Election présidentielle : la CGT veut peser dans les débats

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Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, considére que les proccupations politiques actuelles autour des questions identitaires font le lit du Front National. Il veut remettre les questions sociales au coeur des débats.
Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, considére que les proccupations politiques actuelles autour des questions identitaires font le lit du Front National. Il veut remettre les questions sociales au coeur des débats. (Crédits : CHARLES PLATIAU)
Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez veut remettre les questions sociales au coeur des débats de la future élection présidentielle. La confédération dénonce la course "au moins disant social" et va relancer le débat sur une nouvelle réduction du temps de travail.

Mettre les questions sociales au cœur des débats de la prochaine élection présidentielle. Telle est l'ambition du secrétaire général de la CGT Philippe Martinez qui effectuait ce 30 août sa « rentrée » médiatique. Pour le dirigeant syndical, c'est en effet la lutte contre le chômage et les inégalités ainsi que le pouvoir d'achat qui devraient constituer la priorité des priorités de tous les candidats déclarés ou potentiels à l'élection présidentielle du printemps 2017.

Or, Philippe Martinez constate que ce n'est actuellement absolument pas le cas, regrettant que les odieux actes de terrorisme dont la France a été victime soient le prétexte pour saturer le débat public avec les questions sécuritaire ou identitaires. Et de prendre l'exemple de la polémique autour du « burkini », « un contexte qui favorise la propagation des idées du Front National ». Le leader syndical regrette ainsi que les propos politiques tenus actuellement ne conduisent qu'à « l'exclusion et à la stigmatisation d'une partie de la population ».

Relancer le débat sur la réduction du temps de travail

L'objectif de la CGT est donc de tenter de sortir le monde politique de ses problématiques actuelles pour tenter de le ramener sur le champ économique et social.

Ce n'est pas gagné. Mais, pour ce faire, la CGT a décidé de mener une forte campagne en faveur d'une nouvelle étape dans la réduction du temps de travail. La confédération va plaider haut et fort en faveur d'une durée légale du temps de travail hebdomadaire ramenée à 32 heures... Voilà de fait un thème de débat comme en raffole la France. Le « coup » de la CGT peut donc fonctionner surtout qu'il intervient totalement à contre-courant de la tendance actuelle avec une toute récente loi El Khomri qui tend, une fois encore, à contourner un peu plus ce qui reste de la législation sur les 35 heures. Et la CGT n'est pas totalement isolée dans ce combat. Ainsi l'économiste Pierre Larrouturou et la sociologue Dominique Méda viennent de publier un ouvrage* prônant la semaine des quatre jours avec un mécanisme incitatif : les entreprises qui limiteraient le travail quatre jours ouvré et embaucheraient 10% de salariés en plus seraient totalement exonérées de cotisations chômage.

Le combat continue contre la loi El Khomri

Mais pour remettre le social au cœur des débats, Philippe Martinez a aussi d'autres idées. D'abord, son syndicat ne compte pas lâcher l'affaire sur la loi El Khomri même si le texte a été promulgué. Le syndicat participera avec d'autres organisations (FO, Solidaires, Unef, etc.) à une nouvelle journée d'actions contre la loi le 15 septembre. Sur le terrain juridique, la CGT est en train de travailler sur des « questions prioritaires de constitutionnalité » (QPC) à adresser au Conseil constitutionnel. L'objectif étant de contester la constitutionnalité de la loi El Khomri sur au moins trois points : l'instauration de règles différentes, selon la taille de l'entreprise, sur les licenciements économiques ; la barèmisation des indemnités prud'homales ; la « neutralité » de l'entreprise en matière de fait religieux. La CGT compte aussi se battre au niveau des entreprises pour empêcher que des accords sur le temps de travail soient remis en cause.

Mais s'il tape toujours aussi fort sur la loi El Khomri, Philippe Martinez n'oublie pas la droite et sa primaire... A la lecture des programmes économiques et sociaux des candidats il prévient: « la course au moins disant social conduit à la catastrophe ». Et de lancer sous forme de boutade qu'entre le gouvernement actuel et ce qui pourrait être la nouvelle majorité après le printemps 2017 " on a en fait le choix entre le plus pire, le pire et le moins pire "...

Les camps de la droite et de la gauche sont donc prévenus, la CGT va tout faire pour peser sur le débat politique. Tout à ce combat, Philippe Martinez n'a du coup quasiment pas évoqué les élections de représentativité syndicale qui vont se dérouler dans les PME en novembre et décembre de cette année. Or, il y a un risque que la CGT perde sa première place au profit de la CFDT. C'est peut-être pour cette raison que la CGT se place dans une posture résolument offensive. Reste à savoir si elle osera appeler à battre François Hollande (s'il est candidat) comme elle avait explicitement appelé à battre Nicolas Sarkozy en 2012, sortant ainsi de sa traditionnelle "neutralité".

