La cherté du logement pénalise de plus en plus la mobilité professionnelle

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Les problèmes de logement des salariés affectent 40% des grandes entreprises, selon une étude de Credoc.
Les problèmes de logement des salariés affectent 40% des grandes entreprises, selon une étude de Credoc. (Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Dans un contexte où les problèmes de logement des salariés affectent les entreprises, Action Logement sort une série d'études statistiques pour avoir une vue plus concrète des besoins en logements induits par l'activité économique.

Alors que le chômage atteint près de 11% en France, il est difficile de s'imaginer que le coût prohibitif des logements dans certaines zones contraint certains Français à refuser des offres d'emploi. Pourtant ce type de situation existe. Une enquête du centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Credoc) réalisée pour le Medef en 2012 explique que les problèmes de logement des salariés affectent 40% des grandes entreprises. En plus de compliquer le recrutement, les difficultés des salariés à se loger près de leur travail à cause des prix exorbitants des logements les poussent à s'éloigner, nuisent à leur productivité, dégradent le climat social dans l'entreprise et compliquent les négociations salariales, indique l'étude de Credoc.

Les jeunes, victimes collatérales

Ce phénomène touche tout particulièrement les jeunes :

"Dans les premières phases de leur insertion professionnelle, ils trouvent le plus souvent un logement dans le parc locatif du secteur libre, dont le taux de rotation élevé les confronte plus directement à la hausse des loyers : le poids du logement dans le budget des plus jeunes représente une charge croissante, voire insurmontable pour certains qui peuvent être conduits à renoncer à certains emplois", explique le Credoc dans une autre enquête datant de 2011.

Il est donc indispensable dans ce contexte de "se poser la question de la mobilité professionnelle, de la mobilité résidentielle et du coût du logement", qui équivaut à "poser indirectement la question de la compétitivité et de l'attractivité des territoires. Si le coût du logement devient prohibitif dans certains bassins d'emploi, il est à craindre que ces régions deviendront de moins en moins attractives pour les populations. A terme, le dynamisme de certaines régions peut être sérieusement compromis", note le Credoc.

Absence de cohérence dans certaines politiques d'urbanisme

Pour faire bouger les lignes, les politiques d'urbanisme doivent se montrer plus ambitieuses, être davantage élaborées en concertation, afin de lier au mieux les bassins d'emplois, les bassins d'habitations, tout en intégrant de la mixité sociale ; des conditions sine qua non à la pérennité sociale et économique d'un bassin de vie.
Par le passé, l'absence de cohérence dans ces politiques d'urbanisme a notamment permis à l'investissement immobilier de se développer dans des zones inappropriées, regrette Patrick Doutreligne, délégué général de fondation Abbé Pierre. "Dans les années 2000, l'investissement immobilier, tiré par des dispositifs fiscaux, a fortement contraint l'aménagement du territoire car l'investissement était plus rentable hors des villes", explique-t-il. Résultat, les bassins d'habitations se sont éloignés progressivement des bassins d'emplois. Un non sens absolu.

Avoir une vue plus concrète sur les besoins en logements induits par l'économie

Aujourd'hui, le nombre insuffisant de données statistiques sur l'état actuel de la situation ne permet pas d'avoir une vision précise et d'engager de grands chantiers. Conscient de cela, Action Logement, le gestionnaire du 1% Logement -la participation des employeurs à l'effort de construction-, a décidé de lancer une série d'études statistiques dans 17 grands bassins d'emplois.
Elles seront communiquées en mars prochain et permettront d'"avoir une vue plus concrète des besoins en logements des entreprises et des salariés induits par l'activité économique", explique Eric Thuillez, directeur général unique de l'Union des Entreprises et des salariés pour le logement (UESL)-Action Logement. Pour in fine "favoriser l'accès à l'emploi des salariés", ajoute Eric Thuillez. Ces données, si elles sont jugées pertinentes, pourront être utilisées à une échelle supérieure : "Action Logement mettra à disposition ces données pour éclairer les Plans Locaux de l'Habitat et l'ensemble des acteurs locaux de l'habitat sur le lien logement-emploi", note Eric Thuillez.

La situation de l'emploi ne fait que renforcer le besoin d 'aides des salariés

Grâce aux contributions des entreprises et aux financements publics, Action logement aide directement 70.000 locataires à trouver un logement, et 50.000 accédants sociaux à la propriété. Mais ce niveau d'activité fait figure de "point bas" selon Eric Thuillez, car "la situation de l'emploi aujourd'hui, et notamment de la précarité, ne fait que renforcer le besoin des salariés d'être aidés pour trouver leur logement".

