Donecle, la vérification d'avion plus vite que l’éclair

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Matthieu Claybrough, 27 ans
Matthieu Claybrough, 27 ans (Crédits : DR)
La startup toulousaine révolutionne l’inspection des avions grâce à ses drones, en repérant des impacts de foudre sur la carlingue en moins d’une demi-heure, contre huit heures auparavant.

« C'est révolutionnaire pour les compagnies aériennes. »

Après le pitch de Matthieu Claybrought, le cofondateur et directeur technique de Donecle, lors de la finale du Prix La Tribune Jeune Entrepreneur, un membre du jury ne cachait pas sa stupéfaction. Mais si le jeune entrepreneur de 26 ans était resté dans la salle, il n'aurait pas été surpris. Car partout où elle passe, la startup Donecle (prononcez « donéclé », à la toulousaine) suscite toujours la même réaction, à savoir un mélange d'étonnement et d'admiration devant un service profondément disrupteur, assurément promis à un bel avenir.

Fondée en septembre dernier dans la capitale française de l'aéronautique, Toulouse, Donecle s'appuie sur une technologie brevetée, sans équivalent dans le monde. La startup commercialise auprès des compagnies aériennes un kit de trois drones 100 % autonomes, dotés de caméras intelligentes et capables de repérer en seulement trente minutes les impacts de foudre sur la carlingue d'un avion. Le tout sous la supervision d'un seul employé.

Pour prendre la mesure de cette innovation, il faut savoir qu'une telle inspection monopolise aujourd'hui environ 15 personnes, pendant huit heures.

Et que « chaque heure d'immobilisation au sol d'un appareil coûte environ 10 .000 dollars à une compagnie aérienne », précise Matthieu Claybrought.

Si on ajoute que chacun des 27 .000 avions de ligne en circulation dans le monde est foudroyé en moyenne au moins une fois par an et que l'inspection est obligatoire après chaque foudroiement, on comprend vite que la startup dispose d'une technologie très attractive pour les compagnies aériennes. Grâce à l'économie de temps lors de l'inspection permet à la compagnie de gagner l'équivalent de deux vols aller-retour Paris-Toulouse. Pour contourner l'interdiction du survol des drones dans les aéroports, les appareils de Donecle fonctionnent dans un hangar fermé et s'orientent sans signal GPS, uniquement grâce à l'intelligence des caméras.

Si ses futurs clients sont, par essence, internationaux, Donecle est le pur produit de l'excellence toulousaine dans l'aéronautique. Deux de ses cofondateurs, Matthieu Claybrough, 27 ans, et Alban Deruaz-Pepin, 24 ans, sont diplômés de la prestigieuse école d'ingénieurs Supaero. Le premier a brièvement travaillé à Thales, tandis que le deuxième est passé chez son concurrent Airbus, tout comme Yann Bruner, 42 ans, ancien ingénieur en maintenance pour le géant toulousain. Enfin, le quatrième larron, Josselin Bequet, 25 ans, est un ami d'enfance de Matthieu Claybrough. Cet ancien consultant auprès d'un fonds d'investissement londonien s'occupe de l'aspect économique et commercial de l'entreprise.Après seulement huit mois d'existence, Donecle doit désormais percer et conquérir ce marché qui lui tend les bras. Les inspections post-impact de foudre représentent 15 % du marché mondial de la maintenance des avions, soit 9,65 milliards de dollars sur 65 milliards.

Depuis quelques mois, la startup multiplie les présentations devant les compagnies aériennes et prépare sa première levée de fonds. Un premier contrat, avec une compagnie européenne, est actuellement en cours de conclusion et devrait être annoncé d'ici à fin juin.

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