Présidentielle : le Medef présente ses doléances économiques et sociales

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Pour Pierre Gattaz, le président du Medef qui a présenté ses doléances économiques et sociales, François Fillon affiche le programme le plus pragmatique alors que sur Emmanuel Macron on a beaucoup d’oral mais pas beaucoup de programme.
Pour Pierre Gattaz, le président du Medef qui a présenté ses doléances économiques et sociales, François Fillon affiche le programme le plus "pragmatique" alors que sur Emmanuel Macron "on a beaucoup d’oral mais pas beaucoup de programme". (Crédits : Reuters)
Le Medef a présenté un "livre bleu" à destination de l'ensemble des candidats à la présidentielle où il résume toutes ses revendications économiques et sociales pour relancer la croissance et rétablir la "confiance" des entreprises.

Cette fois, c'est la bonne. Le Medef entre de plain-pied dans la campagne présidentielle en publiant son « livre bleu » intitulé « Le monde change, changeons la France ». En 170 pages, l'organisation patronale y résume toutes ses revendications à destination des candidats à l'élection présidentielle. Car pour le président de l'organisation, Pierre Gattaz, il ne devrait y avoir qu'un seul mot d'ordre pour le prochain locataire de l'Elysée : « Faire confiance aux entreprises, c'est la clé » et sans la confiance des entreprises , il ne sera pas possible de retrouver le chemin de la croissance. Or, pour le président du Medef, si l'on applique à la lettre les recommandations patronales, une « croissance de 2 à 3% par an serait possible (...). Sans confiance ni croissance, l'économie française a quand même réussi à créer 200.000 emplois » en 2016, alors « si on met un peu de confiance, c'est le mot magique ».

Éducation, fiscalité, simplification...

Articulé autour de « quatre blocs de réformes », l'ouvrage du Medef ne contient pas de réelles surprises. On y retrouve tout le catéchisme patronal récité par son président depuis plusieurs années : réforme du système éducatif, à travers notamment une revalorisation de l'apprentissage ; refonte de tout le modèle économique et social, via, notamment, un allègement du Code du travail ; simplification de toutes les normes administratives ; modification de la fiscalité pour retrouver la compétitivité.

Si l'on rentre un peu plus dans le détail, notamment sur la fiscalité, le Medef veut en fait amplifier le « pacte de responsabilité » décidé il y a trois ans par François Hollande et qui s'est traduit par des allégements fiscaux et sociaux à hauteur de 40 milliards d'euros pour les entreprises. Il revendique ainsi un taux d'impôt sur les sociétés ramené de 33,3% actuellement à 22% en 2020. Pour l'instant le gouvernement prévoit une première étape de baisse à 28%. Il demande aussi la fin de l'ISF et un taux forfaitaire ("flat tax") de 25% sur les revenus de l'épargne. Le Medef veut aussi supprimer sur cinq ans « la plupart des impôts et taxes sur les facteurs de production ».

Amplifier la loi  El Khomri à la puissance dix

Dans le domaine social, là aussi, il n'y a pas de réelles surprises. L'organisation patronale prône une sorte de loi El Khomri à la puissance dix avec un maximum de latitude laissée aux entreprises pour négocier. Elle milite ainsi pour un accroissement du principe de subsidiarité afin de permettre à l'entreprise ou à la branche le soin de définir les modalités les plus adaptées à la réalité économique. La loi resterait seulement garante des grands principes généraux. De même, le Medef veut donner encore plus qu'actuellement l'avantage à l'accord collectif sur le contrat de travail quand il s'agit de l'organisation de l'entreprise. Il veut aussi fusionner toutes les instances de représentation et de négociation - concrètement le comité d'entreprise et les délégués syndicaux seraient fondus dans une seule instance.

S'agissant de la rupture du contrat de travail, on retrouve aussi toutes les vieilles antiennes patronales. Ainsi, reprenant la première version abandonnée de la loi travail, le Medef souhaite plafonner les dommages-intérêts versés par l'entreprise en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse. Il préconise aussi d' élargir le motif économique de licenciement à tous les cas de réorganisation de l'entreprise. Dans le même ordre d'idée, le Medef demande que soit supprimée la présomption d'absence de motif qui pèse sur l'entreprise lorsque les motifs ne sont pas clairement énoncés dans la lettre de licenciement... Là aussi, il s'agit d'une très ancienne revendication.

S'agissant de la protection sociale,  le Medef a de la suite dans les idées en demandant, par exemple, un recul de l'âge légal de la retraite à 65 ans à l'horizon 2026 et une durée de cotisation portée à 43 ans.

30 milliards d'allègements sociaux supplémentaires

Le Medef veut aussi poursuivre le mouvement de baisse des cotisations sociales patronales, via, notamment, la transformation « en une seule fois » du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) en allègements de cotisations. Il réclame aussi une nouvelle baisse de cotisations de 30 milliards d'euros.

"Les 30 milliards, nous pensons que ça pourrait se financer par deux points de TVA en plus, c'est-à-dire 16 milliards, et le complément par une baisse des dépenses publiques qui peut se faire rapidement mais étalée dans le temps", a précisé Pierre Gattaz qui ne pense pas qu'il y ait un risque de forte augmentation des prix.

