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Retraites : Fillon et Woerth dénoncent le projet PS

latribune.fr

Publié le 19 mai 2010 à 11:37

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Le Premier ministre et le ministre du Travail ont dénoncé ce mercredi le contre-projet de réforme des retraites du parti socialiste retraites qui prévoit à la fois une hausse de la CSG sur les revenus du capital, une contribution des entreprises assise sur la valeur ajoutée et une taxe de 15% sur les bénéfices des banques.

Le Premier ministre François Fillon a accusé ce mercredi le Parti socialiste de "démagogie" et de "déni de réalité" sur la réforme des retraites, réduisant ses propositions en la matière à "une série d'expédients". Les socialistes ont dévoilé mardi soir leurs idées pour le sauvetage financier du régime des retraites, qui reposerait en grande partie sur la mise à contribution des revenus du capital.

"Comme vous continuez de refuser d'accepter le principe de l'allongement de la durée de travail, proportionnel à l'allongement de la durée de la vie, (...) vous êtes réduits à proposer toute une série d'expédients pour tenter de proposer un sauvetage de notre système des retraites", a déclaré le Premier ministre lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale.

Des "propositions fondées sur le sable"

François Fillon a dénoncé notamment "une avalanche d'impôts nouveaux sur les classes moyennes" avec la taxation de l'intéressement et de la participation.
Il a rappelé que l'intéressement concernait "un tiers des salariés français" et la participation "44%"."Il vous faut aussi inventer des recettes virtuelles: deux milliards d'euros prélevés sur les stock options et sur les bonus sur une assiette de 2,7 milliards d'euros. (...) Cette recette-là, vous l'aurez une fois une année et pas deux", a-t-il lancé.
"Après la semaine dernière, où vous nous avez proposé un chèque de 200 euros pour 16 millions de ménages, de revenir à la politique des emplois subventionnés, vous continuez dans la voie du déni de réalité et dans la voie de la démagogie", a affirmé le chef du gouvernement. "Je suis convaincu que les Français ne vous suivront pas dans cette impasse", a-ti-l lancé sous les protestations des élus de l'opposition.

Le ministre du Travail, Eric Woerth , a dénigré par la suite des "propositions fondées sur le sable". "Vous voulez infliger à la France un choc fiscal sans précédent", a-t-il déclaré. "C'est une ponction majeure sur le pouvoir d'achat des Français". "La société du 'care' que vous appelez de vos voeux, celle de Martine Aubry et du Parti socialiste, en réalité, c'est la société de l'impôt", a-t-il dit.

Le porte-parole du PS, Benoît Hamon , a rétorqué que François Fillon avait "menti" à l'Assemblée et était dans l'imposture". Selon lui, François Fillon a inventé des mesures qui ne sont pas dans le projet PS comme une menace sur l'assurance-vie, le placement préféré des Français en volume d'épargne.

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Le parti socialiste avait présenté  mardi soir, à l'occasion d'une réunion de son bureau national, son projet de réforme des retraites. Il prend le contre-pied de celui envisagé par le gouvernement. Pas de remise en cause de l'âge légal de départ à 60 ans ? le PS « le combattra de toutes ses forces » a déclaré  Martine Aubry-, ni d'allongement contraint de la durée de cotisation. Mais des incitations sensées être suffisantes.

Pas touche aux 60 ans, selon le PS

Le PS le donc dit clairement, il ne faut pas, à ses yeux, revoir l'âge légal fixé à 60 ans depuis le le gouvernement Mauroy. Une telle réforme dévavantagerait trop les salariés ayant cotisé très jeunes. «72% des hommes de 60 ont acquis 41 ans de cotisation» a souligné Martine Aubry. Comment, alors, financer les déficits à venir, dont le parti socialiste ne conteste pas l'ampleur? Le plan du PS permettrait, selon Martine Aubry, de dégager 50 milliardrs d'euros.

Le PS insiste plus que jamais, comme il l'avait fait lors du précédent bureau national consacré aux retraites, le 26 janvier, sur la nécessité de «trouver de nouvelles resssources». Martine Aubry a détaillé mardi le projet socialiste à cet égard, égrénant la série de nouveaux prélèvements proposés. La CSG sur les revenus du capital serait augmentée, apportant 7 milliards d'euros, et les grandes entreprises paieraient une contribution majorée sur leur valeur ajoutée (sur la base de la contribution actuelle, remplaçant la taxe professionnelle, qui serait donc accrue), pour un montant également de 7 milliards.

19 milliards d'euros

Avec la taxation des stock-options et de l'intéressement, ces quatre pistes représenteraient au total 19 milliards d'euros de ressource nouvelles dans l'immédiat (25 milliards à l'horizon 2025). En outre, une surtaxe d'IS de 15% frappant les établissements financiers serait attribuée au le fonds de réserve. Et les cotisations retraite seraient progressivement augmentées, d'un point sur 10 ans, à la fois pour les salariés et les employeurs.

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Mais, pour boucher le trou du système de retraite, le PS n'exclut pas, à l'instar du gouvernement, les économies que procurerait l'allongement de la durée de cotisation. La différence, c'est que celle-ci ne serait pas obligatoire. Les salariés partiraient plus tard en retraite grâce à un système de surcote, jugé suffisamment incitatif. Ce système suffirait à porter de 40,5 à 41,5 années la durée de cotisation.

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