Vers un droit du travail propre à chaque entreprise ?

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Au milieu des importantes annonces de Manuel Vall du 8 avril pour favoriser l'investissement, une décision du Premier ministre est un peu passée inaperçue...
Au milieu des importantes annonces de Manuel Vall du 8 avril pour favoriser l'investissement, une décision du Premier ministre est un peu passée inaperçue... (Crédits : © Charles Platiau / Reuters)
Manuel Valls a décidé de lancer un nouveau chantier: comment renforcer la place "des accords d'entreprise" dans les relations sociales? Son idée serait de faire de l'accord d'entreprise la principale norme du droit du travail. Analyse.

Au milieu des importantes annonces de Manuel Vall du 8 avril pour favoriser l'investissement, une décision du Premier ministre est un peu passée inaperçue. Pourtant, elle pourrait déboucher sur de très grands changements dans le fonctionnement du marché du travail et bousculer la vie de millions de salariés. Manuel Valls a en effet décidé de confier une mission au haut fonctionnaire Jean-Denis Combrexelle - ancien directeur général du travail et actuel président de la section sociale au Conseil d'Etat - afin de « renforcer la place des accords d'entreprises », sans toutefois, selon Matignon, "supprimer de texte dans le code du travail".
Jean-Denis Combrexelle est concrètement chargé de mener un "groupe de réflexion" qui rendra ses conclusions fin septembre en vue d'une conférence avec les partenaires sociaux "à l'automne".
L'objectif sera, bien entendu, de trouver les moyens d'accorder plus d'autonomie aux accords collectifs d'entreprise afin de faire davantage « coller » le droit du travail avec les réalités du terrain. L'idée est dans l'air du temps. Elle a même ses thuriféraires, en l'occurrence l'avocat Jacques Barthélémy et l'économiste Gilbert Cette - auteurs de nombreux écrits sur cette question - qui ont justement l'oreille, heureux hasard, de Manuel Valls.
Récemment, Capstan Avocats, le plus important cabinet français d'avocats en droit social pour les entreprises, a publié un « Manifeste pour l'emploi » préconisant aussi de faire prévaloir l'accord d'entreprise sur toutes les autres normes.
Ce courant de pensée ne peut que séduire un Manuel Valls et ses conceptions sociales libérales.


L'accord d'entreprise comme norme principale du droit du travail

En résumé, les tenants du « tout à l'accord d'entreprise » estiment que seuls les droits fondamentaux intangibles (égalité entre les femmes et les hommes, droit à se syndiquer, droit aux congés payés, etc.), relevant de l'ordre public, devraient rester du domaine de la loi. A cet égard, le cabinet Capstan va encore plus loin en imaginant que l'accord d'entreprise pourrait même prévoir les modalités entourant le licenciement d'un salarié.

Pour les promoteurs des accords d'entreprise il conviendrait donc que la loi permette nettement plus que maintenant - c'est notamment le cas en matière de durée du travail - aux accords d'entreprises de déroger aux dispositions légales. Ils souhaitent aussi qu'il soit rendu pus aisé qu'actuellement à ces mêmes accords d'entreprise de déroger à un éventuel accord de branche et pas nécessairement dans un sens plus positif pour les salariés. C'est ce que l'on appelle « l'inversion de la hiérarchie des normes ». Auparavant, le principe de la hiérarchie des normes en droit du travail était un véritable dogme : plus une norme était proche du salarié, plus elle devait lui être favorable.

Dit autrement, le contrat de travail devait être plus avantageux pour le salarié que l'accord d'entreprise, lui-même plus favorable que l'accord de branche et lui-même plus favorable que la loi. Depuis une trentaine d'années - les premières exceptions ont été prévues dans les lois Auroux de 1982 - ce principe de la hiérarchie des normes n'est plus intangible, il souffre d'exceptions. Les dernières en date, par exemple, concernent les accords dits de « maintien de l'emploi », permis par la loi sur l'emploi de juin 2013 (elle-même issue de l'accord national interprofessionnel du 11 janvier), qui peuvent prévoir des baisses de rémunération. Ces accords sont non seulement moins favorables que les accords de branche mais ils s'imposent aussi au salarié qui ne peut invoquer son contrat de travail pour les refuser. Il n'a le choix qu'entre accepter... ou être licencié.