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a écrit le 21/01/2014 à 8:25 :
Exactement comme ceux qui n'hesitent pas a empoisonner les autres aux particules pour payer leur carburant moins cher, ça fait 25 ans que je roule a l'essence, question de choix. C'est pas parce que l'on incite les gens a se tranformer en rentiers et en payant moins d'impots qu'il faut s'engouffrer dans la breche...je veux bien acceder a la proprieté pour etre independant d'un loyer, mais sans le faire aux dépends des autres, qui vont devoir trimer + pour payer +...juste pour se loger, qui est devenu un luxe, avec le consentement de la populace completement dénouée de sens critique.
a écrit le 21/01/2014 à 8:24 :
Exactement comme ceux qui n'hesitent pas a empoisonner les autres aux particules pour payer leur carburant moins cher, ça fait 25 ans que je roule a l'essence, question de choix. C'est pas parce que l'on incite les gens a se tranformer en rentiers et en payant moins d'impots qu'il faut s'engouffrer dans la breche...je veux bien acceder a la proprieté pour etre independant d'un loyer, mais sans le faire aux dépends des autres, qui vont devoir trimer + pour payer +...juste pour se loger, qui est devenu un luxe, avec le consentement de la populace completement dénouée de sens critique.
a écrit le 20/01/2014 à 21:13 :
Ca c'est certain entre y perdre en vendant mon logement sans pouvoir en racheter un équivalent sur mon nouveau lieux de travail sans refaire de crédit;et finir de payer mon crédit en changeant de travail, le choix est vite fait... Sans compter que j'ai eu droit au prêt a tôt zéro juste avant ça réforme du coup si je dois partir pour mon travail je dois le rembourser en une fois ce que je ne peux bien évidement pas faire sans revendre ma maison. Du coup soit je suis obliger de la revendre à perte soit je la garde paye un an de crédit et demande l'APL... Finalement quitter son travail est plus bénéfique grâce a nos belles lois super bien pensé.
a écrit le 14/01/2014 à 13:57 :
Les prix de immobilier en France stérilise l'économie. Tout l'argent que nous devons mettre pour se loger ne va pas aux autres secteurs. Donner l'impression aux gens qu'ils sont riches car leur patrimoine augmente n'est valable qu'à court terme, d'autant plus que la pompe s'est déjà totalement tarie. Hériter, est ce la le seul avenir des Français ? Il faut d'urgence libérer le foncier dans les zones tendues même si cela aura un impact négatif sur les possédants.
Réponse de le 15/01/2014 à 7:36 :
Bienvenue dans les résultats de la tragédie sarkozyste où on a bombardée un marché tendu de subventions ( scellier, ptz , crédit beaucoup trop facile sans apport, déductibilité des intérêts d'emprunts, etc, ). Un enfant de 10 ans aurait imaginé la suite logique d'une telle hérésie.
Réponse de le 15/01/2014 à 7:55 :
Je travaillais à l'époque dans le financement immobilier, en 2007 je me disais mais ou est ce que l on va... Droit dans le mur...
Réponse de le 21/01/2014 à 12:34 :
De quelle stérilité parlez-vous ? Le BTP c'est 150 milliards de chiffres d'affaires et 1,5 millions de salariés et indépendants! Marre de ces aigris qui ne comprennent que ce qui les arrange...
Réponse de le 26/01/2014 à 1:23 :
Vous allez nous dire que sur 100 000 euros de PV encaissé sur le dos d'un jeune pigeon, ces 100 000 euros partent dans le BTP? "De quelle stérilité parlez-vous ?" : Quelle proportion de ces 100 000 euros part au Maroc, dans des croisières, etc? Combien de jeunes pourraient monter des entreprises si on ne leur spoliait pas le tiers de leurs salaires par le logement? Combien auraient-il de concurrent pour louer à plus de 700 euros si leurs impôts ne servaient pas à donner des APL intégrés dans le calcul de solvabilité?
"Marre de ces aigris qui ne comprennent que ce qui les arrange... " : Marre des personnes qui profite d'un marché subventionné à outrance en sachant pourquoi elles ont votés ces subventions! Les mêmes qui pleurnichent la disparition des entreprises quand leurs PV indues dans l'immobilier sont moins taxées que les bénéfices d'une entreprise!
