Immobilier : l’Espagne continue de purger sa peine

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La baisse des prix de l'immobilier en Espagne devrait ralentir en 2014 et en 2015
La baisse des prix de l'immobilier en Espagne devrait ralentir en 2014 et en 2015 (Crédits : reuters.com)
Le marché immobilier espagnol reste englué dans la crise. Les chiffres de la construction ont été divisés par plus de 10 en seulement 5 ans, alors que les prix ont baissé de près de 30%... et ce n’est pas fini.

L'Espagne continue de purger la peine qui lui a été infligée par ceux qui ont permis l'envol insensé de la construction de logements durant les années 2000. L'éclatement brutal de la bulle immobilière au moment de la débacle financière de 2008 a plongé le pays dans une crise économique profonde et durable. Avec un taux de chômage de 26 %, la demande est durement affectée et le marché de la construction est au fond du gouffre : le nombre de mises en chantier sur 12 mois a été divisé par plus de 10 de début 2007 (750.000) à septembre 2012 (60.000).

De surcroît, le marché ne présente pas de signe de redressement. Dans le secteur privé "seuls 35.000 permis de construire ont été déposés entres octobre 2012 et septembre 2013", explique Jesus Castillo, économiste chez Natixis. En parallèle, le nombre de transactions de logements neufs croît lentement à 150.000 unités entre octobre 2012 et septembre 2013, contre 133.000 sur l'année 2012. Ce niveau reste toutefois plus de deux fois inférieur à celui de 2008 (330.000 unités).

L'heure est à l'écoulement des stocks

L'heure est en fait davantage à l'écoulement des stocks de logements construits et invendus, qui forment les fameuses "villes fantômes" situées principalement dans les Communautés de Valence, le sud de l'Andalousie et le centre du pays (Castilla-La Mancha). Selon l'agence de notation Standard & Poor's (S&P), le stock de logements invendus s'élevait ainsi à 635.000 unités fin 2012.

De toute évidence, la liquidation complète des stocks prendra des années. D'une part parce que les ménages n'ont plus la capacité financière d'acheter. D'autre part parce que les banques sont très frileuses pour octroyer des crédits comme le montrent les chiffres des encours de prêts immobiliers en baisse de 5% sur douze mois. Ces institutions financières espagnoles possèdent toujours une proportion de créances douteuses trop importante dans leur bilan, alors qu'en parallèle il leur est demandé davantage de provisions pour faire face aux risques de défaut.

30% de baisse des prix en 5 ans...

Avec l'écrémage des stocks, on assiste du reste à une chute vertigineuse des prix de l'immobilier en Espagne : entre le premier trimestre 2008 et le troisième trimestre 2013, ils ont baissé de 28,8% ! En 2013, les prix devraient chuter de 8%, selon l'agence de notation Standard & Poor's, après la dégringolade de 10,5% de 2012.

La chute des prix devrait cependant ralentir à l'avenir. Ils devraient diminuer, selon des prévisions similaires de S&P et du service de recherche de Natixis d'environ 5% en 2014 et d'environ 1% en 2015.

Les banques adoptent une position d'attente

Il faut dire que les banques qui ont récupéré les actifs immobiliers des promoteurs ayant fait faillite durant la crise adoptent désormais une position d'attente.
C'est le cas de la Sareb, la société de gestion d'actifs immobiliers des banques nationalisées, sorte de "bad bank" espagnole qui détient 30% des stocks. "Elle fait face à un dilemme. Elle doit vendre ses actifs rapidement sans les céder à des prix trop bas", explique Jesus Castillo. Et ainsi éviter d'introduire une distorsion de concurrence avec les banques privées qui ne peuvent plus se permettre de baisser les prix de leurs biens immobiliers, sous peine de subir des dépréciations importantes dans leurs comptes.

