Le héros de la gauche grecque Manolis Glezos attaque le compromis de l'Eurogroupe

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Manolis Glezos et Alexis Tsipras pendant la campagne électorale.
Manolis Glezos et Alexis Tsipras pendant la campagne électorale. (Crédits : Reuters)
L'homme qui avait ôté le drapeau nazi de l'Acropole en 1941 s'estime déjà trahi par le gouvernement grec. Il appelle à refuser le compromis et demande aux militants de décider.

L'accord passé vendredi entre la Grèce et ses créanciers ne plaît pas à Manolis Glezos, le héros historique de la gauche grecque. Depuis Bruxelles, où il exerce ses fonctions de député européen élu l'an passé sur les listes de Syriza, ce vieil homme de 92 ans a publiquement « au peuple grec de [lui] pardonner d'avoir contribué à l'illusion » des promesse de Syriza.

« Dommage et encore dommage »

Dans un texte très virulent, dont on trouvera sur le site Okeanews la traduction en français, Ma nolis Glezos souligne que « changer le nom de la troïka en « institutions », celui du mémorandum en « accord » et celui des créanciers en « partenaires », ne change en rien la situation antérieure. » Il estime donc que le compromis trouvé à Bruxelles ne fera que poursuivre l'austérité. « Au lendemain des élections, d'une seule loi, nous abolissons la troïka et ses effets. Un mois est passé et cette promesse n'est toujours pas transformée en acte », affirme le texte qui ajoute « dommage et encore dommage. »

« La seule solution, c'est la liberté »

Manolis Glezos estime qu'il ne fallait accepter aucun compromis. « Entre l'oppresseur et l'oppressé, il ne peut être question de compromis, tout comme cela est impossible entre l'occupé et l'occupant. La seule solution c'est la liberté », indique le député européen qui appelle les militants et sympathisants de Syriza « à décider s'ils acceptent cette décision. » Bref, c'est un appel à la réflexion interne autour du compromis.

Epine dans le pied du gouvernement ?

Ce texte ne pouvait pas plus mal tomber pour Alexis Tsipras qui va devoir faire accepter à sa majorité le compromis bâti à Bruxelles. Du reste, plusieurs responsables de Syriza comme Sophia Sakofara, députée européenne, ou l'économiste John Milios, ont tweeté le texte de Manolis Glezos et fait part de leur soutien. Ceci dit, le gouvernement grec pourra aussi mettre cette agitation en avant pour justifier une certaine prudence vis-à-vis des demandes des « institutions », notamment concernant le marché du travail ou les assurances sociales. En attendant, le gouvernement a répondu gêné que, peut-être Manolis Glezos « n'est probablement pas bien informé des dures négociations qui se poursuivent. »

Héros des résistances grecques

Manolis Glezos, en tout cas, n'est pas n'importe qui pour les Grecs. Il est l'un des deux jeunes qui, le 30 mai 1941, ont décroché le drapeau de l'Allemagne nazie de la colline de l'Acropole. Condamné à mort par contumace, il a rejoint la résistance dans les rangs communistes et fut plusieurs fois torturé et emprisonné. Durant la guerre civile grecque, il fut à nouveau condamné à mort en 1948, sauvé grâce à la mobilisation internationale, il ne fut libéré qu'en 1954. Entretemps, depuis sa prison, il avait été élu député pour la Gauche démocratique unie (EDA). Durant le régime des colonels (1967-73), il fut encore arrêté, emprisonné 4 ans et exilé.

Figure de ralliement de la gauche autour de Tsipras

Manolis Glezos est le symbole de la résistance pour les Grecs. Il n'a jamais quitté la vie politique. Un temps rallié au Pasok, pour lequel il faut élu député européen, il a rejoint le Synaspsimos, l'ancêtre de Syriza, en 2000. Il fut une des principales figures de la défense contre l'austérité. C'est un personnage qui a joué un rôle dans le ralliement de la gauche autour d'Alexis Tsipras. Ses déclarations ne sont donc pas une bonne nouvelle pour le premier ministre.

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Commentaires
a écrit le 23/02/2015 à 13:43 :
G.SACHS et les amis de MACRON ont gagné. PODEMOS va disparaitre des radars espagnols. les entreprises francaises vont péricliter et les jeunes francais proméneront les touristes Chinois en cyclo-pousse. MERCI MACRON et son réel employeur.
a écrit le 23/02/2015 à 10:44 :
Les Grecques n'ont qu'à battre MONNAIE et déterminer le cours de leur monnaie en parité avec le Franc Suisse,

en une nuit ils auront 25 % de moins à rembourser.