L'autonomie de l'accord d'entreprise par rapport à la loi qui ne serait que supplétive

Les « pro accords d'entreprise » veulent aller plus loin dans l'inversion de la hiérarchie. L'autonomie de ce type d'accord par rapport à la loi ou à l'accord de branche ne doit plus être l'exception mais la règle. Le droit à déroger, même dans un sens moins favorable aux salariés, doit être généralisé. Et ce au nom du pragmatisme - un mot cher au Premier ministre - qui doit autoriser le droit du travail à s'adapter aux réalités du terrain. Ainsi, il reviendrait au seul accord d'entreprise de fixer les règles en matière de durée du travail, d'organisation du travail, etc. En quelque sorte, l'accord d'entreprise serait la norme principale. C'est seulement à défaut d'accord d'entreprises que l'éventuel accord de branche, voire la loi, retrouveraient leur force. En d'autres termes, ces deux autres normes deviendraient supplétives.


Des accords qui devraient être majoritaires

Mais pour que l'accord d'entreprise devienne l'Alpha et l'Omega il faut lui donner une légitimité incontestable. Pour cette raison Jacques Barthélémy et Gilbert Cette militent pour une généralisation de "l'accord majoritaire". C'est-à-dire qu'un accord pourrait s'imposer à tous les salarié dès lors qu'il a été signé par un ou des syndicats représentant au moins la moitié des salariés. Le seuil de 50% s'appréciant en fonction des résultats aux dernières élections professionnelles, maintenant que les règles de la représentativité syndicale ont été totalement repensées. Le cabinet Capstan, lui, va encore plus loin en suggérant que l'accord collectif puisse être validé par la voie référendaire auprès de tous les salariés lorsque « la négociation syndicale conduit à un blocage ».
En quelque sorte donc, il faudrait mettre fin à l'unicité - d'ailleurs très relative - du droit du travail pour instituer autant de droits du travail qu'il y a d'entreprises.
L'idée de faire confiance au contrat (l'accord collectif) davantage qu'à la loi pour définir les relations sociales sur le « terrain » peut éventuellement séduire - le syndicat CFDT est notamment sur cette ligne-, même si elle pose un certain nombre de questions. En revanche, la priorité absolue donner à l'accord d'entreprise peut déboucher sur des problèmes extrêmement profonds.


Vers une distorsion de concurrence?

D'abord, il convient de rappeler que les fonctions du droit du travail sont non seulement la défense des salariés mais aussi de fixer des règles concurrentielles à peu près égales entre les entreprises en les soumettant aux mêmes obligations sociales. Or, avec la primauté de l'accord d'entreprise, ce ne serait plus le cas. Il y aurait une distorsion de concurrence totale entre une entreprise qui serait parvenue à un accord interne et une autre qui aurait échoué et resterait donc soumise à la loi ou à l'accord de branche.
Par ailleurs, les organisations patronales ainsi qu'un certain nombre d'économistes, de juriste et de « politiques » sont obnubilés par la simplification du droit du travail. Mais parviendra-t-on réellement à ce scénario en multipliant les « droits du travail »? En cas de conflits, les tribunaux compétents vont s'arracher les cheveux à décrypter, assimiler et comprendre le contenu de chaque accord d'entreprise afin de rendre la justice de façon équitable. Sachant que ce qui sera vrai pour une entreprise ne le sera plus forcément pour une autre...
On le voit, le « tout accord d'entreprise » n'est peut-être pas aussi simple que cela à réaliser. Ce principe pose beaucoup de questions en termes d'équité, d'efficacité, de faisabilité... La mission Combrexelle a du pain sur la planche avant de remettre ses recommandations en septembre.