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Commentaires
a écrit le 23/01/2014 à 9:48 :
bien sur c est pas cher en espagne ,mais c est tellement moche ,il fait vraiment selectionner son bien et sa ville .....
a écrit le 16/12/2013 à 7:40 :
la France devrait suivre ! 40% trop cher ..... des agences qui se gavent.... qui demandent des revenus impensables et des gens qui dorment dans les rues ! la boucle est bouclée !
a écrit le 10/12/2013 à 18:00 :
L'Espagne purge son immobilier ? très bien ...mais en France !!!! Bureaux vides à la défense Paris (reportage France 2), des lotissements de Robien complétement vides ,
une bulle immobilière des prix à Paris et dans les grandes villes . !!!! L'Espagne s'est attaquée très vite à cette bulle . Les prix sont déjà stabilisés dans les grandes villes , Madrid , Barcelone , Bilbao ... les investisseurs étrangers , américains , asiatiques , du golfe achètent partout , des biens, des bureaux ... la croissance est en train de repartir en Espagne ....0,1 au 3° trimestre ...prévision 0,3 au 4° trimestre . . L'Espagne vient de très loin et elle se rapproche déjà de la croissance française et européenne , fait même mieux que l'Italie qui n'avait pas de bulle immobilière !!! Elle est devenue le 2° exportateur en Europe derrière l'Allemagne de produits industriels - 2° constructeur automobile d''Europe !!! bat des records d'entrée de touristes cette année ... Sans compter avec ses compagnies Zara , Mango Desigual qui envahissent le monde entier
L'Espagne avance , s'est réformée . David Cameron encourage ses concitoyens à se tourne vers la banque Santander au lieu de RBS ou autres qui ont spéculé ...L'Espagne est une tête de pont entre l'Europe et l'Afrique aisni qu ' avec l'Amérique du Sud et elle sait en profiter pour augmenter ses échanges . Sa balance des comptes courants est déjà en équilibre grâce aux exportations .... L'Espagne surprend le FMI et l'OCDE car elle a fait les réformes nécessaires ...les résultats arrivent ... A suivre
a écrit le 08/12/2013 à 19:30 :
Ces ville-fantômes sont-elles viabilisées et disposent-elles des réseaux domestiques propres à tous sites urbains ?
Dans l'hypothèse où un particulier désire s'installer en un tel lieu, sera-t-il assurer de pouvoir jouir de toutes les commodités inhérentes à ses besoins vitaux ?
Etre le seul propriétaire au milieu de centaines d'appartements vides, je pense que cela doit tout de même créer un certain traumatisme.
a écrit le 05/12/2013 à 11:44 :
"les banques privées qui ne peuvent plus se permettre de baisser les prix de leurs biens immobiliers, sous peine de subir des dépréciations importantes dans leurs comptes."
Après s'être tant gavés, les actionnaires des banques refusent de solder les comptes et acter leurs pertes. On isole les actifs pourris dans des structures de défaisance, on retient sa respiration pour ne pas devoir réajuster les prix, mais tout cela est bien vain...
Le secteur de la finance a engrangé de tels profits, que plus personne ni les citoyens, ni les états ne peuvent maintenir le système. Dans leur obstination désespérée, il préfèrent saborder le navire, et stopper l'économie, plutôt que de rendre gorge !
a écrit le 04/12/2013 à 19:52 :
Ce pays est déjà tellement vilainement bétonné
a écrit le 04/12/2013 à 17:32 :
C'est bien le gouvernement de ce pays qui communique actuellement sur la fin de la crise et le rebond économique...dur à dire, mais fait quand même bon vivre en France.
Courage à nos cousins espagnols, la route sera longue.
a écrit le 04/12/2013 à 15:16 :
L'article mentionne "la peine qui lui a été infligée par ceux qui ont permis l'envol insensé de la construction de logements", mais reste bien vague quant aux auteurs ! A-t-on déjà oublié qui ne réjouissait de la belle croissance immobilière espagnole ?
a écrit le 04/12/2013 à 14:03 :
Les prix vont baisser pendant 30 ans car après va venir le vieillissement et la baisse de la population ,déjà il va y avoir une baisse de 2 millions d h dans les 10 prochaines années à cause de l émigration puis il y aura une baisse naturelle , bref un désastre.
a écrit le 04/12/2013 à 11:55 :
-30%, mais si les prix ont fait + 200% avant (x3), on est toujour à des prix bien trop élevés !
a écrit le 04/12/2013 à 10:10 :
A part ca, on nous dit que l'Espagne est sorti de la crise. LOL.
a écrit le 04/12/2013 à 8:56 :
"A la décharge des institutions financières espagnoles, elles possèdent toujours une proportion de créances douteuses trop importante dans leur bilan," L'auteur pourrait-il nous expliquer en quoi cela vient "à la décharge" des banques ? Que cela soit une explication, mais "à la décharge" ? Les banques espagnoles ont endetté le premier imb... venu, au dessus de sa capacité de remboursement, parfois à taux variable, et sans aucune considération ni côté emprunteur ni côté prêteur, pour l’aléa de la perte d'emploi. Aléa d'autant plus fort que toute la croissance espagnole était assise sur l'immobilier, lequel n'assurait la croissance que parce que des ménages achetaient, ménages achetant uniquement parce qu'ils avaient un emploi...dans l'immobilier, et rebouclez la boucle. L'Espagne n'a pas eu de vraie croissance mais une croissance assurée par une bulle immobilière déconnectée de l'économie réelle. Les banques et les emprunteurs sont responsables de la situation espagnole. Rien ne peut venir à leur décharge, les mots ayant un sens.
Réponse de le 04/12/2013 à 18:28 :
a ce jour,vendu la maison a prix fort et en location dans le sud.
soleil,mer ben,comme tous les vieux.
ici ils sont fou,un garage amenagé,c est une offre exceptionnelle.et les gens en redemande.
ce coté des choses me donne la nausee,mais bon,je regarde du coté de la mer....

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