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HRW dénonce l'exploitation des Tanzaniennes dans le Golfe

reuters.com  |   |  468  mots

par Emma Batha

LONDRES (Fondation Thomson Reuters) - Les Tanzaniennes employées comme domestiques dans les pays du Golfe sont battues, victimes d'agressions sexuelles et privées de leur salaire, révèle mardi un rapport de Human Rights Watch.

Plusieurs milliers de Tanzaniennes travaillent dans la région, attirées par des salaires parfois dix fois plus élevés que dans leur pays.

Mais selon les règles en vigueur en matière de visas à Oman et aux Emirats arabes unis, connues sous les nom de système kafala, les domestiques ne peuvent changer d'emploi sans le consentement de leur employeur et sont susceptibles d'être accusées de fuite si elles partent, indique HRW.

La plupart des 50 femmes interrogées par l'organisation de défense des droits de l'Homme pour son rapport, intitulé "Working like a robot" ("Travailler comme un robot"), sont obligées de travailler entre 15 à 21 heures par jour. Leurs passeports sont confisqués.

Plus de la moitié sont sous-payées. Certaines disent ne pas être payées du tout. Environ deux sur cinq disent avoir été victimes d'agressions physiques et autant disent avoir été victimes de harcèlement sexuel ou d'agressions sexuelles.

Les ministères des Affaires étrangères d'Oman et des Emirats arabes unis n'ont pu être joints pour un commentaire.

La plupart des employés de maison dans les pays du Golfe viennent d'Asie. Mais, expliquent les organisations de défense de droits de l'Homme, les employeurs se tournent de plus en plus vers les pays d'Afrique de l'Est où la protection des salariés est plus faible.

De ce fait, dit HRW, les employeurs finissent par payer les femmes venues d'Afrique de l'Est moins cher que leurs collègues originaires d'Asie.

L'ONG demandant la fin du système kafala, l'introduction d'un salaire minimum et la fin de la discrimination salariale.

Parmi les exemples fournis par le rapport de HRW, figure le cas d'une Tanzanienne employée à Oman qui travaillait 17 heures par jour. Elle a raconté s'être enfuie après avoir été victime d'une agression sexuelle.

Quand elle a voulu porter plainte auprès de la police, il lui a été répondu qu'elle risquait d'être poursuivie pour s'être enfuie. On lui a demandé de s'acquitter d'une amende de 500 dollars (430 euros) si elle ne voulait pas être emprisonnée.

Selon le rapport de HRW, le droit du travail à Oman ne couvre pas les employés de maison. Aux Emirats arabes unis, des mesures de protection ont été introduites dans la législation, mais elles sont moindres que celles des autres salariés.

Selon le groupe de lutte contre l'esclavage, Anti-Slavery International, les mauvais traitements sont très fréquents. Le groupe appelle les ambassades de Tanzanie à se mobiliser pour aider leurs ressortissantes.

(Danielle Rouquié pour le service français)