Retraites complémentaires : pourrez vous partir à 65 ou à 67 ans ?

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La Tribune Infographie
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Lors des négociations sur les retraites complémentaires ce mercredi, les partenaires sociaux étudieront les conséquences financières d'un âge de départ fixé à 65 ans ou à 67 ans.

Fin novembre, ils avaient paré au plus pressé en garantissant le paiement des retraites complémentaires jusqu'à l'été 2011. Début janvier, ils se sont autorisés un round d'observation. Mais ce mercredi, pour la quatrième séance de négociations sur les régimes de retraites complémentaires, les partenaires sociaux devaient enfin entrer dans le vif du sujet. Et commencer à esquisser les solutions permettant de redresser les comptes des deux caisses ? Agirc pour les cadres et Arrco pour l'ensemble des salariés à moyen terme.

Mais au préalable, ils devront trancher une question soulevée par la réforme du régime général de retraites. Faut-il aligner totalement les règles de l'Agirc et de l'Arrco sur celles de la retraite de base ? Et prévoir un départ progressif à 62 ans lorsque l'assuré a toutes ses annuités et à 67 ans pour bénéficier d'une retraite à taux plein sans décote ?

Étude d'impact

Aujourd'hui, le système en vigueur dans les retraites complémentaires est complexe. L'âge de liquidation officiel est fixé à 65 ans. Mais pour éviter un « trou » entre 60 et 65 ans, un système dit AGFF, alimenté par une cotisation spécifique, intervient dès que l'assuré liquide sa pension du régime général. Pour tenter d'évaluer l'impact futur de différentes hypothèses, les partenaires sociaux étudient trois scénarios dont « La Tribune » a pu prendre connaissance.

Le premier prévoit un alignement sur les règles du régime général, avec une prise en charge par l'AGFF entre 62 et 67 ans, puis par l'Agirc et l'Arrco. En 2016, première année de mise en oeuvre de la réforme pour la borne d'âge supérieure, le déficit technique des retraites complémentaires s'éléverait encore à 649 millions d'euros (1,9 milliard d'euros en 2010). Mais dès l'année suivante, les comptes repasseraient dans le vert. En 2018, l'excédent atteindrait plus d'un milliard d'euros.

Scénario extrême

Deuxième scénario extrême, la liquidation pour tous les salariés de leur retraite complémentaire à 65 ans. Ce schéma est le plus coûteux avec un déficit de 769 millions d'euros en 2016, une légère amélioration en 2018, et un nouveau plongeon dès l'année suivante pour s'établir à - 661 millions d'euros en 2020.

Enfin, les partenaires sociaux planchent sur un troisième scénario intégrant des variantes de comportement. L'hypothèse retenue prévoit que ne partiront à 65 ans que les personnes sans emploi alors que les titulaires d'un job continueront jusqu'à 67 ans. Sur cette base, le déficit serait de 726 millions d'euros en 2016, puis le solde s'améliorerait sur les trois années suivantes, avant d'être à nouveau dans le négatif en 2020 (- 250 millions d'euros).

Ces données en main, syndicats et patronat tenteront de trouver un compromis. Les premiers sont, à quelques nuances près, favorables à un maintien du départ à 65 ans, ne serait-ce que pour laisser le choix aux assurés. Le patronat milite plutôt pour un alignement sur le régime général, source d'économies.

Vers la fin des dispositifs spécifiques pour les cadres ?

L'idée figure discrètement au milieu des propositions de la CFDT sur les retraites complémentaires, mais elle pourrait bien créer des remous chez les défenseurs du statut « cadre ». La CFDT suggère, en effet, de poser la question de « l'évolution de la garantie minimale de points » ou GMP. Derrière ce sigle, se cache un mécanisme qui bénéficie à 36 % des cadres. Tous les salariés ayant le statut cadre ont droit à une retraite complémentaire Agirc, sur la base de l'acquisition d'un minimum de 120 points chaque année. Seul problème, pour les salaires inférieurs à 1,11 fois le plafond de la sécurité sociale, soit 38.300 euros bruts annuels, les cotisations ne permettent pas d'atteindre ce seuil de 120 points. La GMP permet donc à ces cadres d'accumuler des points comme s'ils étaient payés 38.300 euros en contrepartie d'une cotisation forfaitaire. Estimant cette mesure catégorielle injuste, la CFDT propose de la remettre à plat pour l'étendre à toutes les catégories de salariés. La CGC appréciera...

