Partenariat transatlantique : quand les Etats-Unis proposent 20.000 dollars aux "pro-TTIP"

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Un tweet de l'ambassade des Etats-Unis à Berlin proposait de rémunérer un projet de débat "positif" sur le TTIP. Une démarche assimilée à une forme de propagande pour les internautes et détracteurs de l'accord de libre-échange. /Reuters
Un tweet de l'ambassade des Etats-Unis à Berlin proposait de rémunérer un projet de débat "positif" sur le TTIP. Une démarche assimilée à une forme de propagande pour les internautes et détracteurs de l'accord de libre-échange. /Reuters (Crédits : reuters.com)
L'ambassade des Etats-Unis à Berlin propose aux défenseurs d'un partenariat transatlantique qui souhaiteraient mettre en place un débat "positif" sur le sujet, de soutenir leur projet financièrement.

Voilà de quoi irriter un peu plus les détracteurs du projet de partenariat transatlantique pour le commerce et l'investissement (TTIP), à l'heure où l'opacité des négociations est plus que jamais montrée du doigt. Outre-Rhin, il a suffit d'un tweet pour mettre le feu aux poudres.

Il faut dire que celui-ci (en allemand) est plutôt surprenant:

De la propagande ?

L'ambassade américaine propose en effet aux partisans d'un vaste accord de libre-échange américano-européen qui seraient insatisfaits de la couverture médiatique négative dont il fait l'objet d'envoyer leurs idées et projets afin d'organiser un débat "positif" sur le sujet. "Nous vous soutiendrons !", assure l'ambassade américaine de Berlin qui promet une aide financière pouvant aller jusqu'à...20.000 dollars.

Il faut pour cela remplir un formulaire en ligne et de le retourner par voie postale, ou par mail à l'ambassade berlinoise.

De quoi faire sortir de leurs gonds les "anti-TTIP". Viralité des réseaux sociaux oblige, les internautes n'ont pas tardé à déplorer une telle démarche de la part des Américains, que certains associent à une certaine forme de propagande.

"Relever le niveau du débat"

Pour se défendre, l'ambassade américaine a expliqué que sa démarche visait à "relever le niveau" des discussions sur le sujet. Déplorant les sempiternelles et réductrices craintes de l'importation de poulet au chlore et de bœuf aux hormones, cité par Euractiv, le diplomate américain Peter Claussen explique :

"Nous cherchions des moyens pour encourager les gens à confronter différents points de vue en leur ouvrant un espace et en leur posant la question suivante: le monde entier est-il contre le projet ou existe-t-il certaines personnes qui ont un point de vue différent sur la question ? Nous voulions ouvrir le dialogue, ce qui est la raison d'être des médias". 

"Ecouter la voix des opposants"

Mais cette démarche, aussi "citoyenne" soit-elle, n'a pas à être celle d'une administration publique, selon Corporate Europe Observatory (CEO). Cité par le même site, Pia Eberhardt, porte-parole du CEO, un groupe militant contre le lobby des multinationales, explique ainsi:

"Ce serait une initiative acceptable si elle venait de l'industrie. Le gouvernement américain a toutefois le devoir de négocier au nom de tous ses citoyens et non juste pour la grande industrie. Si de larges pans de la population se révèlent contre l'accord, l'attitude appropriée serait de reconsidérer [le projet] et d'écouter les voix de ses opposants".

Pour l'heure, le sixième cycles des négociations doit commencer le 14 juillet à Bruxelles, dans l'opacité la plus complète.

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Commentaires
a écrit le 25/09/2014 à 16:27 :
Si seulement on avait un De Gaulle pour dire aux Américains tout le bien qu'on pense d'eux et de leurs magouilles.
a écrit le 20/06/2014 à 14:24 :
Je suis contre ce TTIP, mais pour 20 000 euros je suis prêt à en faire la pub. Merci de m'indiquer où il faut que je m'adresse....
Quel exemple de démocratie que tout ceci
a écrit le 20/06/2014 à 11:44 :
Acheter des gens pour influencer une politique commercial agressive est très proche de comportements mafieux, typique du logiciel fanatique États uniens qui n'hésite pas même à provoquer des génocides pour protéger leur propres intérêts.
a écrit le 20/06/2014 à 8:20 :
L’article relate la position américaine dans les termes suivants : « ….Le diplomate américain Peter Claussen, déplorant les sempiternelles et réductrices craintes de l'importation de poulet au chlore et de bœuf aux hormones, cité par Euractiv, explique… »

Problème : ces craintes sont justifiées. Voici pourquoi.

