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Sophie Péters | 18/10/2012, 17:39 - 613 mots
Près de 3 salariés sur 4 parlent régulièrement du travail, autant dans leur sphère professionnelle que privé. Et pas forcément parce que les conditions y sont mauvaises. L'Anact (Association nationale pour l'amélioration des conditions de travail) a interrogé plus d'un millier de salariés sur la place accordée au dialogue sur le travail dans l'entreprise. Mais de quoi parlent-ils ? Des relations sociales, du contenu et de l'organisation du travail. Dans une moindre mesure apparaissent : l'évolution professionnelle, l'environnement physique et la conciliation vie privée/vie professionnelle. Les cadres abordent plus volontiers les trois premiers sujets, les ouvrier les deux derniers. Avec qui discutent-ils de ces sujets ? Entre eux ! Les collègues sont leurs interlocuteurs privilégiés, surtout en ce qui concerne les relations et l'organisation. L'évolution professionnelle étant évidemment plutôt abordée avec l'encadrement direct.
Mais seuls 25% des salariés (36% des cadres) évoquent l'organisation du travail avec la direction et 17% avec les représentants du personnel. Et 21% parlent des relations de travail et de son contenu avec leur direction. 23% discutent relations de travail et 12% du contenu avec les représentants du personnel. Côté conciliation vie privée/vie professionnelle, autant dire qu'elle est le parent pauvre des discussions avec la direction (18% des salariés en discutent avec elle) et les représentants du personnel (10% en parlent avec eux). Les représentants du personnel sont donc encore moins identifiés comme des interlocuteurs que la direction générale. Quant à la médecine du travail, elle reste consultée de façon tout à fait marginale : 4% à 13% des salariés l'identifie selon les sujets, 21% dès lors qu'il s'agit des conditions physiques.
Résultat : ce sont les discussions informelles qui priment sauf lorsqu'il s'agit d'évoquer le parcours professionnel. Pas étonnant que près de 40% des salariés jugent que toutes ces discussions n'ont aucun effet, sauf...lorsque leur direction ou l'encadrement y participe. C'est-à-dire avec ceux qui ont le pouvoir d'agir. Ainsi 76% des salariés ayant échangé avec leur direction au sujet des relations sociales et 74% ayant abordé l'organisation du travail perçoivent un effet positif. « Ce qui prouve que la direction est perçue comme la première responsable de l'amélioration des conditions de travail : 50% des salariés la citent d'ailleurs en premier, les salariés n'arrivant qu'en seconde position (21% des citations) , devant le management intermédiaire (16%), les représentants du personnel (7%), les politiques et l'Etat (6%) », précise Dominique Vandroz, directeur général de l'Anact.
Une question demeure : certes les salariés parlent du travail mais le « pensent-ils » pour reprendre l'expression en vogue chez les psychologues du travail ? « Comme ils se parlent beaucoup de façon informelle, sans doute peut-on s'interroger sur ce qui est discuté dans le fond. En creux, notre enquête témoigne du fait que le travail est un sujet de discussion en tant que tel mais que ce dialogue pourrait porter plus de fruits. Les salariés parlent plus du travail par nécessité que par volonté d'amélioration », résume Dominique Vandroz. Il note toutefois d'année en année un intérêt croissant des directions pour ce que vivent les salariés, du fait essentiellement de la montée des débats autour des Risques Psycho-Sociaux. Car si l'on en croit le chercheur en médecine et santé du travail Philippe Davezies, il serait urgent de construire un point de vue commun entre la direction et les salariés autour de la représentation du travail. Et là ce n'est pas autour de la machine à café que l'on va faire avancer les choses mais sur le poste de travail lui-même à la façon des ergonomes. Reste donc à déployer l'analyse du côté de ce que « font » les salariés et pas uniquement se cantonner à ce qu'ils en « disent ».