Dans le même temps ils envoient une lettre de créance à l'allemagne pour lui faire payer la dette de guerre, ca fera encore 25 % de dette grecque en moins.

et comme la sortie de la Grèce fera chuter l'euro de 50 % la dette grecque disparaîtra de facto.
Réponse de le 23/02/2015 à 20:39 :
à vous lire ce n'est pas la monnaie que j'ai envie de battre !
take it easy, c'est de l'humour au 3ème voire 4 sinon 5ème degré
a écrit le 23/02/2015 à 8:23 :
La seule solution c'est la liberté » = sortie de l'UE de la Grèce, fin des aides des institutions = dévaluation = diminution encore des retraites.
Pourrait on rester factuel et remplacer ce mot à connotation négative "austérité" par "équilibre budgétaire"?: "Manolis Glezos fut une des principales figures de la défense contre l'équilibre budgétaire".
Sans comptes vertueux la Grèce ne retrouvera jamais la croissance. Est-ce bien dans leur intérêt de ne rien améliorer? Et les Slovaques et les Slovènes qui sont plus pauvres que les Grecs. Ils vont les subventionner pendant encore combien de temps?
Réponse de le 23/02/2015 à 12:31 :
C'est oublier que meme avec les milliards d'euros manquant a cause de la corruption chaque année, la Grece a un budget positif, si l'on ecarte les intérêts de la dette.
Que la Grece efface sa dette, et elle se retrouvera avec le budget le plus vertueux de toute l'europe !
Réponse de le 23/02/2015 à 13:32 :
D'après l'article de la Tribune de Romaric Godin "Comment Bruxelles a créé l'illusion de l'excédent primaire grec" la grèce n'a pas un budget positif mais serait à -8,7% de son PIB de déficite primaire en 2013.
a écrit le 23/02/2015 à 8:17 :
Bruxelles et ses accords avec la finance qui refuse la sortie de l euro....ils vont tous nous ruiner...si ce n est deja fait...eux, politiques et financiers se frottent les mains....le plus gros vol de l histoire
a écrit le 23/02/2015 à 7:38 :
on est d'accord, qu'ils reprennent leur liberte et se debrouillent tout seuls, la pantalonnade a assez dure
( pour le reste, d'accord avec cow girl, j'ai encore entendu une histoire du genre ce week end!)
a écrit le 23/02/2015 à 2:54 :
On notera que Manolis Glezos est, depuis 1974, une figure plutôt modérée au sein de la gauche.
L'EDA reconstituée à la sortie de la dictature des colonels n'était plus celle de l'après guerre civile, elle avait largement évolué, la plupart de ses dirigeants rompant purement et simplement avec le KKE, et adoptant des positions même souvent plus modérées que celles du KKE-es (eurocommuniste, futur Synapsismos). Le passage au PASOK en 1980 et jusqu'au début des années 1990, malgré le deuxième gouvernement Andreas Papandreou, malgré la corruption de "l'état PASOK" (le "gouvernement œcuménique" de 1989-1990 a eu notamment pour objet de lutter contre cette corruption généralisée au sein de l'état grec), puis ensuite le retrait sur la politique locale sont dans la droite ligne de cette évolution. Glezos a été ramené à la politique nationale en 2000 en étant candidat "d'ouverture" de Synapsismos, mais il se présentait alors volontiers comme "apolitique" (!), acceptant de mettre sa popularité personnelle au service d'un parti alors en pleine mutation réformiste (80% de sa direction de l'époque a quitté SYRIZA pour fonder la DIMAR en 2010), et sa participation à SYRIZA, un poil trop "rouge" à son goût, n'a pas été une évidence immédiate. Sans le renfort (temporaire) de Mikis Theodorakis (qui est vite reparti dans ses habituelles lubies politiques), il est probable que Glezos se serait contenté de gérer son micro-parti "Citoyens Actifs", plus associatif qu'autre chose, au niveau simplement local. Et de fait, au sein de SYRIZA, il a défendu globalement des positions plus modérées que la majorité autour d'Alavanos puis de Tsipras, la seule exception étant la question tactique.