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Commentaires
a écrit le 10/04/2015 à 8:04 :
On vous trompe car tout n'est pas dit.... Les accords se font au niveau des établissements et pas au niveau des sociétés. Cela veut que dans une même société comptant plusieurs établissements, vous aurez des modalités différentes et que les salariés seront soumis a des règles différentes ce qui amène l'inégalité de traitement. ...
a écrit le 10/04/2015 à 2:09 :
"A cet égard, le cabinet Capstan va encore plus loin en imaginant que l'accord d'entreprise pourrait même prévoir les modalités entourant le licenciement d'un salarié." : Pratique... Les 51%, acceptez vous que les 49% restant soient virés sans aucune compensation?
On voit déjà ce que ça donne entre CDI, CDD, intérimaires, etc.
a écrit le 09/04/2015 à 19:12 :
Ben voyons, c'est toujours la bonne stratégie de fragmenter le plus possible la société en micro chapelles. Déjà qu'il était peu simple de se comparer, à métier équivalent, entre salariés d'entreprises différentes... Peut-être que tous ces beaux penseurs pourraient se pencher "vraiment" sur le nettoyage du code du travail existant, comme d'aucuns l'ont déjà suggéré, afin de le rendre lisible et simple à appliquer. Mais bon, c'est sûrement trop compliqué...
a écrit le 09/04/2015 à 18:31 :
ça ce serait un peu injuste avec encore plus qu'aujourd'hui des salariés très protégés (fonction publique et grande entreprise) et d'autres précarisés (TPE, PME)
a écrit le 09/04/2015 à 17:41 :
C'est ce que l'on nomme en théorie libérale une dérégulation "à froid" qui produit des élans de chaleur bien compréhensibles et surtout très très nocifs...pour tout le monde.
Quelle absurdité, quel aveuglement, comment peut-on être autant à la solde d'un patronat déjà obsolète et se dire " de gauche"...? De la "novlangue" en pire car elle est ce que nous vivrons, imposé par ceux qui nous vassalisent.
a écrit le 09/04/2015 à 13:47 :
J'ai accepté de donner ma montre à un braqueur qui me mettait un pistolet sur le front! Libre consentement? Accord majoritaire de don? Comment Valls appellerait cela?

J'accepterai de signer n'importe quel accord avec mon patron qui me menacera de plan social! Et il le fera comme tous les autres pour financer son Porsche Cayenne!

Ne pas comprendre que fondamentalement il y a un déséquilibre entre l'employeur et le salarié et que l'idée même d'accord dans le cadre du travail est une absurdité, est une raison suffisante pour exclure Valls du PS.

Actuellement les employeurs imposent souvent des heures sups non rémunérées, des rtt posés mais travaillés, du travail au noir, et souvent exigent que les salariés commettent des infractions pénales dans le cadre du travail...

Et dans ce contexte il croit en une négociation?
Réponse de le 09/04/2015 à 15:00 :
Avant de résoudre les déséquilibres entre employeur et salarié (on a autant intérêt l'un que l'autre que la boîte tourne sinon c'est qu'on est encore au XX° siècle avec la lutte des classes et là c'est un cas désespéré), on ferai bien de régler les déséquilibres entre les salariés et les chômeurs, car eux on ne les entend jamais et jamais les syndicats ne les défendront.
Réponse de le 09/04/2015 à 17:40 :
@gringo: tu décris un système fondé sur la corruption à grande échelle qui est bien reel en France....mais que les gens acceptent dans l'espoir qu'on leur jette une cacahuète ou un petit privilège. On devrait peut-être commencer par changer le système en virant la très grande majorité des politiques actuels, non :-)
Réponse de le 09/04/2015 à 18:06 :
Les déséquilibres entre chômeurs et salariés existent, tout comme entre contrats précaires et CDI/fonctionnaires.

La résolutions des ces inégalités ne résoudra pas grand chose, car ces inégalités sont liées à la nature même du travail et des besoins des employeurs. Pour dire les choses autrement, mettre en place des cdi sans protection avec du temps partiel imposé et mal payés pour les millions de français sans qualifications, ne changera pas fondamentalement les déséquilibres profonds entre salariés.