Hier, le journal DH.be reproduisait sur internet une dépêche AFP dans laquelle on lisait :
"Nous devons trouver un langage commun" sur la question des normes sanitaires, a plaidé M. Vilsack.(Ministre américain de l’agriculture)
Pour le ministre, il ne peut s'agir de "mécanismes qui empêchent l'accès [à certains produits] mais qui encouragent le choix".
"Au final, le marché décidera, mais on ne doit pas enlever le choix aux consommateurs", a-t-il affirmé.

Or, pour que le consommateur ait le choix, il doit trouver les produits chez les commerçants. Cela signifie qu’on les accepte sur le territoire. Pour y parvenir, cela signifie que l’on accepte la reconnaissance mutuelle des normes. Cela signifie en bon français : les européens doivent accepter la reconnaissance mutuelle des normes (c'est-à-dire que ce qui est autorisé aux Etas Unis doit obligatoirement être autorisé en Europe, et Vice versa). Ils doivent donc accepter sur leur territoire le bœuf aux hormones, tous les OGM autorisés aux USA, les poulets chlorés ainsi que la viande issue d’animaux clonés, de façon à ce que le consommateur puisse choisir.

C’est bel et bien l’idée de la Commission Européenne.

Dans sa « Foire aux Questions » mise en ligne sur son site, la Commission écrit : « …nous ne négocierons pas les niveaux de protection existants pour parvenir à un accord. Notre haut niveau de protection ici en Europe est non négociable… » Super !
Sauf que, dans un mémo de février 2013 elle écrit au sujet des normes : « …. ou encore de les accepter mutuellement …. ».
Ces deux affirmations de la Commission sont totalement contradictoires. Quelle affirmation faut-il croire ?

Le Ministre de l’agriculture américain vient de nous donner la réponse. Et le diplomate américain est prêt à payer cher pour vendre cela aux Européens.

Citoyen indigné
a écrit le 19/06/2014 à 22:53 :
20000 dollars pour un petit niveau.....imaginez ce que cela doit être ....au niveau supérieur.
a écrit le 19/06/2014 à 20:15 :
Voila le grand marché! Tout s'achète, mème l'honneur des hommes! pour etre concurrentiel soyez pret à trahir votre père, votre patrie, vos amis...
a écrit le 19/06/2014 à 19:34 :
Finalement la construction européenne aura aboutit à la destruction de l'Europe et à son asservissement.
Réponse de le 20/06/2014 à 19:42 :
C'était au programme..
a écrit le 19/06/2014 à 17:50 :
Il ne faut pas s'étonner, ce genre de tentative de corruption (lobbyng pour ceux qui ne veulent pas appeler un chat, un chat) est monnaie courante aux US. Les élites américaines ne se cachent même plus pour montrer qu'ils ont partie prenante à faire que le traité aboutisse.
a écrit le 19/06/2014 à 16:40 :
Le TTIP c'est la mise en place de l'esclavagisme d'un nouveau genre (la version 2.0)

C'est ce qu'ils appellent "la modernité", qui n'est en fait qu'un retour aux conditions de travaillent du 19eme siècle, le tout emballé dans un superbe packaging dont seul coca cola a le secret.

Mais lorsque les peuples gouterons au produit, celui ci risque de leur laisser une sensation amère derrière la langue.

Vous n'en voulez pas ? qu'a cela ne tienne, l'UE et les traitres qui nous dirigent n'ont que faire de votre avis puisque michel Sapin a déjà dit que ce traité sera signer sans aucune consultation du peuple.
Réponse de le 19/06/2014 à 17:00 :
Autant je suis contre ce traité, autant vous dites n'importe quoi !! c'est le parlement européen qui approuvera ou non ce traité, pas Michel Sapin... et si le parlement européen souhaite la multiplication des grèves CGT et des lynchages de petits voleurs, alors qu'il approuve le traité !!!!
Réponse de le 19/06/2014 à 17:51 :
@Pepito : le parlement européen a donné carte blanche à la commission européenne pour négocier le traité. Autant dire que ce traité est déjà entériné.
Réponse de le 19/06/2014 à 18:54 :
Bonjour,

Le parlement européen n'a aucun pouvoir, pour s'opposer a quoi que ce soit il doit obtenir la majorité qualitative (soit 74%), et vu que cette majorité ne sera pas atteinte (comme d'habitude) c'est a la commission européenne qu'il appartient de prendre la décision. c'est ce qu'il s'est passé dernièrement avec l'introduction de l'OGM de la société Pioner que la commission a validé malgrè toutes les oppositions des pays, des population et du parlement européen. renseignez vous.

Nos dirigeant n'ont même pas accès aux détails de ce traité, c'est une honte et cela prouve bien a quel point l'UE est le cheval de troie des USA.

On s'est fait avoir, en beauté.
a écrit le 19/06/2014 à 16:20 :
Tout cela sent très très mauvais ... arriver a payer les gens pour forcer la signature d'un deal...

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