à la demande et ...

le 29/11/2013 à 16:54
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Le scenario de l apocalytique pour l emplois mort des promoteur ,notaire et AI...30 ans de carnage. Non trop de mangeur a table... donc chute brutal il y aura. Le monde ne s arretera pas detourne

à écrit le 28/11/2013 à 11:03
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les prix sont si élevés, que maintenant peu de personnes peuvent s'offrir le luxe d'un tel achat, surtout en centre ville, compte tenu des salaires bas et du peu de perspectives que nous propose notre élite.

le 30/11/2013 à 6:52
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Nos élites (au pluriel)

à écrit le 28/11/2013 à 10:58
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Méthode coué, sur 10 appartements dans ma co-propriété, 3 sont en vente dont un depuis 2 ans, il était à 170 000, il est à 110 000....et il part toujours pas, "ajustement en douceur" les médias, n'est ce pas ?

le 28/11/2013 à 11:12
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Bonne copro ? Bien située ? Dans une zone "favorisée" (économiquement parlant mais aussi au niveau des services publics, des transports...) ? Tirer des généralités de son cas personnel ne fait pas la tendance.

à écrit le 28/11/2013 à 9:44
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Méthode Coué des Lobbys de l'immo : On se rassure en se disant que tout va bien se passer. Mais la réalité est douce et amère. Dans mon immeuble du centre Lyon, l'appart de mes voisins proposé 250 000 euros en 2012, est aujourd'hui à 210 000 eu...

le 30/11/2013 à 6:57
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Je te crois tout-à-fait: les biens avec défauts et surévalués restent très très longtemps dans les annonces : nous sommes par conséquent loin d'une ruée où les gens achèteraient n'importe quoi à n'importe quel prix.

à écrit le 28/11/2013 à 9:38
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encore un artcile qui est là pour redonner un peu de confiance, alors que tt le m onde attend une crise du logement sur plusieurs années... ils st st forts ces journaleux à la gomme !!

le 28/11/2013 à 10:47
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C'est bien d'être patient mais... je suis à Paris depuis 1995 et depuis tout ce temps là j'ai des amis qui attendent la crise du logement pour acheter.

le 28/11/2013 à 11:14
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On doit avoir les mêmes. Depuis mon appartement est payé.

le 28/11/2013 à 11:30
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Félicitations pour avoir eu l'audace de naître quelques années plus tôt que les nouveaux entrants.

à écrit le 28/11/2013 à 9:30
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Cassandre ne pouvait exprimer ses funestes presages cela etait son tourmant. Zon pas l'air tres tourmantés les journaleux... Feraient bien de Cassandrer un peu pour que le moral ambiant remonte un peu.

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