* "Einstein avait raison. Il faut réduire le temps de travail", Les Editions de l'Atelier - 270 pages - 14 euros

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Commentaires
a écrit le 31/08/2016 à 23:18 :
CONSEIL AUX HOMMES POLITIQUES ET AUX SYNDICALISTES DE LIRE ALBERT EINSTEIN COMMEMT JE VOIE LE MONDE?/ DE FLAMMARION/1979/// IL DISAIT DE DIMINUE LEGALEMENT ET GRADUELEMENT SELON LES PROFESSIONS LE TEMPS DE TRAVAIL POUR ///SUPRIMER LE CHOMAGE ///AVEC L OBLICATION D UN SALAIRE MINIMUN POUR GARANTIR LE POUVOIR D ACHAT DES MASSES EN FONCTION DES RICHESSES PRODUITE???
a écrit le 31/08/2016 à 11:38 :
Étonnant que le bon sens ne puisse venir que d’un syndicat.

À l’heure où la productivité humaine a explosée, où le chômage est si haut de par cette explosion et de par les délocalisations, il reste tout un tas de dinosaures pour parler augmentation du temps de travail, allongement de l’âge de la retraite, etc.

Nous produisons déjà bien trop de marchandises, toutes plus inutiles les unes que les autres, notre planète se vide petit à petit de ses matières, de sa vie… Et l’on parle de continuer toujours plus loin, toujours plus fort alors que nous sommes déjà trop loin et trop fort.

Le bon sens logique voudrait au contraire que l’on freine des quatre fers. Définissons ce dont nous avons réellement besoin pour bien vivre, et contentons-nous de fabriquer cela. La réduction du temps de travail s’imposera alors d’elle-même.
Réponse de le 31/08/2016 à 12:19 :
Je suis tout à fait d'accord avec vous !! :)

Que le bon sens logique reprenne ses droits.
a écrit le 31/08/2016 à 10:28 :
Il y a une haine anti CGT réelle sur le terrain, les cadres n'étant plus que des exécutants sans aucune capacité de gestion du personnel sont en train de leur rendre la vie de plus en plus dure et quand on lit les commentaires des golden corbeaux et des trolls de droite dure et d'extrême droite on s'en rend bien compte.

Avec donc tous les médias de masse contre elle on voit mal comment elle pourra peser sur les débats présidentiels déjà pris en otages par les thématiques d'extrême droite et de droite néolibérale.

