Hu Jintao : la corruption pourrait conduire à "l'effondrement du parti et de l'Etat"

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Le PC chinois renouvelle sa direction. Dans son discours d'ouverture du XVIIIe congrès du parti, le président sortant Hu Jintao a fait le bilan de ses dix ans au pouvoir et passé le flambeau à son successeur Xi Jinping avec ce message : la Chine doit lutter contre la corruption. Le point en 8 citations.

Discours d'adieu pour le président chinois. Ouvrant ce jeudi le XVIIIe congrès du PCC qui doit se poursuivre jusqu'à mercredi, le chef d'Etat sortant, Hu Jintao, s'est exprimé pendant une heure et demie devant un parterre plusieurs milliers de représentants du parti. Ces derniers sont réunis dans le Palais du peuple sur la place Tienanmen, bouclée par un important dispositif policier. Il laisse à son successeur Xi Jinping, actuel vice-président, ainsi qu'à Li Keqiang, vice-Premier ministre qui doit remplacer le Premier ministre Wen Jiabao, un appareil politique secoué par le scandal Bo Xilai. Ainsi qu'une croissance certes, toujours très forte, mais qui accuse un ralentissement notamment en raison de la crise européenne. Voici les grandes lignes du bilan qu'il a dressé dans cette allocution. 

? La corruption : "Si nous échouons à traiter cette question correctement, elle pourra s'avérer fatale"

Pour Hu Jintao, la corruption pourrait même provoquer "l'effondrement du parti et de l'Etat". Entre les lignes, il fait allusion au scandale lié à la chute de Bo Xilai. Cet ancien cacique du parti, déchu du bureau politique après qu'une affaire de corrupion dans la ville de Chongqing dont il dirigeait le PC a été révélé et entâché par le meurtre d'un ressortissant britannique pour lequel son épouse Gu Kailai a été reconnue coupable. Plus largement, les Chinois eux-mêmes sont de plus en plus nombreux à se dire affectés par la corruption.

>> La corruption, le fléau de la Chine... selon les Chinois

? L'économie:  vers "un nouveau modèle de croissance"

Après une décennie de croissance à 10% de hausse du PIB par an, l'économie chinoise accuse un - relatif - ralentissement puisque le produit intérieur brut du pays affiche 7,5% de hausse.  Il s'agit du plus bas niveau depuis la crise financière asiatique de 1997-1998. En dépit de ces difficultés, le Produit intérieur brut chinois (PIB) devra doubler d'ici 2020 par rapport à 2010, espère Hu Jintao. Il s'agit pour cela de développer le marché intérieur afin de moins dépendre des exportations. Les inégalités économiques du pays ont par ailleurs donné lieu à des mouvements sociaux violamment réprimés mais relayés notamment par des opposants sur internet malgré la censure.

? Le régime : "attacher plus d'importance à l'amélioration du système démocratique"

Le président chinois sortant a toutefois bien mis les choses au clair: "Nous ne devons pas prendre l'ancien chemin qui est fermé et rigide, pas plus que nous devons prendre la route diabolique du changement de drapeaux et de bannières", a-t-il lancé. Il souhaite une "réforme de la structure politique" du pays en tant que "part importante des réformes globales de la Chine", mais pas de redirection brutale. Au contraire, il s'agirait à cet égard d'avancer "activement et prudemment". Hu Jintao n'appelle donc pas à un changement de régime, ni à la fin de la règle du parti unique.

>> Pour aller plus loin : La "China Inc." se prépare à un changement de direction générale

Un contrôle de l'Etat par le parti communiste qui s'illustre avec une évocation de l'armée que le président sortant veut voir modernisée avec plus d'informatisation et le développement de la "cyberdéfense".  "Il importera de maintenir avec détermination le contrôle absolu du Parti sur l'armée [et] de faire en sorte que celle-ci s'inspire toujours du système théorique du socialisme à la chinoise", a-t-il ainsi lancé.

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a écrit le 08/11/2012 à 20:45 :
"la corruption pourrait conduire à l'effondrement de l'Etat"...pense-t-il à la France en disant cela ???
Réponse de le 08/11/2012 à 21:58 :
Non à la Russie!
a écrit le 08/11/2012 à 17:18 :
Il fait une tête d'enterrement au milieu des fleurs le dirigeant chinois ! On dirait qu'il prononce son éloge funèbre ! En réalité l'austère se marre pendant qu'il raconte ses histoires à dormir debout! C'est le supplice chinois par excellence : le premier qui riz est exclu du Parti pour corruption des sygomatiques !
a écrit le 08/11/2012 à 17:15 :
Quand un politicien vous parle de moralité, d'éthique ou de corruption, il faut se poser des questions sur lui. Ce sont en général les pires qui vous en parle. Les autres sont plus pragmatiques, prétendent moins à l'honneteté, mais travaillent finalement mieux.
a écrit le 08/11/2012 à 15:17 :
On se croirait aux Floralies de Vincennes sur la photo...
Réponse de le 08/11/2012 à 21:56 :
Bien vu!
a écrit le 08/11/2012 à 12:03 :
Certains l'appelle corruption, d'autres lobbying. L'un illégal, l'autre légal.
a écrit le 08/11/2012 à 11:55 :
Il est vraisemblable que les nouveaux dirigeants vont continuer dans le droit fil de l?équipe sortante. L?objectif reste d?augmenter le niveau général de bien être et de richesse des populations chinoises . Et tant que le « rêve chinois » (faire fortune) reste possible, la dynamique politique actuelle sera acceptée.
En effet, la rue chinoise se sent peu concernée par la politique car elle n?y participe guère. L?absence de démocratie, c'est-à-dire de participation du peuple à la direction du pays est encore secondaire par rapport à la course à l?enrichissement, mais des attentes profondes et fortes sont très proches de la surface. Déjà un début d?élections au niveau local (mairies) constitue un début d?apprentissage de la démocratie, car il ne faut pas oublier que ce pays n?a aucune histoire ou mémoire de ce qu?est une démocratie et devra obligatoirement passer à travers une phase d?apprentissage qui pourrait prendre une génération.
C?est donc précisément en raison de ce long processus qu?il va être nécessaire aux nouveaux dirigeants d?entamer rapidement cette nouvelle longue marche sans quoi c?est une révolution qui pourrait prendre le relais de la nécessaire évolution.
Réponse de le 08/11/2012 à 20:05 :
Sixsous. Ce sera une très mauvaise nouvelle pour la stratégie occidentale une démocratie en Chine qui, de plus serait prospère et stable. Le China bashing a besoin d'une Chine "communiste, dictature sanglante, qui exploite sa population..." Pas plus qu'une démission du président Ahmadinejad pour cause de défaite électorale (comme c'est réellement le cas) ne sert la communication occidentale. Un article du Figaro non-partisan, qui relatait dernièrement de la situation politique suite aux élections a suscité l'étonnement des lecteurs du type " Ah bon? parce qu'il y a débat et même élections en Iran ? Ce serait donc une démocratie alors ?, On nous aurait menti ?"...

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