Je suis bien payé, car je suis en bonne santé et que je peux vendre mes compétences chèrement, en CDI, CDD, ou en tant qu'indépendant... peu m'importe la nature du contrat (pour l'instant)!
J'ai connu le chômage, et le travail précaire à une époque.

La solution au chômage passe à long terme par l'élévation des qualifications (école, formation tout au long de la vie) et à court terme par une stimulation de la demande (par la consommation, l'investissement public et privé, la dépense publique et les exportations).

Il y avait 2 à 3 millions de chômeurs en moins sous Jospin avec un droit du travail bien plus protecteur!
a écrit le 09/04/2015 à 12:07 :
Correctif a mon post précédent.... Je crois qu on est dans du pur delire techno a la française..genre mille feuilles.....mais en pire
La c est sur, im n a plis personne qui embauche.... Il va falloir que politiques, et chefs d entreprise se remettent a penser..
a écrit le 09/04/2015 à 12:04 :
Toutes ces personnes qui veulent le retour du servage sont les premiers à ne jamais être concerné par la précarité et leur règle qu'ils imposent aux autres.
Le code du travail est là pour protéger des abus de la part des entreprises qui n'ont toujours pas finit la lutte des classes.
A quand la précarisation du job de politicien?! Non c pas une bonne idée Manuel?! Populiste?!....
Le retour des brigades rouge, voilà ce que vont réussir les socialos néolibéraux, leur seul réussite de leur mandat, pire que la droite il faut saluer le niveau
Réponse de le 09/04/2015 à 14:38 :
Absolument. En mettant meme l'entreprise en danger si il faut!
Donc nous avons licencié nos trois salariés, et maintenant nous n'abusons plus d'eux. Ils sont libres.
Et moi aussi.
Super -)
Réponse de le 09/04/2015 à 14:41 :
Absolument. En mettant meme l'entreprise en danger si il faut!
Donc nous avons licencié nos trois salariés, et maintenant nous n'abusons plus d'eux. Ils sont libres.
Et moi aussi.
Super -)
Réponse de le 09/04/2015 à 20:28 :
Vus êtes quand même très contradictoire : vous reprochez à l'ensemble des employeurs d'exploiter leurs salariés... et vous leur reprocher de ne pas faire souffrir plus de salariés en les embauchant !!! Allez... dorénavant soyez cohérent : allez donc crier "vive le chômage et la liberté que ça procure aux chômeurs" devant pôle emploi !!! (et n'oubliez pas de préciser votre positionnement politique, ça devrait plaire aux 5,000,000 de chômeurs)
a écrit le 09/04/2015 à 11:55 :
il sont inocents tous ces socialites qui veulent change le code du travail,? il non jamais jamais ouvert un code du travail,? LE CODE A ETE FAIT AVEC UNE SUCSEXTION D AMENDEMENT D ANNEE EN ANNEE AVEC LES LUTTES SYNDICALES CAR LE PATRONNAT NE LACHE LE CORDON DE LA BOURSE QUE S IL EST OBLIGE? ET ACTUELLEMENT LES GROSSES ENTREPRISSES OU IL Y AVAIS DES LUTTES SYNDICALES DISPARAISENT ET AVEC EUX LE SYNDICALISME OUVRIERS DONC ?LES SEUL ACCORD QUI PEUT Y AVOIR RESTE LES LOIES? C EST POUR CELA QUE LES SOCIALISTES DOIVENT SE MEFIER DES SIRENNES PATRONNALES QUI VEULENT ELIMINEES DES LOIES ACQUISSENT PARS LES LUTTES SYNDICALES PARFOIES TRES DUR ET DE NONBREUX SACRIFICES MEME AUX PRIX DE LICENCIMENT D OUVRIERS ET DE SYNDICALISTES ? J AI VUE ET VECUE TOUS CELA?? L EVOLUTION DE LA SOCIETE NE DOIT PAS SE FAIRE SOUS LA CONTRAINTE SINON CELA DEVIENT UNE DICTATURE???
a écrit le 09/04/2015 à 10:40 :
Ceci semble aberrant : le droit du travail est aussi là pour donner les mêmes règles du jeu à chaque entreprise, afin que les moins performantes soient éliminées. Si on favorise les entreprises qui travaillent mal, mais qui ont pu signer des contrats permettant de ne pas payer les salariés, on va à l'encontre du système libéral. Les règles du jeu doivent être les mêmes pour toutes, et les mieux gérées, les plus productives, celles-qui ont les meilleurs produits survivent.