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floppy a écrit le 19/10/2012 à 12:40 :
La communication d´entreprise, comme entre les humains est complexe. Quand je lis cet article, cela me rappelle quelques essais d´amélioration dans des entreprises que je connais. 1. la direction questionne anonymement les employés. Les réponses sont tellement négatives (que du positif était attendu) que la direction envoie tout le mnonde à une formation "comment répondre correctement" et tous les employés se tapent les cuisses .. de tristesse. 2. la direction questionne les employés et des retours négatifs arrivent.. "certainement dûs à des agitateurs" d´après la direction. Conclusion: si on veut vraiment s´occuper de son prochain, on l´écoute. Ecouter n´est pas automatique, il faut l´entrainer, le pratiquer, l´essayer, l améliorer. Après , il faut comprendre. Et agir. Et surtout demander si les mesures mises en places sont bien celles qui intéressent les employés (ce que certains oublient à nouveau). Pour rendre dérisoire ces problèmes communicatifs, les allemands ont fait une série télévisée http://www.prosieben.de/tv/stromberg/ qui explique l´évolution d´un C.. au milieu de C..s et qui monte en grade et reste un C.. Apparemment, à se taper sur les cuisses (de vrai cette fois-ci). A quand la version francaise? cela serait plus moderne que "Derrick".
Pisser dans un violon a écrit le 19/10/2012 à 12:27 :
Quand on parle de son travail avec son patron, ça n'est jamais suivi d'aucun effet, alors à quoi bon. C'est même pire, on s'entend dire "tu es trop négatif" ou on se fait mettre sur la touche. Alors merci, j'ai déjà donné.
floppy a répondu le 19/10/2012 à 13:02:
en 2003 en France, j avais d´éjè vu ce genre de comportement que j´appelle maintenant "démission interne" ou bien "avec l´annulaire dans la tête", ce que je n avais pas compris à l´époque car je voulais développer la technique, le monde, les discussions,.. tout, vite et ouvertement, ce qui marchait avec mes chefs de l´époque!. Après des expériences pénibles dans un autre pays (2011), Je crois que j´ai compris car je commencais à avoir ce genre de réaction. Il faut écouter les employés. Les employés sont un peu comme des citrons: si on les presse mal, ils vont éclater et on n´en sortira que peu de jus (attention: c est seulement de l´imagé!). Ne pas écouter. Ne pas s´améliorer, rend les gens apathiques, aggressifs et malades. J estime que dans 20-30 ans ce genre de comportement sera sanctionné par des tribunaux pour mauvais traitement. Mais la société doit encore évoluer (et les lois). La seule chose que je peux conseiller (en attendant): il faut chercher son équilibre psyschique ailleurs que dans l´entreprise. Artiste en parallèle de son Job? Donner des cours dans des Lycés en parallèle? faire du bénévolat, etc.
DCTWEB a écrit le 19/10/2012 à 09:40 :
Est-ce une blague??? Personnellement quand je parle de mes conditions de travaille avec mon patron on me sort "C'est parce que vous êtes mal organisé" ou bien encore "Cela fait partit du métier"... Les délégués du personnels? Cela fait 7 ans que je suis dans l'entreprise et je les ai vus 3 fois passer dans les agences... Et quand on faisait appel à eux, bah aucun résultats... Cela est peut-être possible dans le public mais dans le privé avec un marché du travail tendu et une crise économique sur les bras, les conditions de travail de ses employés sont le cadet des soucis des managers ! Eux même d'ailleurs pourraient se plaindre la plupart du temps...
Chich a répondu le 19/10/2012 à 11:28:
+100 je n'ose même pas imaginer le scandal que mon responsable ferait si j'oser lui exprimer mes doléances... Pour info je bosse dans une banque qui fait suffisament de bénéfice et pourtant ils renaclent à embaucher ce qui fait qu'on se retrouve avec une 10aine de postes manquant sur une 50aine... Et bien sur, si les résultats ne suivent pas ce n'est pas une excuse...Voila le monde dans lequel on vit, qu'on ne s'étonne pas si les plus fragile se suicident...
Loic a répondu le 19/10/2012 à 16:21:
Ca fait plaisir de voir a la fois cet article et vos commentaires parler d'humain, de bien-etre dans l'entreprise quand beaucoup d'autres articles ne parlent que de cout du travail, de productivité et de non savoir-faire francais (le tout agrémenté de commentaires cyniques....) Il serait bon de faire le lien entre productivité et bien-etre au travail, car en France ce n'est pas du tout a l'ordre du jour...