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Commentaires
a écrit le 25/02/2011 à 9:36 :
Dans cet article, je lis :"L'hypothèse retenue prévoit que ne partiront à 65 ans que les personnes sans emploi alors que les titulaires d'un job continueront jusqu'à 67 ans." Ainsi on pénaliserait ceux qui travaillent par rapport à ceux qui n'ont pas d'emploi, absurde !
a écrit le 04/02/2011 à 13:00 :




Depuis déjà quelques semaines je cherche à comprendre ce que seront les retraites du secteur privé après la réforme récente: PAS DE REPONSE
Je crois savoir que le salarié moyen touchera, comme moi, une retraite de la CNAV plus une de l'AGIRC et une de l'ARRCO.
Pour la CNAV, j'ai compris que le maximum serait d'environ 1450? par mois, pour un salarié ayant cotisé 25 ans au plafond. C'est à dire que cette somme est réservée à ceux qui pendant 25 ans auront gagné au moins 2900? par mois: Bien peu seront dans ce cas!!
A cette somme doit s'ajouter la retraite AGIRC et ARRCO.
C'est là que j'ai du mal à comprendre
L'AGIRC et l'ARRCO vont maintenant verser une retraite aux fonctionnaires, et aux bénéficiaires de régimes spéciaux qui n'y ont, soit jamais cotisé, ou cotisé depuis bien peu d'années. Les caisses de l'EDF, de la SNCF, ou de la RATP sont bien jeunes?Je pose la question suivante:
Qui va payer l'équivalent de ces cotisations non perçues?
Je voudrais savoir comment a-t-on fait pour exiger de l'état de justes soultes ou imposer d'autres conditions bien difficiles à calculer pour pouvoir remplir à la fois les obligations envers les salariés du privé et ces obligations nouvelles
Il me semble que le prix du point de retraite baissera au fil des années.
Donc, les retraites dans le privé vont baisser, ou alors il faudra augmenter les cotisations ou retarder l'age de départ
Actuellement pour baisser son déficit, l'état demande aux caisses privées de participer à la charge de ses retraités . Bientôt il demandera une participation aux avantages supplémentaires qu'il finance à ses retraités!!!
Si j'ai bien compris ces nouveaux bénéficiaires ne perdront rien si l 'arrco ou l'agirc baisse leurs versements: L'état compensera (minimun garanti de 75% du salaire) Mais qu'adviendra-t-il du secteur privé qui n'a pas de minimum garanti?
Je vous remercie de bien vouloir m'éclairer
Meilleures salutations
a écrit le 30/01/2011 à 9:53 :
pendant que des salaries des entreprises publiques profitent pendant toutes leurs carrières de privilèges pharaoniques payes par nos impôts et une retraite pleine a 50 ou 55 ans
Réponse de le 30/01/2011 à 17:22 :
badauds la TINUSIE
a écrit le 29/01/2011 à 11:07 :
Il coinvient de toutes façons d'assurer l'équilibre du régime. Il est certain que l'on ne peut vivre en permanence à crédit. Ceci dit la retraite effective était actuellement à 60 ans avec un système de financement particulier. Reprendre le même système avec 2 ou 3 ans de plus serait judicieux. Mais il est sûr qu'il faut faire les calculs.
a écrit le 29/01/2011 à 9:31 :
Comme on pouvait le deviner, avec le recul de l'âge de la retraite, les cotisations du régime général de répartition ne servira plus qu'a financer les retraites des gens qui ont sauvegardés leurs avantages, à savoir tous les régimes particuliers, cheminots, ect....
Il aurait été plus honnête de laisser les salariés qui le désiraient, financer leur retraite eux-même, la réforme que le gouvernement vient de bâcler les dépossèdent pratiquement de tout ce que ces personnes ont pu cotiser jusqu'à présent.
Quand on connait l'espérance de vie d'un ouvrier du bâtiment ou de l'industrie, on est à la limite de l'arnaque.
a écrit le 28/01/2011 à 23:08 :
la retraite à 67 ans est en fonction de l état d aptitude physique de chaque candidat concerné s 'il a toujours du jus pourquoi il interrompe l activité au moins il reste dans le monde professionnel pour un temps partiel c est un point de vue

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