D'une façon plus générale, le Medef estime qu'à l'avenir les prestations universelles (famille, minima sociaux, maladie) devraient être financées par l'impôt ou la CSG tandis que les prestations contributives (retraites, assurance chômage, etc.) devraient continuer de reposer sur les cotisations sociales.

Fillon le plus "pragmatique"

Du classique donc. Reste à savoir quel candidat à la préférence du Medef. Pierre Gattaz s'est bien gardé de répondre directement à cette question mais il a été tout de même extrêmement clair en reconnaissant, qu'à ce stade, le programme économique du candidat officiel de la droite François Fillon était "le plus pragmatique", regrettant que les autres candidats ne proposent pas des solutions pour les entreprises. Il a même moqué Benoît Hamon (PS) qui ose dire qu'il « n' y aura plus d'emplois et plus de croissance, alors que des emplois il y en a partout ». Le président du Medef n'a pas non plus caché que le programme économique de Marine Le Pen lui inspirait de « l'inquiétude, avec son idée de recroqueviller la France sur elle-même ».

Quant à Emmanuel Macron, Pierre Gattaz s'est montré dubitatif, estimant « qu'il y avait beaucoup d'oral mais pas beaucoup de programme  et qu'il ne proposait pas beaucoup de choses sur le plan des mesures ».

On aura donc bien compris vers quel candidat balance le cœur du président du Medef. On pourra sans doute le vérifier fin mars et début avril au cours de trois journées organisées par le Medef et une dizaine d'autres organisations patronales où seront reçus à tour de rôle l'ensemble des candidats à la présidentielle qui seront invités à passer leur « grand oral » économique.

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Commentaires
a écrit le 15/02/2017 à 18:42 :
Dans le paragraphe : Fillon le plus "pragmatique", il aurait été plus correct d'écrire "... reste à savoir quel candidat a (sans accent) la préférence du Medef." Les fautes d'orthographe me chagrinent... presque autant que les idées réactionnaires du patron du MEDEF... La précédente présidente était plus "humaine" ... LA FEMME EST L'AVENIR DE L'HOMME... au MEDEF, elle est son passé...
a écrit le 15/02/2017 à 10:38 :
Des baisses de charges pour réduire le coût du travail des PME et investir pourquoi pas.
Mais certainement pas pour augmenter les dividendes et les rachats d'actions du CAC 40 qui déjà ne paie quasiment pas d'IS !

Plutôt vite mettre en oeuvre un "Small Business Act" français ou européen pour réserver une part d'achats publics aux PME ! Voilà une mesure qui coûtera peu aux finances publiques et soutiendra fortement la croissance de nos PME vers la taille ETI.
a écrit le 15/02/2017 à 10:34 :
Le MEDEF promet 2 à 3% de croissance. N'est ce pas lui qui avait promis 1 million d'embauche. il n'est absolument pas crédible.
Et ce n'est pas l'entreprise de Mr Gattaz qui montre l'exemple. D'après les résultats financiers de son entreprise, la majorité des allégements de charge sont passé dans les dividendes
a écrit le 15/02/2017 à 8:28 :
On se demande quand même comment on peut donner autant d'importance à un syndicat qui ne représente même pas 5% des entreprises françaises. Que si on avait écouté continuellement nous en serions au stade de 'Soleil Vert"

L'oligarchie ça suffit.
a écrit le 15/02/2017 à 0:25 :
J'attends avec impatience que la tribune publie les doléances de la CGT. C'est quand même les travailleurs qui sont le plus proche des réalités du travail;
a écrit le 14/02/2017 à 22:35 :
Gattaz nous bassine: sans arrêt il répète Maydayf, Maydayf, Maydayf.....!
a écrit le 14/02/2017 à 22:21 :
Toutes les religions ont un livre saint (une "Bible",une "Thorah","un Coran"). Le Medef n'échappe pas à la règle, pour sa religion, c'est le "Livre bleu". Comme les autres publications le but est l'emprise sur les âmes laborieuses, une dérivée du "Arbeit macht frei"... Sans possibilité de rédemption, au nom du capitalisme triomphant et du néo-libéralisme libérateur. Mais en fait rien de nouveau... sauf que la lutte des classes a été escamoté et que c'est uniquement par son retour que les "âmes laborieuses et futurement combattantes" pourront reprendre leurs droits.
a écrit le 14/02/2017 à 22:03 :
Je suis désolé mais on nous demande déjà de cotiser 172 trimestres, soit 43 ans. C'est ce qui était écrit sur un résumé de mes droits de retraite.
Il fallait quand même que quelqu'un le dise.
Donc si le medef veut encore augmenter la durée de cotisation, ce serait pour plus de 43 ans.
a écrit le 14/02/2017 à 20:58 :
entre lepen et hamon, les doleances ca sera d'accelerer la partie non francaise pour ceux qui le peuvent encore
et ca on sait comment ca finit dans un joyeux cadre de solidarite pour tous,a avec de bonnes executions bien a gauche, des camps, de la coercition, bref que du bonheur dans la tolerance
a écrit le 14/02/2017 à 20:46 :
Comment croire encore le médef et son menteur de président? Encore un journaliste cire pompes. Pour rappel: 1 million d emplois pour le cice avait il promis. Combien en réalité ? 0 d après les économistes. Les groupes qui continue de delocaliser. Même la ratp le fait en qualifiant des fournisseurs en tunisie et Roumanie. C est dire. Alors le programme du médef c est toujours plus pour moi et rien pour la société française.
a écrit le 14/02/2017 à 20:08 :
Après les 30 glorieuses et les 30 piteuses, voilà les 30 pleureuses avec à sa tête le fils à papa.....
a écrit le 14/02/2017 à 18:44 :
Ou le pays est il arrivé : des militants distribuant des tracts sur les marchés menacent ouvertement les seniors de supression de allocation perte autonomie apa
Réponse de le 14/02/2017 à 19:12 :
Bonsoir, cela ne le surprend pas, d'ailleurs : L'EUTHANASIE SERA UN INSTRUMENT ESSENTIEL DE NOS SOCIÉTÉS FUTURES" JACQUES ATTALI (1981)
Réponse de le 14/02/2017 à 19:19 :
... et j'ajoute, vous avez raison c'est lamentable ce qui se profile
a écrit le 14/02/2017 à 18:37 :
Et si le patronat français se mettait à bosser, qui plus est intelligemment, plutôt que de mettre sans arrêt la faute sur les salariés et le gouvernement.

