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Olivier Lecomte | 12/03/2011, 22:36 - 622 mots
Où apprend-on que la transaction qui a permis à Bernard Tapie de récupérer 220 millions d'euros était illégale et signée en violation grave de toutes les règles - ce qui vaudrait, à un chef d'entreprise ou à un cadre qui agirait de la sorte, un licenciement pour faute lourde voire des sanctions pénales ? Qu'il "manque au Port de Marseille que s'y applique l'état de droit normal", ce qui en fait une zone de non-droit au même titre que certains quartiers où les lois de la république n'ont plus cours, conduisant à son irrésistible déclin sans que l'autorité publique semble vraiment déterminée à y mettre bon ordre ? Que notre fiscalité est exagérément complexe, brouillonne, sans stratégie claire - on baisse la TVA sur la restauration quand l'Allemagne oeuvre à améliorer sa compétitivité ?
Que la réforme des régimes spéciaux, présentée comme une victoire de la rupture en mouvement, coûtera en réalité plus cher que si l'on n'avait rien fait ? Que la politique de non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux n'est qu'un leurre, les effectifs des trois fonctions publiques (Etat, collectivités et hôpital) ayant crû de 36% (soit 1,4 million de fonctionnaires en plus) depuis trente ans, avec une accélération au cours des dix dernières années ? Que l'enseignement scolaire, censé "donner à tous les élèves un socle commun de connaissances et de compétences" et contribuer à l'égalité des chances, n'atteint aucun de ces objectif" tout en rejetant les outils d'évaluation ?
Que moult niches fiscales comme les réductions d'impôt sur les investissements dans les DOM-TOM sont non seulement inefficaces mais "excessivement coûteuses à l'Etat" tandis que "la même aide pour les investissements en cause, consentie sous forme de subventions, aurait été nettement moins onéreuse" ? Que la prime pour l'emploi est "insuffisamment incitative, faiblement redistributive, mal ciblée" avec une "absence de pilotage stratégique" ? Que le Fonds de réserve des retraites (censé contribuer au financement de celles-ci à partir de 2020) est marqué par « un défaut d'engagement de l'Etat, une réactivité insuffisante pendant la crise, une gestion administrative insuffisante et coûteuse" ? Que, dans les airs, "du fait de l'opacité qui entoure l'organisation du travail, la Direction de la sécurité de l'aviation civile ne dispose pas des procédures nécessaires pour s'assurer de l'aptitude des contrôleurs à exercer leur métier" ? Etc...
La parole politique et syndicale relève avant tout de la "com"
Ces tristes réalités sont décrites avec la précision et la rigueur implacables des faits dans de multiples publications de la Cour des comptes, toutes librement accessibles en ligne (www.ccomptes.fr/fr/CC/Publications-RPT.html). Si on y ajoute nombre de rapports établis par le Parlement ou d'autres autorités administratives, on obtient un tableau accablant de la gestion calamiteuse des affaires publiques et du corporatisme endémique qui ronge le système. Face à cela, gouvernements successifs et syndicats se sont réfugiés dans d'illusoires slogans, un déni rhétorique creux et plein de sophismes qui réduit la parole politique et syndicale à de la "com".
Faute d'accepter la réalité objective et de se concentrer sur l'amélioration de l'existant, on préfère sortir en toute occasion un projet de loi du chapeau pour donner l'impression que l'on maîtrise encore quelque chose, ou descendre dans la rue dès que l'on parle de réforme. Mélangez tout cela avec l'éthique que l'on malmène, quand ce n'est pas l'absence pure et simple de décence (ici on reste au gouvernement après une condamnation judiciaire, outre-Rhin on démissionne pour plagiat...) et vous obtenez une exaspération qui profite aux populismes de tout poil. "L'Etat s'est ruiné dans ce siècle funeste/Et vous vous disputez à qui prendra le reste !" s'indigne Ruy Blas dans sa célèbre tirade, et à travers lui Victor Hugo qui dénonce l'état de la France en 1838. Prenons garde que cette indignation ne foudroie les forces politiques modérées.
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voltR a écrit le 15/03/2011 à 09:03 :
1981, gvrt Mauroy embauche dans l'année 50 000 fonctionnaires............car le chômage augmente déjà à cette époque et les autres gvrt de gauche comme de droite ont suivi .......30 ans plus tard 2 000 000 de fonctionnaires en trop:!
dgouté a écrit le 14/03/2011 à 19:36 :
Halte là, et si le mot "populisme" était jeté à la figure de ceux qui oseraient pointer sur les catastrophes engendrées par les inepties de nos chères (très chéres...) zélites. Pourquoi diable stigmatiser ceux qui font le même constat que vous et depuis longtemps? Lisant ça et là les tribunes et les forums, je suis ébahi de voir le fossé grandissant entre nos zélites (politico, médiatico, économico, artistico, sportivo) et le citoyen de base. Avez-vous jeté un oeil au sondage de la semaine passée sur votre journal? Et oui, plus de 50% de vos lecteurs pensent que l'envolée des intentions de vote pour Marine Le Pen est un bonne nouvelle. L'establishment a vraiment du souci à se faire.