Pour peser actuellement médiatiquement il faut être actionnaire milliardaire et non défenseurs des droits des salariés, voilà où nous ont mené les élections.
Réponse de le 31/08/2016 à 11:03 :
HA!HA!HA!.ça tombe bien la CGT est justement milliardaire avec l'argent qu'elle touche directement (ou indirectement) de l'état et des grandes entreprises.Elle pourra donc peser sur les débats
Réponse de le 01/09/2016 à 16:23 :
C'est vrai que la chute vertigineuse des taux d'adhérents aux syndicats vient du fait que les salariés ne sont plus capables de penser par eux-mêmes (qu'ils fussent cadre ou pas). Surtout que la CGT ne se remette pas en cause, et continue ses actions toutes légitimes, tant sur le fond que sur la forme. Ce merveilleux contre-pouvoir sauve le peuple d'un aveuglement généré par les médias laveurs de cerveaux !
a écrit le 31/08/2016 à 9:19 :
Etonné je suis de voir la CGT évoquer le sujet du "Burkini" ! Un syndicat n'a à s'occuper que des questions relatives au travail, ça sera déjà pas mal. Ces "débordements" montrent la politisation de ces instances, et leur éloignement de leur rôle légitime.
J'en veux pour preuve, leur attachement à s'opposer au FN alors que celui-ci à (exception faite de l'extrême gauche), le programme le plus à gauche économiquement parlant !
En 2017, les débats vont voler ..... bas !
a écrit le 31/08/2016 à 8:58 :
Moi je trouve intéressante l'idée de travailler moins 32h afin de réduire le chômage plutôt que de nous promettre 40 h, 50 h, voir plus et la retraite à 65 ans avec 6 millions de chômeurs ....
Réponse de le 31/08/2016 à 12:29 :
On pourrait même descendre à 18h payés 36h, non ???
... après, ne vous étonnez pas d'un taux de chômage de 80%, les petites entreprises auront déposé le bilan, et les grosses fuient le pays !!! J'appelle ça du rêve, pas de la lucidité !!
Ou alors, c'est partage du travail...et partage du salaire !! ça vous tente moins ??
Mais un principe économique qu'il me semble nécessaire de vous rappeler : un employeur embauche lorsque un salarié lui rapporte PLUS que ça ne lui coute ...!!!
a écrit le 31/08/2016 à 7:54 :
il veut faire comme les copains Chéréque ou Thibaut !!
a écrit le 31/08/2016 à 1:35 :
UBU est de retour ! Ça va être long cette présidentielle !
a écrit le 30/08/2016 à 23:23 :
La question reste pourquoi donner autant de subventions et d'audience à ce clown ?
a écrit le 30/08/2016 à 22:47 :
S'il s'implique dans la Présidentielle, qu'il n'en oublie pas la conclusion : s'il est en minorité, lui et ses idées, qu'il s'écrase jusqu'à 2020 : la majorité décidera, et pas de manifs et autres grèves d'arrière garde
a écrit le 30/08/2016 à 21:18 :
Pas assez courageux et confiant en sa grande cote d'approbation, pour etre candidat des Extrèmes Gauche.
a écrit le 30/08/2016 à 20:42 :
D'accord avec lui , les salariés doivent peser dans les débats car on a trop utilisé les Français les uns contre les autres pour faire passer de mauvaises lois et décisions droite gauche confondues . Les politiques ne parlent jamais de leurs retraites et combien ils coûtent au pays .
Réponse de le 30/08/2016 à 23:05 :
Vous avez oublié que la CGT ne parle jamais de ses ex dirigeants bien casés tout d'abord au conseil économique social et environnemental et puis le top le camarade Le Paon, et nous avons les plus nuisibles comme ceux d'Aulnay qui ont poussé les grévistes à faire fermer le site et détruit combien de famille mais le leader M. Mercier toujours chez PSA bien loin de pointer à Pole Emploi trop planqué à la CGT.Oui la CGT et ses dirigeants sur les mêmes bancs que la classe politique. N'oubliez pas en France nous avons 3 institutions qui se partagent une forme de pouvoir maffieux le politique, les syndicats de salariés avec en tête la CGT et le Medef . Martinez son avenir est tout tracé, le politique s'en occupera car quoi de meilleur que de pactiser avec celui que l'on dit combattre sur le dos de ceux que l'on envoie pointer au chômage.
Réponse de le 31/08/2016 à 12:33 :
RAPPEL : les salariés ont le droit de vote : ils peuvent donc peser... comme les autres électeurs ! ni plus, ni moins !
Si leurs promesses utopiques et source de non-création d'emplois vous font rêver, voter donc selon leurs consignes de vote... mais si leurs consignes de vote sont rejetées par une majorité d'électeur, il faudra se plier à la majorité et accepter la décision majoritaire ... c'est ça, la démocratie !
Il est vrai que Martinez préfererait la dictature du peuple (donc la sienne) : si on vote en sa faveur, il veut bien être démocratique... sinon il s'opposera par tous les moyens à la majorité !!?
a écrit le 30/08/2016 à 20:16 :
La CGT ne roule que pour elle : Si elle ne veut pas de la loi travail, c'est parce que les accords d'entreprise lui font perdre de l'influence (elle n'est représentée qu'au niveau des branches) et en raison de règle sur la représentativité syndicale, si la loi travail passe, elle perd de la représentativité et donc des fonds publics. CQFD...
La CGT ne roule que pour elle, même si elle doit ruiner des travailleurs, des entreprises ou le pays.