Réponse de le 09/04/2015 à 11:13 :
D'autant plus que les faits nous prouvent que depuis que le code du travail s'assoupli, la situation économique de la France se dégrade. Un salarié insatisfait de ses conditions de travail devient un véritable boulet pour l'entreprise. Les pays qui ont un code du travail faible ne sont pas ceux qui ont la meilleur croissance. Ou alors leur croissance est éphémère.
Réponse de le 09/04/2015 à 13:17 :
et l Allemagne? La Suède? Le Canada? La nouvelle Zélande? Un commentaire?
Réponse de le 10/04/2015 à 9:03 :
Commentaire : La situation de l'Allemagne a été éphémère, et la situation se dégrade inexorablement. Malgré l'importation d'une main d'oeuvre étrangère, les chiffres de l'OCDE et du FMI sont pessimistes pour l'avenir de l'Allemagne, à cause entre autre du vieillissement de la population. Le taux de chômage au Canada est en baisse depuis 1992, malgré une assurance sociale exemplaire. En Suède, malgré la réforme des prestation chomage au 1er juillet 2008, le chomage a continué d'augmenter. Les réformes n'ont rien apportées au marché du travail... Quand ça veut pas, ça veut pas ! Concernant la Nouvelle Zélande, c'est la politique monétaire qui a sauvé leur économie, pas des réformes du marché du travail placebo. Même les pays les plus flexibles socialement ont été très touchés par la crise. Donc la performance d'un pays n'a rien à voir avec la "flexibilité" du marché du travail.
a écrit le 09/04/2015 à 10:38 :
Quid d'accord d'entreprise dans les TPE? Quand le patronat refuse d'y voir des représentants du personnel? Il y aura possibilité d'accord encore pour ceux qui ont un peu mieux d'avantage c'est à dire les grandes entreprises...C'est pourquoi le code du travail doit rester un intrument d'égalité et empécher les abus patronaux. Le code du travail par les textes qui garantissent des droits aux salariés, rétabli l'équilibre entre ceux-ci et le pouvoir exorbitant du chef d'entreprise.
a écrit le 09/04/2015 à 9:06 :
Du grand n'importe quoi. La manière déguisée de donner les pleins pouvoirs aux patrons...Déjà que le taux de formation juridique des DS est ridicule, si on n'exige pas un niveau minimum de competence pour etre nommé, on va voir des entreprises aux 45 h et d'autres aux 30 h sans parler de toutes les violations du droit que l'on constate déjà aujourd'hui. Quand on nomme des DS "sachant se faire comprendre" comme à la Cgt, on peut s' attendre au pire!
a écrit le 09/04/2015 à 9:05 :
il est prouvé que même la cgt signe une grande majorité d accord en entreprise. Le dialogue national c est du théâtre et on a plus de temps pour le spectacle en la matière. Ça posera nécessairement des difficultés et des discussions mais ça va dans le bon sens. Sur le terrain le patron et ses salariés ont une vision plus commune de ce qui est bon pour eux. En Allemagne on appelle ça la cogestion et ça marche depuis longtemps. A mon sens il faut également rendre la syndicalisation obligatoire pour permettre de bénéficier des accords. Ça démocratiserait le système et impliquerait encore plus les salariés. Ce gouvernement ouvre de vrais sujets ça change du pain au chocolat et de la viande halal...
a écrit le 09/04/2015 à 8:08 :
Et les problèmes que cela va poser au salarié, l'article n'en parle pas ? Quand on change d'entreprise, ce qui arrive plus souvent qu'on le souhaiterais, combien de temps lui faudra-t-il pour assimiler le code spécifique à l'entreprise ? Pendant ce temps d'adaptation, il aura toutes les chances d'être "hors la loi" sans le savoir. Déjà que changer de convention collective entraîne des surprises très désagréables (planning, cotisations...), alors un droit à la carte, c'est l'anarchie totale qui va générer plus de conflits qu'il ne va en résoudre...