Kikou a écrit le 14/03/2011 à 18:48 :
Le populisme, ça vient de la haine et la haine, ça vient de l'humiliation.
fremen a écrit le 14/03/2011 à 17:58 :
La base du populisme est la démocratrie. Faire prendre des positions par des masses qui n'ont pas les compétences nécessaires est suicidaire. C'est aussi la porte ouverte à toutes les manipulations de la part de ceux qui veulent le pouvoir. Flatter l'ego du citoyen pour avoir sa voix ! On n'a sans doute pas trouvé mieux que la démocracie, mais ce n'est pas la panacée. L'idéal serait de faire confiance aux sachants, car peresonne ne peut tout sa&voir. C'est ce qui se passe dans les cabinets de conseil, et cela ne marche pas mal.
ivo a écrit le 14/03/2011 à 16:56 :
De tout temps dans presque toutes les sociétés les chefs aux noms différents on faits appel aux sorciers ou aux prêtres (Pharaons ) avec le résultat qu'on connait ,disparition des civilisations , pourquoi voulez vous que l'homme ai changé , quand il a le pouvoir il écrase les autres sans se soucier des conséquences pour l'avenir.
Gustav19 a écrit le 14/03/2011 à 09:34 :
100% d'accord ! Cet article est vraiment super ! So what, concrètement que peut-on faire ?
voltR a répondu le 15/03/2011 à 09:01:
Reprendre l'Etat en main! lui faire comprendre que la gestion de masse est terminée et que la masse est la somme des individus! exemple au Japon, mais aussi en France, si nous avions laissé chaque individu chercher une solution pour son électricité nous ne serions pas aujourd'hui captif d'un monopole EDF qui détient j'écris bien la force de destruction nucléaire!
Alain a écrit le 14/03/2011 à 09:18 :
Le populisme est un pure produit du monde politique. Est-ce que vous voyez les grands et petits patrons, ceux qui font l'économie du pays, occuper les plateaux de télévision ? Nous avons un petit monde politique qui passe son temps dans les médias de tout poil, tout les jours et toutes heures. On se demande d'aileurs s'ils travaillent de temps en temps. On leur demande des résultats et pas du spectacle. Alors que la presse les ignore, que les journalistes trouvent d'autres sujets et que le monde politique se mette au travail, et vous verrez que le populisme disparaitra.
celthic a répondu le 14/03/2011 à 14:56:
ce que vous décrivez à juste titre, c'est la surmédiatisation des hommes politiques , leur peopolisation terme barbare mais à la mode. Je vous rejoins sur ce point. Leur mission , celle pour laquelle ils ont été élus, n'est pas de s'afficher à la télévision dans des émissions n'ayant aucun lien avec la politique, et qui ne servent en fait qu'à satisfaire leur égo. Le populisme recouvre d'autres notions. Il cherche à s'attirer les bonnes grâces de la classe prolétarienne par des propositions démagogiques et totalement irréalistes afin de conquérir le pouvoir. Se souvenir de l'Argentine au temps de Peron...
Alain a répondu le 14/03/2011 à 22:56:
Peut être que l'on donne plusieurs sens à populisme et qu'on le met dans beaucoup de sauce, car sauf erreur de ma part, ce mot a été inventé par Staline. Certes, il recherchait le pouvoir, mais il a surtout imposé brutalement sa démagogie.
Bastien a écrit le 13/03/2011 à 20:07 :
C'est bien analysé. Seul écart avec ce que je crois, le populisme n'existe pas. C'est un simple masque de carnaval que l'on plaque sur la démocratie lorsque celle-ci ne donne pas les résultats que l'on attend.
professeur hypothénuse a écrit le 13/03/2011 à 19:59 :
Quand les "élites autoproclamées" n'apportent pas de réponses concrètes aux problèmes que vit le peuple, alors celui-ci se retourne vers des mouvements qui seront capables d'apporter des solutions à ces attentes!.