Nos coûts salariaux sont redevenus plus bas que ceux des allemands, mais on n'a toujours pas d'explosion des exportations....

Forcément, c'est plus facile de baisser les salaires des salariés, de fabriquer des produits à faible contenu technologique et de mauvaise qualité, et de licencier les salariés que de réfléchir et de travailler.

Et c'est plus facile d'embaucher les enfants des copains, que d'embaucher des gens compétents, sérieux et motivés. En effet, , l'affaire FILLON montre bien l'autre face de ce qui se passe à l'heure actuelle : si vous voulez un boulot, dans les entreprises françaises,il faut mieux avoir des relations qu'être travailleur et compétent.

A-ton le patronat le plus incompétent du monde ?
Réponse de le 14/02/2017 à 21:02 :
je crois que vous devriez monter votre boite, vous saurezalors que exportation c'est pas juste x dans y +m = c+i+g+x
y a plein de tt petits problemes insignifiants que les fonctionnaires ignorent
si vous ne reduisez pas les inegalites dans la prise de risques en prenant vous meme les risques que plus personne n'est assez idiot pour assumer, on ne sait pas qui va le faire
bonne chance a vous
si vous ne reduisez pas les inegalites en risques et en capital, le fn va passer et ca sera votre faute
cordialement
Réponse de le 14/02/2017 à 22:28 :
@Churchill
C'est parce que le Monde est sous la contrainte des mathématiques, des équations, des algorithmes utilisés à des fins uniquement financières que nous en sommes au stade... où nous sommes, c'est à dire au bord du chaos.
a écrit le 14/02/2017 à 18:15 :
"L'organisation patronale prône une sorte de loi El Khomri à la puissance dix "

Eh oui, la boite de Pandore a été ouverte ,ils vont pas se gêner maintenant.A noter, que Fillon dans son programme veut mettre la version 3 ,celle d'origine qui est la plus hard pour les salariés.
a écrit le 14/02/2017 à 18:11 :
C'est le programme "Macron" qui est le plus valable en prévoyant de répartir les prélèvements sociaux sur la production et sur la consommation. Cherchez bien! L'idéal serait de taxer l'énergie comme le proposait Nicolas Hulot. Et en plus, ce serait favorable au climat, donc à notre survie.
a écrit le 14/02/2017 à 17:48 :
Après les milliards que les différents gouvernements leurs ont offerts pour l'emploi, la compétitivité, les 35h... et que le MEDEF et ceux qu'ils représentent n'ont jamais respecté aucun leurs engagements, ils réclament encore?

Trop c'est trop, on parle beaucoup de la morale en politique en ce moment mais ils ne faut pas oublier que nos politiques tirent leurs "habitudes" de leur proximité/la perméabilité entre ces deux mondes
a écrit le 14/02/2017 à 17:47 :
"Le Medef entre de plain-pied dans la campagne présidentielle"

A ce sujet, on peut rappeler que le Medef aux deux dernières présidentielles a voté à près de 97% exclusivement pour l'UMP .
a écrit le 14/02/2017 à 17:35 :
Les prestations contributives (chomage, retraites) doivent être réparties sur les cotisations sociales des entreprises et sur la consommation d'énergie des ménages et des entreprises, comme le propose la note n°6 du conseil d'analyse économique. Le travail et l'énergie, c'est la même chose; le travail concerne l'homme et l'énergie les ressources; il faut agir progressivement jusqu'à un point d'équilibre. Les suédois et les allemands appliquent ce principe et s'en portent très bien. Quand arriverons nous à le comprendre!
a écrit le 14/02/2017 à 17:02 :
Faites confiance aux entreprises qu'ils disaient ....

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