Les fonds étrangers à l'assaut de l'immobilier espagnol

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Après avoir fui l'explosion de la bulle immobilière en 2008 qui a précipité la crise, les fonds étrangers sont de nouveau attirés par l'immobilier espagnol, que ce soit par des édifices prestigieux, des magasins, des bureaux ou des appartements.
Les investissements dans l'immobilier en Espagne sont revenus aux niveaux d'avant-crise. En 2013, ils ont doublé pour atteindre quatre milliards d'euros, grâce aux investisseurs étrangers, selon un rapport de la société immobilière CBRE.
L'État espagnol n'y est pas étranger. Il a publié cette année une liste des 15.000 biens publics (27% de son patrimoine immobilier) qu'il compte vendre avant 2015 pour desserrer l'étreinte budgétaire. Grâce à ces cessions, Madrid espère ainsi engranger entre deux et trois milliards d'euros. Certaines collectivités locales (régions Catalogne, Madrid et Valence) lui ont même emboité le pas. Résultat, des fonds provenant principalement des États-Unis, du Royaume-Uni, de France, ainsi que de riches investisseurs privés d'Amérique latine, se frottent les mains.
Du côté du secteur résidentiel, "il y a un grande nombre d'étrangers -- Français, Belges, Hollandais, Anglais, Allemands et dernièrement des Russes -- qui souhaitent posséder une maison ici pour leur retraite ou pour avoir une résidence secondaire", explique Mikel Marco-Gardoqui, directeur chargé des investissements étrangers de CBRE.
Les classes moyennes marocaines acquièrent elles des maisons à Malaga et "les Français achètent comme des fous sur la Costa Brava", renchérit Fernando Encinar, l'un des fondateurs d'Idealista, un site internet d'annonces immobilières en Espagne. Autre profil type, la "veuve russe" qui s'installe avec ses enfants pendant que le mari continue de travailler en Russie, ajoute-t-il.
Selon les chiffres du gouvernement, le nombre de maisons vendues en Espagne entre octobre 2012 et septembre 2013 a ainsi augmenté de 1,4%. Ce redressement est brandi par ceux qui veulent voir une reprise en Espagne, sortie timidement de deux ans de récession au troisième trimestre.
Mais les professionnels du secteur restent prudents, car la situation financière des banques du pays reste très préoccupante, et les stocks de logements invendus sont toujours très élevés (635.000 unités fin 2012).
Malgré tout, les prix sur la période juillet-septembre se sont temporairement stabilisés.
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Globalement en 2013, les prix devraient tout de même chuter de 8%, selon l'agence de notation Standard & Poor's, après la dégringolade de 10,5% de 2012.
"Vu l'état de l'Espagne, les investissements étrangers sont notre seul salut. Car il semble très difficile que nous puissions nous en sortir par nous-même", estime Jose Luis Ruiz.
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