a écrit le 08/04/2015 à 23:14 :
40 000 robots en France... 160 000 en Allemagne.... La compétitivité est la, pas uniquement dans le démantèlement du droit du travail... En Allemagne, on réinvestit les bénéfices. En France, on les distribue. Ztc etc
Réponse de le 09/04/2015 à 9:36 :
Malheureusement, en moyenne, les taux de marge des sociétés françaises étant inférieures de plus de 10 points par rapport aux allemandes ; en France on ne ré-investit pas les bénéfices parce qu'on ne fait pas (assez) de bénéfices...
Réponse de le 09/04/2015 à 9:52 :
@curieux37: 1) les gens qui touchent des dividendes les réinvestissent, pas forcément en France c'est vrai, mais c'est aussi le cas en Allemagne, car les entreprises cherchent à maximiser les profits en investissant par exemple dans des pays où la main-d'oeuvre est quasi gratuite ou l'imposition pratiquement nulle. 2) on peut en effet tout robotiser, mais où va-t-on trouver du travail ? Les gens ont aussi besoin de payer leurs factures et de vivre une vie décente et normale.
Réponse de le 09/04/2015 à 10:20 :
Ce que je constate, c est que les allemands ont maintenu oj développé l emploi industriel....nous on l,a,délocalisé ..... Et les salaries allemands dans l industrie ont des salaires plus importants qu en,france. Curieusement, les syndicats sont présents réellement dans les ca....et bien,souvent, mes Landers ds le capital
a écrit le 08/04/2015 à 22:01 :
On attend de voir ce que la CFDT ,trés proche du PS pour ne pas dire plus ,va en dire !Dans toute l'histoire du PS on a jamais vu un ministre aussi à droite, aussi proche des theses du Medef et de la droite .............
Réponse de le 09/04/2015 à 12:57 :
EXAT? PS CEDT C EST LA MEME CHOSSE???
a écrit le 08/04/2015 à 21:31 :
6 000 000 de chômeurs . Les patrons et employés à égalité pour négocier . Ignominie !!!!
Jusqu’à quand ..........
a écrit le 08/04/2015 à 21:26 :
1ère réforme évidente et qui va dans ce sens : lorsqu'il y a convention collective de branche, celle-ci doit annuler et remplacer le code du travail, et non se rajouter ! On ne doit pas avoir à gérer les deux, chaque contradiction étant toujours en défaveur de l'employeur : exemple perso, j'en ai été à devoir payer 2 lundi de pentecôte sur une même année !!
a écrit le 08/04/2015 à 20:42 :
Les syndicats ne doivent plus être partenaires sociaux, j'en ai marre de ce terme qui consiste à baisser son froque. L'heure du bras de fer à sonner.
a écrit le 08/04/2015 à 20:19 :
Déjà, quand on fait le point, on voit que : 1) les Droits de l'Homme ont été flingués à croire qu'ils n'ont jamais existé. 2) les valeurs de solidarité de patriotisme crées par le CNR (Conseil National de la Résistance) se sont tellement fait bouffer que la privatisation montre leur destruction. 3) la Laïcité est devenue tellement théorique qu'elle en est idéale. (dans le sens de Rimbaud, soit inexistante...) 4) les états quels qu'ils soient ne craignent qu'UNE chose : la colère des plus riches. Alors, à partir de là, vu la féodalité du système, autant revenir directement à ce qui est recherché soit, l'esclavagisme. Et nous le voyons dans le salaire qui est : logé, nourri, ... rien d'autre.
Réponse de le 09/04/2015 à 14:18 :
Si les droits de l'homme existe si 1) vous n'avez pas le malheur d'avoir la peau trop pâle 2) si vous êtes un malfrat, voleur, cambrioleur, tueur etc d'origine étrangère 3) pauvre et mais pas pâle.