a écrit le 14/01/2014 à 10:28 :
Toutes les aides ne servent qu'à soutenir les prix exorbitants des logements et à retarder l'indispensable ajustement de ce secteur. On vient de me proposer un appartement ancien dans une petite ville en crise, à l'étage et sans ascenseur, grevé de charges et taxes, à 1,1 million de francs ! Qui va acheter ça à ce prix ? Le loyer économisé partirait en taxe foncière, charges et intérêts d'emprunt.
a écrit le 14/01/2014 à 10:26 :
Indexer les indemnités et autres revenus de nos ministres et parlementaires sur le bien être, le taux d'emploi, de croissance du PIB etc et vous verrez qu'il n'y aura plus de problème dans 6 mois !
Si salaires de ministre = qualité de travail de ministre sinon il y a arnaque.
Réponse de le 14/01/2014 à 21:13 :
Démago !
a écrit le 14/01/2014 à 10:20 :
Pourquoi ne pas permettre aux salariés forcés pour cause de mobilité professionnelle de mettre leur résidence principale en location , de défiscaliser, de façon à leur permettre de prendre une location proche de leur nouveau lieu de travail ?
Réponse de le 14/01/2014 à 13:57 :
Ne pas tout simplement arrêter de chercher à se faire du beurre sur un bien de première nécessité ? Et pourquoi ne pas supprimer tous les intermédiaires payés au pourcentage du prix de vente ? Comment les prix peuvent-ils s'ajuster si tous les parasites ponctionnent leur pourcentage ?
Réponse de le 14/01/2014 à 17:11 :
@Etiennec « leur résidence principale en location » ... Il faudrait peut-être en avoir déjà une de résidence principale. Je prends l'exemple d'un de mes neveux qui a trouvé un job sur Paris. J'ai du me porter caution pour son 25 m² dans le xvii au prix prohibitif de 735 €/mois. Si j'avais le proprio rentier en face de moi, je lui couperais volontiers ses parties à cet escroc.
Réponse de le 14/01/2014 à 19:51 :
@Delphine actuellement 735 euros pour 25 m2 dans Paris ce n'est pas cher. Je vous l'accorde dans l'absolu ça l'est!
Réponse de le 14/01/2014 à 20:48 :
Et moi si j'étais le proprio je vous virerais. Il y a 500 étudiants candidats pour un seul appart. Ce n'est pas votre bien, vous voulez décider du bien des autres à leur place ? Faites vous soigner vite.
Réponse de le 14/01/2014 à 21:18 :
Les jeunes veulent tout tout de suite ! En se logeant en Picardie, dans l'Oise ou l'Aisne, il paierait moins cher et il n'en aurait que pour 3 heures et quelques de transport par jour. Sinon, que n'a-t-il loué une chambre de bonne s'il veut absolument du 17ème ? On en trouve de très belles de 9m² autour de 500 euros par mois.
Réponse de le 15/01/2014 à 1:42 :
"Les jeunes veulent tout tout de suite ! " : A vomir quand les jeunes préparent des apports de 50 000 euros jusqu'à 35 ans... Baissons vite les retraites de ces parasites, ils veulent tout depuis toujours : La solidarité pour les cotisations et le droit de nous spolier via le logement!!!
Réponse de le 15/01/2014 à 1:47 :
"Ce n'est pas votre bien, vous voulez décider du bien des autres à leur place ? " : Nous payons une partie des APL qui permettent ces prix délirants. Un marché libre et subventionné est ni plus ni moins qu'une escroquerie, mais vous savez très bien pourquoi des générations entière ont voter pour le permettre! Combien parmi ces 500 étudiants candidats pourraient payer plus de 700 euros de loyer sans les APL? Combien de jeunes actifs auraient pu payer les prix délirants à l'achat sans les PTZ? Soyez sûr d'une chose : Ceci prendra fin tôt ou tard. Soit quand vous aurez plombé l'économie pour de bon (nombreux connaîtront alors les retraites qu'ils ont concédés à leurs parents), soit quand la jeunesse (ceux qui ne sont pas aidés par des retraités avec l'argent des enfants des autres) ouvrira les yeux.
Réponse de le 15/01/2014 à 7:38 :
C'est le plus gros scandale de tous les temps et je pense que l'on ne verra personne inquiété pour ça.

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