
Placements européens : que peuvent espérer les épargnants français ?
Des projets pour orienter l'épargne des ménages vers les entreprises européennes se multiplient, sans se concrétiser pour l'instant. Mais que valent vraiment ces placements ?
Alors que le chômage atteint près de 11% en France, il est difficile de s'imaginer que le coût prohibitif des logements dans certaines zones contraint certains Français à refuser des offres d'emploi. Pourtant ce type de situation existe. Une enquête du centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Credoc) réalisée pour le Medef en 2012 explique que les problèmes de logement des salariés affectent 40% des grandes entreprises. En plus de compliquer le recrutement, les difficultés des salariés à se loger près de leur travail à cause des prix exorbitants des logements les poussent à s'éloigner, nuisent à leur productivité, dégradent le climat social dans l'entreprise et compliquent les négociations salariales, indique l'étude de Credoc.
Ce phénomène touche tout particulièrement les jeunes :
Il est donc indispensable dans ce contexte de "se poser la question de la mobilité professionnelle, de la mobilité résidentielle et du coût du logement", qui équivaut à "poser indirectement la question de la compétitivité et de l'attractivité des territoires. Si le coût du logement devient prohibitif dans certains bassins d'emploi, il est à craindre que ces régions deviendront de moins en moins attractives pour les populations. A terme, le dynamisme de certaines régions peut être sérieusement compromis", note le Credoc.
Pour faire bouger les lignes, les politiques d'urbanisme doivent se montrer plus ambitieuses, être davantage élaborées en concertation, afin de lier au mieux les bassins d'emplois, les bassins d'habitations, tout en intégrant de la mixité sociale ; des conditions sine qua non à la pérennité sociale et économique d'un bassin de vie.
Par le passé, l'absence de cohérence dans ces politiques d'urbanisme a notamment permis à l'investissement immobilier de se développer dans des zones inappropriées, regrette Patrick Doutreligne, délégué général de fondation Abbé Pierre. "Dans les années 2000, l'investissement immobilier, tiré par des dispositifs fiscaux, a fortement contraint l'aménagement du territoire car l'investissement était plus rentable hors des villes", explique-t-il. Résultat, les bassins d'habitations se sont éloignés progressivement des bassins d'emplois. Un non sens absolu.
Aujourd'hui, le nombre insuffisant de données statistiques sur l'état actuel de la situation ne permet pas d'avoir une vision précise et d'engager de grands chantiers. Conscient de cela, Action Logement, le gestionnaire du 1% Logement -la participation des employeurs à l'effort de construction-, a décidé de lancer une série d'études statistiques dans 17 grands bassins d'emplois.
Elles seront communiquées en mars prochain et permettront d'"avoir une vue plus concrète des besoins en logements des entreprises et des salariés induits par l'activité économique", explique Eric Thuillez, directeur général unique de l'Union des Entreprises et des salariés pour le logement (UESL)-Action Logement. Pour in fine "favoriser l'accès à l'emploi des salariés", ajoute Eric Thuillez. Ces données, si elles sont jugées pertinentes, pourront être utilisées à une échelle supérieure : "Action Logement mettra à disposition ces données pour éclairer les Plans Locaux de l'Habitat et l'ensemble des acteurs locaux de l'habitat sur le lien logement-emploi", note Eric Thuillez.
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Grâce aux contributions des entreprises et aux financements publics, Action logement aide directement 70.000 locataires à trouver un logement, et 50.000 accédants sociaux à la propriété. Mais ce niveau d'activité fait figure de "point bas" selon Eric Thuillez, car "la situation de l'emploi aujourd'hui, et notamment de la précarité, ne fait que renforcer le besoin des salariés d'être aidés pour trouver leur logement".
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