Si vous avez la peau trop pâle, vous serez la personne accusée de tous les maux du monde et aucune association ne vous aidera.
Réponse de le 09/04/2015 à 15:15 :
Si les droits de l'homme existe si 1) vous n'avez pas le malheur d'avoir la peau trop pâle 2) si vous êtes un malfrat, voleur, cambrioleur, tueur etc d'origine étrangère 3) pauvre et mais pas pâle.

Si vous avez la peau trop pâle, vous serez la personne accusée de tous les maux du monde et aucune association ne vous aidera.
a écrit le 08/04/2015 à 19:48 :
Bon, c'est sûr que de cette manière le gouvernement va dégager sa responsabilité en disant que "c'est pas moi, c'est l'entreprise", mais quelle gabegie à prévoir. 1) on fait fi de l'égalité des citoyens puisque certains seront plus égaux que d'autres. Pour rester logique, Valls aurait tout simplement dû supprimer le code du travail, mais c'eût été une levée de bouclier générale et en bon politique, il n'a pas voulu trop se mouiller, car c'est sa réélection qui en aurait pâti :-) Encore un peu et la France sera complètement démantelée !!!
a écrit le 08/04/2015 à 19:33 :
Et ça, ça ressemble de près ou de loin à ce pour quoi Hollande a été élu ? La post-démocratie gagne du terrain chaque jour en europe.
a écrit le 08/04/2015 à 18:14 :
Finalement la gauche fera les réformes que la droite aurait du faire il y a 10 ans!
Réponse de le 08/04/2015 à 20:33 :
"La gestion de l'économie n'est ni de gauche ni de droite, elle est bonne ou mauvaise, ce qui compte c'est ce qui marche" Tony Blair à l'Assemblée Nationale en 1998. Cette fausse alternance qui balade les français passionnés de politique est une farce qui tourne au drame avec 50% d'abstention et 25% de FN. Vous avez raison sur le constat, je vote depuis 32 ans je n'ai jamais voté "à gauche" mais je constate que les 2 seuls réformateurs crédibles dans ce pays sont au gouvernement: jusqu'à quand ???
a écrit le 08/04/2015 à 18:13 :
Évidemment ça ne fera pas ou alors avec une usine a gaz
a écrit le 08/04/2015 à 17:41 :
Comme souvent en France, l'idée est séduisante mais sa traduction dans les faits suscite des craintes en terme de complexité et sur un plan purement légal. Aborder ce chantier sans faire le diagnostic des sources de blocage du dialogue social (non représentativité des organisations patronales et des syndicats, dialogue miné par la lutte des classes plus que par l'intérêt de l'entreprise), c'est déjà partir dans une mauvaise direction. Le pêché originel c'est cette religion du dialogue social. En Italie comme en Allemagne, les réformes du marché du travail ont été faites en dehors du dialogue social. Ces pays ne sont pas aux dernières nouvelles des dictatures infréquentables.
Réponse de le 09/04/2015 à 13:04 :
EN ALLEMAGNE LES PAUVRES SONT BEAUCOUP PLUS PAUVRES QU EN FRANCE CAR AVEC LEURS CONSENSUCE SE FAIT TOUJOURS SUR LE DOS DES PLUS FAIBLES ? EN FRANCE ONT PREND LE MEME CHEMIN C EST DESOLENT???
Réponse de le 09/04/2015 à 13:28 :
Le taux de pauvreté en France est de 14% pour 15,5% en Allemagne, ça fait 1,5% de différence pour moitié moins de chômeurs en pourcentage. La vrai injustice, c'est d'être privé de travail, la vrai pauvreté, c'est l'absence d'espoir d'en retrouver. Et ça continue: UN CHOMEUR SUPPLEMENTAIRE EN FRANCE CHAQUE MINUTE !!!

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