On notera donc que la première critique en quasi traitrise provient d'une personne située globalement sur la droite de Tsipras et du gouvernement, alors qu'à l'inverse, Panagiotis Lafazanis, principale figure de la "plate-forme de gauche" (aile gauche de SYRIZA, très proche de l'extrême-gauche) et ministre de l'environnement et de l'énergie, soutient sans ambiguïté l'action du gouvernement, alors qu'il n'a pourtant pas sa langue dans sa poche et a la critique facile et acerbe, surtout à l'endroit de la majorité de SYRIZA.
a écrit le 23/02/2015 à 1:47 :
Vous vous trompez. L'impôt en Grèce est prélevé sur la fiche de paie. Les salaires sont bas donc peu d'impôts.
a écrit le 23/02/2015 à 1:00 :
Mr Tsipras la pire chose est de mentir à son peuple et de ne pas tenir ces promesses. D'accord avec Mr Glezos il dit vrai
Réponse de le 23/02/2015 à 12:38 :
Pourtant c'est Tsipras qui dit vrai, et qui applique le programme pour lequel il a été elu. Glezos aimerait peut être une sortie de l'euro, et moi aussi, mais 73% des grecs ne sont pas d'accord avec lui.
Tsipras a au moins la qualité de dire la verité, meme si elle n'est pas bonne a entendre !
a écrit le 22/02/2015 à 23:18 :
Rien n'a été réglé. Cela recommencera dans 4 Mois.
Ils ne collectent pas d'impôts.
Les armateurs sont dispensés d'impôts. Exception " Economique ".
Le clergé est exempté d'impôts " Exception économique ".
Que du cash... Economie souterraine..
Réponse de le 23/02/2015 à 12:34 :
Je vous suggère de vous renseigner un peu mieux : la chasse a la corruption est un des points principaux du programme de Syriza pour les elections.
Et en un peu moins d'un mois, 440 millions d'euros ont deja été récupérés, et de tres nombreux procès sont en cours.
En moins d'un mois ... qu'a fait la France dans le meme temps ?
a écrit le 22/02/2015 à 21:41 :
Tout cela a été orchestré d'avance.
Ce gouvernement se contrefiche de son Peuple.
a écrit le 22/02/2015 à 21:19 :
Un parti leurre et comme le révèle l'UPR depuis le début, cela se confirme de jour en jour, qui est en passe d'avoir raison ?? A suivre..
a écrit le 22/02/2015 à 19:44 :
Bravo M. Glezos pour reveiller nos consciences face a cette capitulation du gouvernement grec! Esperons que les propositions qu'ils doivent transmettre cette semaine au FMI, a la Commission europeenne et a la BCE seront a la hauteur des promesses de Syriza. Sinon, j'espère qu'ANEL sera la pour rappeler Messieurs Tsipras et Varoufakis a leurs obligations!
Réponse de le 22/02/2015 à 20:10 :
Ne vous gêner pas, si vous voulez payer la dette Grecque a ma place. Je pense que Dans ce pays les gens on vraiment des œillères ou alors l'alcool fait des dégâts!!!. Je voudrais moi savoir ou sont passé les 70 milliards € perçu en plus depuis 2 ans. Baisse des déficits, non. Plus d'aide pour les gens dans la misère, non.plus d'infirmières dans les Hôpitaux,encore non. Poser vous les vraies questions!!
a écrit le 22/02/2015 à 19:27 :
Alexis tsipras vient de baisser le pantalon tout comme francois hollande devant les banksters de bruxelles
a écrit le 22/02/2015 à 19:27 :
Chacun son Roland Dumas.
Réponse de le 22/02/2015 à 19:53 :
Comparer Glezos à Dumas...Soyons sérieux.
Dumas a-t-il été arrêté et torturé ? Oui, peut-être par Christine Deviers-Joncourt, après une soirée arrosée, 50 nuances de dégrisement.
Puis Glezos ne se ballade pas au parlement de Bruxelles avec des pompes à 10.000 Francs.
Glezos exagère parfois, mais il faut le respecter et en tout cas écouter ce qu'il dit.
Réponse de le 22/02/2015 à 22:46 :
Selon toute apparence , Glezos ne pouvait pas refuser.
Il sera donc instrumentalisé.
Réponse de le 23/02/2015 à 13:37 :
DUMAS a été résistant.Un vrai, pas comme Mitterand

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