Comment préparer l'économie française au «choc du numérique» : une mission va s'y employer

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" Les acteurs privés et publics n'ont toujours pas pris la mesure de ces bouleversements" du numérique selon les ministres.
" Les acteurs privés et publics n'ont toujours pas pris la mesure de ces bouleversements" du numérique selon les ministres. (Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Le gouvernement confie à Philippe Lemoine, le président de LaSer (Cofinoga), une mission sur « la transformation numérique » en cours ou à venir de tous les secteurs, du privé et du public, afin de préparer notre économie aux mutations des modèles économiques.

Préparer notre économie au « choc de la numérisation » : telle est la mission confiée à Philippe Lemoine, le président de LaSer (Cofinoga), par les ministres Pierre Moscovi, Arnaud Montebourg et Fleur Pellerin. Désintermédiation, dématérialisation, économie du partage, etc. : les mutations provoquées par la révolution de l'Internet sont multiples et souvent brutales. « Les industries culturelles ont subi ce choc de plein fouet, l'hôtellerie et le commerce sont en train de le vivre, la Poste aussi : il faut que toute l'économie s'y prépare et que les filières se nourrissent des expériences passées et des exemples étrangers », décrypte un haut fonctionnaire à Bercy. Les ministres de l'Économie, du Redressement productif et de l'Économie numérique considèrent que « les acteurs privés et publics n'ont toujours pas pris la mesure de ces bouleversements », qui affectent « tant les modes de conception et de production que les modes de distribution des biens et des services. » Le président fondateur du Forum d'Action Modernités et président de la Fondation Internet Nouvelle Génération (FING) aura pour mission d'apporter des éclairages sur l'évolution des modèles économiques et des organisations, ainsi que de « fédérer les acteurs institutionnels, économiques et sociaux, par filière et par secteur, autour des enjeux de la transformation numérique. »

 Automobile, assurance et santé particulièrement concernés

Philippe Lemoine travaillera avec le Conseil Général de l'Economie (ex CGIET), la DGCIS, la direction du Trésor, et s'entourera d'un groupe d'experts : selon nos informations, on y trouvera de fins connaisseurs du sujet tels que Henri Verdier, le directeur d'Etalab, la mission gouvernementale sur l'ouverture des données publiques, et Nicolas Colin, co-auteur d'un rapport sur la fiscalité de l'économie numérique et organisateur de séminaires sur la disruption numérique dans différents secteurs baptisés « Les Barbares attaquent. » Des « barbares » souvent américains, mais une personnalité de chez Google pourrait rejoindre le groupe d'experts.

« Il y a des menaces mais aussi beaucoup d'opportunités. Il ne faut pas regarder ces bouleversements comme une invasion barbare ni comme des admirateurs béats et naïfs » a observé Fleur Pellerin, jeudi lors des vœux à la presse à Bercy.

Dans son rapport de mission qui sera rendu public en juillet prochain, Philippe Lemoine devra formuler des recommandations, en matière d'investissements, de formation, d'innovation ou de réglementation, et devra dresser une « cartographie de la maturité » et de la maîtrise des enjeux dans chaque secteur : le danger de ce choc de numérisation est-il proche, est-il grand ? Le gouvernement définira huit à dix secteurs prioritaires, dans lesquels devraient figurer la santé, l'assurance et les transports au sens large, en particulier l'automobile. Du covoiturage à la voiture électrique en passant par les applications de réservation de chauffeurs privés concurrençant les taxis, le secteur est en effet concerné à de nombreux titres.

Un enjeu transversal et un rôle cathartique

La mission s'inscrit dans le prolongement de la « Nouvelle France Industrielle » et des 34 plans de « reconquête industrielle » d'Arnaud Montebourg, l'objectif étant de mobiliser les filières sur cet enjeu transversal de la transformation numérique et de jouer un rôle « cathartique » sur les peurs engendrées par les bouleversements de l'Internet. Les ministres « entendent se donner les moyens d'accélérer la transformation de l'économie afin de placer la France à la pointe des économies développées en termes d'innovation, par son appropriation et son utilisation des modèles économiques générés par le numérique. » En clair, faire en sorte que ce choc ne soit pas seulement subi mais anticipé, accompagné et pourquoi pas salutaire.

