Le crypto-actif phare a vu sa consommation d’électricité s’envoler ces derniers mois, en corrélation avec la flambée de son cours. Mais de nombreux observateurs constatent que les « mineurs », ces gardiens de la sécurité de la blockchain consommant beaucoup d’électricité, délaissent progressivement le charbon au profit des énergies renouvelables, notamment pour utiliser leur surplus de production très bon marché. Explications.Si Bitcoin est un actif très rentable ces derniers mois, il est aussi très gourmand en énergie. Alors que le réseau (appelé blockchain) permettant d'échanger des bitcoins ingurgitait moins de 100 Térawattheures (TWh) par an début 2023, selon l'index de consommation d'électricité du Bitcoin (CBECI) publié récemment par l'université de Cambridge, son appétit a explosé pour s'établir à 175 TWh aujourd'hui. Soit plus que la consommation des Pays-Bas ou de l'Argentine, selon cet index de référence.
Si la reine des cryptomonnaies est aussi énergivore, c'est à cause de la méthode de sécurisation de son réseau d'échange décentralisé appelé blockchain. Les échanges de bitcoins entre utilisateurs sont validés par des « mineurs », des internautes vérifiant qu'aucune transaction ne soit frauduleuse. Afin d'attirer ces travailleurs de l'ombre, l'algorithme à la base de la blockchain leur distribue des bitcoins pour chaque transaction vérifiée. Ces derniers se livrent ensuite une compétition pour avoir le droit de valider des transactions et être payés.
Et c'est là où le bât blesse. La blockchain Bitcoin utilise la méthode de la « preuve de travail » (« Proof of work ») pour désigner les vainqueurs de cette compétition. Concrètement, le réseau demande à ses mineurs de résoudre des calculs très complexes via leurs ordinateurs, le plus rapide étant désigné vainqueur. Autrement dit, la sécurisation du réseau Bitcoin passe par l'utilisation intensive de nombreuses cartes graphiques et autres calculateurs très gourmands en énergie. Problème, plus il y a de mineurs en compétition, plus les calculs sont complexes... et plus il faut utiliser un grand nombre de machines et d'électricité pour être récompensés.
L'envolée du cours du bitcoin attire de nouveaux mineurs
Une mécanique qui prend de l'ampleur avec la professionnalisation du secteur.
«Le minage est devenu une véritable industrie régie par de gros acteurs cotés en Bourse comme Marathon Digital Holding, Riot Platforms ou CleanSpark qui mettent des centaines de millions d'euros dans leurs infrastructures. Nous ne sommes plus dans une activité menée par des geeks dans leurs chambres. Il y a donc structurellement beaucoup plus de monde en compétition», explique Justine Destobbeleire, consultante crypto chez Sia Partners.