Chine : l'inflation s'accentue mais n'efface pas les craintes

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Principale jauge de l'inflation dans le pays, la hausse des prix à la consommation s'était établie 1,5% en novembre.
Principale jauge de l'inflation dans le pays, la hausse des prix à la consommation s'était établie 1,5% en novembre. (Crédits : © China Daily China Daily Infor)
L'inflation sur un an s'est établie à 1,6% en décembre mais la baisse pour le 46e mois d'affilé des prix à la production ravive les craintes de voir une situation de déflation s'installer au sein de la deuxième puissance économique mondiale.

L'inflation s'est légèrement accentuée en décembre, à 1,6% sur un an comme prévu, mais les prix à la production ont encore baissé le mois dernier, selon des chiffres officiels publiés samedi 9 janvier par le Bureau national des statistiques (BNS). Une évolution qui ravive les craintes de voir une situation de déflation s'installer au sein de la deuxième puissance économique mondiale.

Très en deçà de l'objectif du gouvernement

Principale jauge de l'inflation dans le pays, la hausse des prix à la consommation s'était établie 1,5% en novembre. Sur l'ensemble de l'année 2015, l'inflation a été de +1,4%, toujours selon le BNS, soit un chiffre très en-deçà du niveau-cible d'"environ 3%" que s'était fixé Pékin.

Signal inquiétant : l'indice qui mesure l'évolution des prix à la vente à la sortie d'usine (prix à la production) a reculé en décembre pour le 46e mois consécutif, plongeant de 5,9% sur un an, soit le même chiffre que le mois précédent. Cette chute prolongée des prix producteurs ont entamé aussi bien les bénéfices que la confiance des entreprises, la demande mitigée les ayant contraintes de baisser leurs prix pour emporter de nouvelles affaires.

Inquiétude sur la croissance chinoise

La publication samedi de ces nouveaux indicateurs intervient au moment où les tentatives maladroites du gouvernement pour contrôler sa monnaie et ses marchés financiers ont semé la panique chez les investisseurs du monde entier.

Les investisseurs sont inquiets du ralentissement économique chinois entre autres, alors que le chiffre attendu de la croissance 2015 devrait être de 6,9% selon la banque centrale chinoise (PBOC), son niveau le plus bas depuis un quart de siècle.

(avec AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 10/01/2016 à 15:36 :
Entre inflation hier vomie, aujourd'hui recherchée et déflation accusée de tous les maux, il y a ce juge redoutable de la comptabilité à partie double. Les Chinois l'ont compris à en juger la vitesse de leur réveil et de leur promotion. Aller dans leur sens est plus avantageux et facile qu'aller en sens inverse dans la déflation des niveaux de vie avec celle des coûts de l'homme. Cela ferait-il rire jaune ?
a écrit le 09/01/2016 à 14:16 :
Les occidentaux ont "ouvert" la Chine avec des conditions ultra avantageuses souvent évoquées sur ce fil, dans l'idée d'un développement du pays identique au leur, à savoir une élite qui tire la masse. Ce processus devant aboutir in fine à l'asphyxie économique du pays. Le principe d'origine en est simple : le partage de la richesse produite entre Chine et occidentaux contre les avantages évoqués; le même partage n'ayant pas lieu ou très marginalement avec le produit des économies occidentales. L'étouffement reste alors une simple résultante mathématique. Las, les chinois ont leur conception de leur devenir, nous sommes en train de le découvrir ou faisons semblant de le faire. C'est celle du développement harmonieux qui vise à réunir les 400 millions de personnes en pointe avec les 700 millions en grand retard, pour cela ils freinent les premiers en accélérant les seconds. Cet effet a pour premier résultat de rapidement dégonfler la dette qui est de 3 sur PIB. Ensuite cela met la Chine hors de porté de visées économiques simplistes portées des plus grandes entreprises étrangères : le pays se développe pour lui-même et non plus pour les autres et donc ses marchés deviennent progressivement exclusifs de fait , non sans d'ailleurs respecter les engagement de commerce signés. L'inflation qui est voulue modeste et contrôlée permet l'urbanisation, synonyme de développement, de près de 20 millions de personnes par an avec un objectif accélérateur visant à doubler ce chiffre. L'horizon est en effet à 14 ans désormais, qui verra la Chine devoir se plier à toutes les contraintes normales du commerce mondial, ce qui n'est pas le cas actuellement. Elle le fera avec son bon milliard de citoyens portés à un fort niveau de PIB par habitant, environ la moitié du notre, c'est un objectif, c'est à dire avec encore une marge de progression alors que nous devrons faire face à l'obligation d'une régression plus grande pour égaliser ces vases communicants. On voit que l'arme de la baisse des prix du pétrole n'est pas de trop pour que nous puissions atteindre ce seuil bas, ce affaiblit en même temps les marges chinoises comme je l'ai expliqué sur ce fil. Notre problème occidental est donc de densifier nos entreprises par des fusions, masquant ainsi l'effort nécessaire de régression économique. Nos "craintes" sont donc liées à ce mécanisme global plus qu'a des inquiétudes sur les bourses chinoises ou des problèmes d'ajustement économiques propres à la Chine. Bien entendu les spéculateurs boursiers avancent de multiples explications pour justifier de la démarche, c'est un tout autre problème que celui de l'économie réelle. Il s'avère donc qu'il est fortement nécessaire d'envisager rapidement d'autres relais de croissance mondiaux d'autant que la Chine compte engloutir les activités de Taïwan et de la Corée du Sud, un temps ses intermédiaires avec le reste du monde. La possibilité de réviser pour les réévaluer les taux de change mondiaux au moyen d'un plancher monétaire pour les plus faibles permettrait plus de justice économique tout en faisant émerger ces relais attendus.

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