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Commentaires
a écrit le 20/01/2014 à 9:10 :
Enfin ! Il est temps de donner un coup d'accélerateur à la dématérialisation, les fonctionnaires ont pris beaucoup de retard dans la modernisation de leurs outils. L'administration est trop lente. C'est elle qui bloque le retour à la croissance.
a écrit le 16/01/2014 à 20:02 :
Il faut arrêter toutes ses missions, réunions, concertations, qui ne servent strictement à rien, l'exemple est simple, une coupure d'électricité et plus rien ne fonctionnera, nous serons alors à la merci de crackers, de hackers, etc., Nous le vivons à l'heure d'internet ou rien n'est sécurité (exemple la NSA qui nous a espionné). Alors comment peut on encore croire à un progrès qui est lui même dépassé par la Désintermédiation, la dématérialisation,l' économie du partage. La solution ne peut venir et ne viendra que du travail manuel, certes épaulé par la robotique, l'informatique, la robotique mais pas plus.
a écrit le 16/01/2014 à 16:43 :
En 1974, il y a eu le rapport Nora-Minc sur l'informatisation de la société française. Depuis il y en a eu à chaque changement de gouvernement. Pendant 40 ans !!! Il faut croire que les politiciens comprennent trèèèèèèèèès lentement. Mais ça entretien des commissions bourrées d'amis et ça remplit leurs gamelles. C'est pathétique.
a écrit le 16/01/2014 à 16:09 :
La technologie détruit de plus en plus d'heures de travail. C'est une bonne chose. Bientôt, le besoin de réduire le temps de travail deviendra évidente.
a écrit le 16/01/2014 à 15:41 :
Bonne Année 2014 aux futurs rédacteurs du rapport (Philippe Lemoine),les vingt précédents rapports commençaient à dater.On évoquera le logiciel Louvois pour mettre en exergue l'informatisation de l’État comme étant une réussite de nos SSII françaises.On se tient les cotes de rires,ce n'est qu'un logiciel de paie.
a écrit le 16/01/2014 à 14:23 :
Boaf... Encore un "machin"...
LEs fran4ais sont probablement le peuple au monde qui aura le moins de difficultés à s'adapter à la donne numérique... Pour cela, on peut dire merci au Minitel, le vrai précurseur!
En fait, ce sont nos dirigeants qui ont du retard à l'allumage! Trop engoncés dans leur microcosme...
a écrit le 16/01/2014 à 13:41 :
encore des amis à caser . nous avons deja 1244 agences d'etat,700 comités theodule 611000 elus etc etc 35 ministres
Réponse de le 16/01/2014 à 16:13 :
c'est du populisme,ces gens la sont utiles,mais vous n'avez pas assez de hauteur de vue pour cerner les tenants et les aboutissants!
Réponse de le 17/01/2014 à 8:17 :
Quelle hauteur est nécessaire à comprndre que ces comités de fonctionnaires et d'amis socialistes sont d'une nullité affligeante ? Il suffit de bon sens, et d'avoir déjà travaillé dans la société civile sa vie !
a écrit le 16/01/2014 à 12:39 :
la meilleure façon de s'adapter serait de limiter le nombre de ministres inutiles , de comités ou de missions à la noix et de laisser faire les citoyens et le marché.
il y a longtemps que nous avons intégré le numérique dans nos façons de vivre et de travailler , les seuls problèmes viendront des décisions de l'état.
a écrit le 16/01/2014 à 12:28 :
Faut bien payer des gens à ne rien faire tout de même ! La France n'a plus rien à envier l'URSS à la veille de son effondrement. Champagne pour tous !
Réponse de le 16/01/2014 à 12:40 :
je verrai bien Hollande dans le rôle de Elstine , parce que pour jouer Gorbatchev il n'a pas la carrure
a écrit le 16/01/2014 à 11:51 :
Le choc numérique est déjà passé, depuis longtemps !!!Nos fonctionnaires français sont impayables !!!
a écrit le 16/01/2014 à 11:45 :
Toute ressemblance aux années Mitterrand ne serait que fortuite. Hier il fallait préparer la France au commerce international, demain au numérique et nous vivrons tous d'amour et d'eau fraîche...
a écrit le 16/01/2014 à 11:45 :
Le choc a déjà eu lieu et personne ne l'a vu. C'est bien la réactivité de nos gouvernants qui font une annonce le matin et qui dans l'aprés midi la change (méthode de l'ancien Président-Dictateur du Venezuela Hugo Chavez).
Autre choc : la réforme des régions. On en parle depuis des années dans les couloirs des ministères et l'annonce semble innovante, à tel point que Ayrault a "dégainé" le premier en disant "ne touchez pas à la mienne" (Pays de Loire fusionné avec la Bretagne). La réforme va créer encore une "entropie" dont nous ne sommes pas prets de sortir puisqu'avec F Holland dés qu'un "gauchiste" n'est pas d'accord il fait parche arrière.
A suivre
a écrit le 16/01/2014 à 11:32 :
En effet. En faisant appel à gogole, nous sommes "sauvés"... Incroyable.
Réponse de le 16/01/2014 à 11:39 :
Oui, d'ailleurs, au Ministère de la Santé il vont faire appel à Marlboro !

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