Crise budgétaire

Les arguments d'Antonis Samaras dans sa tournée européenne

Angélique Kourounis, à Athènes | 21/08/2012, 16:44 - 586 mots

Le premier ministre grec va devoir convaincre les Européens de lâcher du lest. Son argument : la dépression en Grèce et son nouveau plan d'économies.

Antonis Samaras premier ministre conservateur grec doit d’un côté convaincre les créanciers du pays d’accorder deux ans supplémentaires au pays pour réduire ses déficits, de l’autre ses députés et sa coalition de voter pour un sérieux tour de vis supplémentaire prévoyant une grande vague de licenciements dans le secteur public.

Antonis Samaras devra convaincre l’Allemagne

Sur le front des créanciers, le plus gros morceau sera l’Allemagne. Pour la coalition gouvernementale d’Angela Merkel, la Grèce doit d’abord appliquer les réformes in extenso, remplir les caisses de l’état, réduire ses déficits et après, uniquement après, il sera éventuellement possible de discuter des deux ans supplémentaires que demande Athènes. Selon la presse allemande – et comme l’avait déjà laissé entendre la semaine dernière Angela Merkel – l’idée de desserrer le carcan d’austérité qui plombe la Grèce commence à gagner du terrain à Berlin. Mais rien ne sera sans doute décidé avant e rapport tant attendu de la Troïka qui sera publié à la mi-septembre.

Une situation économique catastrophique

Le temps presse pourtant. La Grèce n’est plus en récession, mais bien en dépression, et même profonde. Le recul du PIB pour les six premiers mois de l’année 2012 est de 7%, une récession qui dure depuis cinq ans maintenant. D’ailleurs depuis le début de la crise, le niveau de la consommation en Grèce a chuté de quelques 65 milliards d’euros. Tous les secteurs sont en panne. Un tiers des Grecs vivent sous le seuil de pauvreté, et selon les chiffres même de la Commission Européenne, 1.000 entreprises ferment définitivement chaque semaine. C’est autant de chômeurs en plus et de taxes et de cotisations en moins dans les caisses de l’Etat. Pour Vassilis Korkidis, patron des PME de la région de l’attique qui regroupe presque 50% de la population du pays, «les plans de rigueur adoptés ne font que creuser les déficits, freiner la reprise et augmenter le chômage. C’est une véritable catastrophe!» Le chômage a dépassé les 23% de la population active dont plus de 45% ont moins de 25 ans. Huit chômeurs sur dix n’ont droit à aucune allocation. Selon l’institut du monde du travail, le chômage devrait atteindre fin 2012 les 24% de la population active et en 2013, il oscillerait entre 28 et 29% ! Le climat social est donc explosif.

Nouveau plan de rigueur


Par ailleurs les privatisations annoncées comme la planche de salut absolue du pays, piétinent pour cause de récession, justement. Autre problème que doit affronter Antonis Samaras : la fronde de la coalition gouvernementale appelée à adopter 11,5 milliards d’euros d’économies, d’ici à 2014 et auxquels s’ajouteraient selon la presse allemande 2,5 milliards supplémentaires pour cause de rentrées fiscales insuffisantes.

Athènes mise sur Paris pour faire céder Berlin


C’est le ministère du travail qui va fournir 45% de ces économies demandées. D’où de nouvelles coupes dans les salaires, les retraites, y compris à partir de 800 euros, et y compris les retraites complémentaires alors que les grecs sont appelés à payer en moyenne 1850 euros d’impôts supplémentaires cette année. Seuls issue pour Athènes plaider sa cause, avec en gage de bonne volonté, un plan détaillé de ces 11,5 milliards d’euros d’économie « trouvées à 700 millions près» selon le ministère des finances. Demain, le premier ministre grec rencontre à Athènes le président de l’Eurogroupe Jean Claude Juncker puis vient le tour d’Angela Merkel à Berlin et de François Hollande à Paris. Selon les média grecs, Antonis Samaras mise sur le soutien français pour infléchir un peu plus la position allemande.

 

Commentaires

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marie210917 a écrit le 22/08/2012 à 20:58 :

Donnons le choix aux peuples, leur réponse sera assurément NEIN, moi en tête de liste. Que l'europe meurt de sa propre mort et ce le plus rapidement possible pour notre plus grand bien à tous. Ressortons par ailleurs notre guillotine, certains me semble-t-il doivent répondre de leurs actes et avant tout nous rendre le pognon qu'ils nous ont volé. Sommes-nous encore en Démocratie ? Ma réponse est non. Une petite oligarchie mafieuse et incompétente orchestre l'ensemble de ce désastre : aux armes citoyens ! Virons cette bande de cloportes (la mère reading en tête pour ce qui concerne les nantis de l'UE).

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expatre a écrit le 22/08/2012 à 19:01 :

oui je suis d'accord avec ça .Mais le grecque moyen ,c'est lui qui paye pour les autres !Le salaire étant de 650 euros pour 10 a12 heures de travail sans jours de repos , c?est très dur a vivre si en plus vous avez des enfant...et encore quand ils sont payés ,car même dans l'administration j'en connais il y a 6 mois qu'ils n'ont pas touche leurs salaires ! Comment faire ,donnez nous la solution ,les très intelligent européens !!!!

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un citoyen européen a écrit le 22/08/2012 à 16:12 :

Il faudrait peu têtre faire comprendre au Premier Ministre grec que le contribuable européen que je suis sera mieux convaincu de l'aide à apporter à son pays lorsque l'Eglise grecque paiera des impôts correspondant à sa fortune, sans parler des passe droits des grandes fortunes grecques (armateurs and co)

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Donnons le choix aux peuples, leur réponse sera assurément NEIN, moi en tête de liste. Que l'europe meurt de sa propre mort et ce le plus rapidement possible pour notre plus grand bien à tous. Ressortons par ailleurs notre guillotine, certains me semble-t-il...

par marie210917 le 22/08/2012 à 20:58

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