Comment les sondages ont échoué à prédire la victoire de Trump

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Seuls Fox News et LA Times ont utilisé des sondages qui prédisaient la victoire de Donald Trump alors que les méthodologies employées par ces derniers étaient peu fiables.
Seuls Fox News et LA Times ont utilisé des sondages qui prédisaient la victoire de Donald Trump alors que les méthodologies employées par ces derniers étaient peu fiables. (Crédits : Real Clear Politics)
La grande majorité des instituts de sondage américains n'ont pas réussi à prédire l'issue de l'élection présidentielle. La fiabilité des résultats annoncés par les sondeurs est encore une fois remise en cause.

Les projecteurs sont une nouvelle fois braqués sur les instituts de sondage qui ont jusqu'au dernier moment annoncé la victoire d'Hillary Clinton. Des sondages et de nombreux médias en France et en Europe ont également déclaré à plusieurs reprises que le milliardaire ne pourrait pas accéder à la Maison Blanche affirmant même que "Trump ne peut pas gagner, c'est mathématique." Reuters annonçait encore mardi 8 novembre que Clinton avait 90% de chances de gagner.

La débâcle des sondages

Jusqu'à la veille de l'élection,  la plupart des sondages ont indiqué qu'Hillary Clinton était en tête malgré l'affaire des e-mails qui a plombé la fin de sa campagne avant d'être blanchie il y a quelques jours. L'entreprise Real Clear Politics qui agrège différents types de sondages et collabore avec plusieurs médias indiquait qu'Hillary Clinton allait gagner avec 3,2 points d'avance.

Lundi matin, les prédictions donnaient deux points d'avance à la candidate démocrate. Le site Fivethirtyeight monté par l'ancien statisticien Nate Silver, pourtant réputé pour avoir eu des prédictions fiables lors des deux précédents scrutins présidentiels, donnait 30% de chances à Donald Trump d'obtenir la victoire contre 70% pour Clinton. Certains médias comme The Telegraph ont néanmoins fait leur mea culpa en annonçant qu'ils s'étaient appuyés sur des sondages peu fiables.

"Notre dernière projection de l'année est publiée! Clinton est à 71% favorite dans les sondages, 72% dans les sondages plus."

Quelques sondages avaient raison

Tous les sondages n'étaient pas forcément dans l'erreur. Seulement 10 sondages publiés sur l'agrégateur Real Clear Politics sur un total de 93 réalisés entre le 8 septembre et le 8 novembre avaient donné Trump vainqueur. Neuf d'entre eux ont été réalisés par LA Times/USC Tracking, un seul a été réalisé par Fox News. Pourtant Claire Durand, professeure de sociologie à l'Université de Montréal et accro aux sondages, avait écarté les sondages du LA Times de ses dernières études pour des raisons de méthodologie :

"J'ai d'ailleurs exclu le sondage du Los Angeles Times, qui ne m'apparaît pas d'intérêt : la pondération est très particulière, on ne demande même pas aux répondants pour qui ils comptent voter, mais s'ils ont une préférence, et en plus, les sondeurs n'utilisent qu'un seul et même échantillon depuis le début."

Par ailleurs, la méthodologie du LA Times qui a intéressé des médias comme le New-York Times, a fait l'objet d'autres critiques. Le journal new-yorkais a ainsi découvert que des échantillons étaient surreprésentés dans les résultats de l'enquête d'opinion. Ce qui pouvait largement biaiser les données présentées dans les sondages.

Les limites des sondages aux Etats-Unis

Les instituts de sondage aux Etats-Unis sont également confrontés à des difficultés particulières comme le fait que le président n'est pas élu directement par les citoyens mais par les grands électeurs dans chaque Etat. Un candidat peut ainsi être élu même s'il a obtenu moins de voix au niveau national. La nature du système électoral rend l'interprétation des résultats des sondages plus complexes et peut accroître le manque de fiabilité.

Par ailleurs, deux types de sondage d'opinion sont réalisés aux Etats-Unis. Les premiers prennent en compte les électeurs inscrits sur les listes électorales (registred voters) et les seconds s'intéressent aux électeurs "probables" (likely voters), qui seraient prêts à se rendre aux urnes le jour de l'élection comme le souligne Francetvinfo. Plus le scrutin approche et plus les instituts ont tendance à avoir recours à la deuxième catégorie, ce qui peut amplifier les incertitudes sur l'échantillonnage.

Enfin, même si n'est pas une spécificité des Etats-Unis, les marges d'erreur sont souvent négligées dans l'annonce des résultats. Et pourtant, elles peuvent amener les sondages à passer à côté des résultats.

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Commentaires
a écrit le 10/11/2016 à 9:24 :
"Les limites des sondages aux Etats-Unis"

En effet vu les modalités d'élection les sondages sont encore plus compliqués à mettre en œuvre qu'en France pays dans lequel ils se trompent bien souvent.

L'institut de sondage travaille par ailleurs pour des clients et on se doute qu'ils doivent faire leur maximum pour que les résultats plaisent à ces derniers.

Les sondages ne sont là que pour assoir les candidats de l'oligarchie permettant ainsi de rabâcher sans cesse ces noms dans la tête des gens endormis.
a écrit le 09/11/2016 à 15:19 :
Et bla bla bla...La majorité des sondeurs sont mauvais aux Etats-Unis. Point barre.
a écrit le 09/11/2016 à 14:17 :
Il y a sondage et sondage.Car il y a plusieurs niveaux d'information selon qu' elle destinée aux administrés ou aux décideurs.
La première catégorie concerne les sondages dont la finalité est d'orienter le vote en stimulant le comportement moutonnier.Ce sont ceux qui figurent dans les journaux grand-public.Celui qui sait lire derrière l'apparence a ri du niveau de médiocrité des médias grand-public, dans la tentative de manipulation des consciences.
La deuxième catégorie est par exemple celle que faisait traditionnellement les renseignements généraux en France.C'est sur la foi de telles approches que Obama et la cohorte de vedettes de Hollywood ont senti l'urgence d'inverser la tendance en utilisant le principe d'autorité.En vain.
Les corrompus et autres affairistes ont du souci à se faire en Occident car la majorité du public ne marche plus dans la combine.
Accrochez vos ceintures....

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