a écrit le 30/08/2016 à 20:16 :
La CGT ne roule que pour elle : Si elle ne veut pas de la loi travail, c'est parce que les accords d'entreprise lui font perdre de l'influence (elle n'est représentée qu'au niveau des branches) et en raison de règle sur la représentativité syndicale, si la loi travail passe, elle perd de la représentativité et donc des fonds publics. CQFD...
La CGT ne roule que pour elle, même si elle doit ruiner des travailleurs, des entreprises ou le pays.
Réponse de le 31/08/2016 à 0:58 :
Je demande le licenciement de ce monsieur et après il pourra aller voir la cgt..
a écrit le 30/08/2016 à 20:02 :
FN CGT PC ces trois là sont identiques hormis le fait que la cgt soit la filiale financière, si, si financière de ce petit parti antidémocratique le pc, vieux parti de vieux conservateurs englués dans une idéologie stalinienne et ses dizaines de millions de morts qui vont avec. FN et PC même discours sur l'Europe, l'euro, la mondialisation, les politiques, et autre populisme comme en 1933, eux sont des vierges effarouchées.....
a écrit le 30/08/2016 à 19:58 :
Le PCF va renaître.
La vision à la Fidel Castro de la France a encore de beaux jours devant elle...mais pas sûr que les français rigolent avec les dinosaures de la politique, le grand soir ne se fera pas sans larmes.
a écrit le 30/08/2016 à 19:25 :
afin de les faire participer, je propose qu'on leur colle des controles fiscaux aux CE qu'ils gerent, et qu'on recupere les 30 milliards de la formation ainsi que les chateaux des syndicalistes pour les donner a ' des gens qui n'en n'ont pas les moyens' ( moi, donc...)
Réponse de le 31/08/2016 à 0:49 :
Ben oui encore un qui parle sans savoir. Pour votre info les CE sont soumis au controle financier des commissaires aux comptes et doivent les faire valider. Donc très surveillé !
Pour les 30 milliards c'est une gestion paritaire co dirigé par des représentants des syndicats salariés et patronaux dont, et oui le policier qui surveille tout cela afin d'éviter que le patronat détourne l'issue, est la...CGT !
a écrit le 30/08/2016 à 19:21 :
Normalement il roule non pas pour les salariés mais pour le PCF en complète décomposition alors on peut penser qu'il roule pour notre Chavez national le triste sire grand profiteur d'argent public M. Mélenchon. On connaît l' admiration de ce dernier pour Chavez on peut voir l'avenir de la France sous le costume M. Mélenchon/ Martinez dans les filent d'attente, un remake des années de guerre avec la carte de rationnement . A moins que nous ayons puisque les politiques sont les mêmes M. Mélenchon/ Mme Le Pen/ M.Martinez un beau trio de la future misère. Mais chez ces gens la propagande est le pain de la misère soupe à l'eau.
Réponse de le 31/08/2016 à 0:53 :
La misère est déjà là, droite gauche c'est pareil...
Donc opter pour un charment de système politique est une bonne idée. Redonner le pouvoir au peuple..donc qui élire ? Voir programme !
a écrit le 30/08/2016 à 18:35 :
Les vacances de la CGT sont terminées, elle va reprendre son petit train train de gréves et manifestations...bref faire ce qu'elle sait faire de mieux : enquiquiner les gens !
Réponse de le 30/08/2016 à 19:57 :
... Si la CGT fesait le minimum de son travail, la loi el komeri serait déjà enterré... Les syndicats moderne travail plus pour les patrons et leur salaire prix dans les cotisation des syndiqué que pour les syndiqués et travailleurs... Pourquoi n'ont ils pas fait bloqué l'intégralité du pays pour éviter cette loi? Et aujourd'hui ils nous en recause... C'est une blague j'espère..
Réponse de le 31/08/2016 à 0:56 :
N'importe quoi, 4 mois dans la rue, des appels la grève partout en France, dès analyses et des études sur le site de l'ugict, des occupations nuit debout... et vous dites que rien n'a été fait, vous étiez où ? Des une grotte !
a écrit le 30/08/2016 à 18:14 :
Qu'il se présente aux présidentielles alors, ou qu'il se contente de son role de bras armé du PS dans le cas contraire. Je trouve que tous ces comiques qui prétendent défendre les droits des pauvres en votant Hollande en finale sont des pantins :-)
Réponse de le 30/08/2016 à 20:00 :
En 2012 la plupart des vote pour Hollande n'étaient pas des vote POUR Hollande, mais CONTRE Sarkozy !!! Le dernier président élu pour le souhait de la population remonte à Mitterrand... C'est affreux à dire mais malheureusement pour nous cela prouve l'inutilité de la 5ème république et sa fin...
a écrit le 30/08/2016 à 17:09 :
Le grand frère de "ses pauvres" revient avec son programme d'assistante sociale, et son économie partageuse avant de produire, fausse compassion et vraie rentes syndicales ne font pas bon ménage avec productivité et création de valeur, mais en bon peintre du "miracle communiste" (celui qui fait régulièrement des désastres recommencés) il va remettre une bonne couche d'assistanat redistribué avec de l'argent emprunté, et gageons qu'il y aura des idiots pour le croire.
a écrit le 30/08/2016 à 16:58 :
Votre titre est étrange: quelle idée de mettre "CGT" et "débats" dans la même phrase.

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