Ne pas mélanger a répondu le 13/03/2011 à 23:50:
Le peuple se retourne vers des mouvements alternatifs, pour protester dans un premier temps. De là a croire qu'ils peuvent apporter les solutions, on peut encore en douter.. Ils ne sont déjà pas capables de gérer leurs propre compta... alors si cela peut servir a recadrer les GO Club Med élus actuellement qui pensent qu'ils sont dans jeu de société où les règles ne sont que pour les autres, alors oui, ca peut servir. Mais de grâce, ne rêvons pas.. les autres taperont aussi dans la caisse... Politique, c'est un vice, pas un métier ;-)
Le Gars d'en Bas a écrit le 13/03/2011 à 17:43 :
Impressionnant !!! Il semble y avoir des profs avec des idées claires, une Cour des Comptes qui fait de bons constats, et un peuple qui avale de moins en moins les couleuvres? pourtant notre camion fonce dans le mur, et le chauffeur klaxonne ! Alors, où est donc le problème ? Pourquoi pas dans le concept même des partis politiques ? Ces organisation ne sont plus que des regroupements de cabots aboyants derrière les chefs de meutes qui ont les plus g?. (on a vu quelques sérieux effets de bords par le passé). Quand on voit qu'il n'y a que deux chantiers en cours : a gauche, DSK ou pas DSK, et a droite, comment éliminer Villepin et Borloo? Ca fait peur. Imaginez un instant qu'une entreprise recrute ses employés sous la pression d'un parti qui aurait choisi son "DirCom" pour occuper le poste ? L'entreprenariat aurait tôt fait de disparaitre? Sérieusement, les partis deviennent des simples chambres d'enregistrement et d'adoubement de la plus grande gueule de la troupe (ou du plus malin/roublard) et aucunement un lieu ou on bosse des dossiers pour les confier en finale a celui qui saura les gérer? La troupe de roitelets qu'on nous propose a chaque mandature ne sont que des "Iznogoud" reluquant un poste, en pensant qu'il s'agit encore d'un trône. Il serait grand temps de leur rappeler que l'Etat (et tout les services qu'il prétend ne plus être siens par démission de responsabilité) est une vaste "société de services" au service du peuple, et non pas une monarchie élective tournante, dont on choisirait a chaque mandat le monarque proposé par un clan de joyeux drilles incompétents mandaté par quelques malins tirant les ficelles?
License to live a répondu le 07/06/2011 à 10:40:
Vous cernez bien la classe politique actuelle qui semble avoir recréé une néomonarchie auto entretenue
Patrickb a écrit le 13/03/2011 à 16:58 :
Le populisme est une forme d'endoctrinement qui repose, comme toutes les formes d'endoctrinement, sur l'illétrisme des gens de gauche comme de droite. Il suffit de lire les commentaires pour voir le niveau de connaissances des endoctrinés :-)
moutarde a répondu le 13/03/2011 à 18:10:
Vous devez avoir des yeux ,oreilles bouchés pour écrire vos idées sur le sujet car si comprendre et ne plus tolérer ce que mr Lecomte décrit c'est etre illettré , la France doit en etre surpeuplée ...
Bastien a répondu le 13/03/2011 à 20:15:
Je crains que vous ne vous soyez pas reconnu dans le jeu des acteurs. C'est vous qui avez mis les clowns à la tête de l'Etat depuis trente ans, pas les patriotes.
rmh a répondu le 13/03/2011 à 21:13:
"illétrisme", j'ai beaucoup aimé et vous parlez du niveau de connaissances des endoctrinés, M. Patrick ! Si vous pouviez arrêter de voter pour l'UMPS, tout irait mieux car depuis des dizaines d'années nous subissons les ravages de ces deux partis qui n'en font qu'un ! Pas de DSK, le sarkobis de l'UMPS en 2012 !
Patrickb a répondu le 13/03/2011 à 22:49:
@ rmh: j'applique mes idées et je ne vote ni pour l'un, ni pour l'autre au 2e tour.
cabernet83 a écrit le 13/03/2011 à 12:57 :
De quoi se nourrit le populisme?, c'est pas compliqué, le populisme se nourrit de l'incompétence de "l'élite", comme ils se nomment!. Ces personnes ont des têtes bien pleines, mais des têtes mal faites, si bien qu'ils sont déconnectés de la vie du peuple et de la réalité.
POLUX a écrit le 13/03/2011 à 11:16 :
Bon exposé mais incomplet.Selon mon avis , c'est la perte d'identité qui arrive en tête de l'accroissement du populisme et va nourrir la peur.
moutarde a écrit le 13/03/2011 à 10:56 :
Si :etre contre ce qu'il vient d'écrire nous classe dans le "populisme " il faut vite trouver un autre mot dans notre vocabulaire si riche .....Oui, nous ne voulons plus de ces mensonges ,mais nous voulons de l'honnèteté .Quiconque est condamné ne doit plus etre dans un role ,une fonction d'etat ,tous, nous devons avoir la meme justice .Une société industrielle tourne si l'équipe (cadres,ouvriers ,patrons )oeuvrent dans la meme but et nous sommes en droit d'attendre la meme chose de nos parlementaires en gestion de notre pays la France .