France : amélioration pour l'industrie et les ménages, dégradation pour l'immobilier

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La demande se redresse pour l'industrie française au troisième trimestre, comme le moral des ménages en octobre. En revanche, les permis de construire et les mises en chantier de logements reculent encore en septembre.

Indicateurs français contrastés ce mardi matin. La situation s'est améliorée pour l'industrie manufacturière au troisième trimestre et le redressement devrait se poursuivre en fin d'année, selon l'enquête trimestrielle de conjoncture dans l'industrie, réalisée auprès de quelque 4.000 entreprises et publiée ce mardi par l'Insee. Le solde d'opinion relatif à la demande globale poursuit sa progression et celui qui reflète la demande étrangère a retrouvé son niveau de moyen terme, auquel il devrait se maintenir au quatrième trimestre, selon l'enquête.

L'indicateur qui mesure l'évolution prévue de la demande globale pour l'industrie manufacturière est remonté à -15 après -36 dans la précédente enquête de juillet et -58 en avril. Pour la demande étrangère, il passe à +1 contre -39 et -61 respectivement. L'appareil de production a été un peu plus sollicité au troisième trimestre et la proportion d'entreprises mentionnant des goulots de production a progressé pour la première fois depuis fin 2007 dans l'industrie manufacturière.

Le taux d'utilisation des capacités est remonté à 73% en octobre contre 71% dans l'enquête de juillet et 70% en avril. Selon les chefs d'entreprise interrogés, la baisse des effectifs industriels s'est atténuée au cours du troisième trimestre et elle s'atténuerait encore d'ici la fin de l'année au vu des anticipations des industriels.

L'enquête trimestrielle de l'Insee complète, notamment sur la demande et les facteurs de production, l'enquête mensuelle publiée le 22 octobre et qui faisait état d'une amélioration de la confiance des industriels. L'indicateur du climat des affaires est ressorti à 89 en octobre contre 86 en septembre.

De son côté, le moral des consommateurs français a poursuivi son redressement en octobre, selon l'enquête mensuelle de conjoncture réalisée auprès de quelque 2.000 ménages par l'Insee. L'indicateur résumé de l'opinion des ménages ressort à -35 après -36 (confirmé) en septembre. L'indicateur a ainsi regagné 10 points depuis son plus bas historique de juin 2008 mais il se situe toujours à un niveau inférieur à sa moyenne de long terme (-18), note l'Insee dans un communiqué.

L'opinion des ménages sur le niveau de vie passé et futur en France se redresse en octobre. Concernant leur situation financière passée et future, l'opinion des
ménages est stable. Les ménages considèrent plus opportun de faire des achats importants : le solde d'opinion remonte mais reste à un niveau bas par rapport à sa moyenne de long terme. Parmi les soldes d'opinion qui n'entrent pas dans le calcul de l'indicateur, celui sur le marché du travail montre que les
ménages restent nombreux, mais moins qu'en septembre, à estimer que le chômage va augmenter dans les prochains mois.

"L'amélioration est significative depuis le niveau record de pessimisme atteint en juin dernier", souligne l'Insee.

En revanche, les permis de construire de logements neufs chutent à fin septembre de 17,6% sur un an à 405.970 unités et de 18,6% sur trois mois à 96.302,
selon les données publiées par le ministère de l'Ecologie, du développement et de l'aménagement durables. Après avoir fortement augmenté au cours des trois dernières années, le secteur des logements collectifs est en recul plus prononcé (-26%) que celui des logements individuels (-18,8%), précise le ministère.

Le segment de l'individuel groupé semble mieux résister (+0,4%) tandis que la construction de logements en résidence fait preuve de dynamisme avec plus de 33.000 logements, soit une progression de 11,8% par rapport à la période de octobre 2007 à septembre 2008.

Sur les douze derniers mois, les mises en chantier de logements ressortent quant à elles à 326.089, soit une baisse de 21,4% par rapport au chiffre constaté au cours des douze mois précédents. Le recul des mises en chantier est, là aussi, plus important pour les logements collectifs (-25,6%) que pour les logements individuels (-18,1%).

Dans le secteur non résidentiel, les permis de construire reculent de 9,4% sur un an à 37.184.800 m2, et de 14,5% sur trois mois à 8.410.900 m2. Les mises en chantier chutent quant à elles de 19,7% sur un an à 30.155.100 m2 et de 21,4% sur trois mois à 7.314.100 m2.

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a écrit le 02/11/2009 à 13:35 :
les chantiers en logement sont stoppés depuis un an, la demande est toujours là, les taux vont rester bas en Europe pendant un certain temps donc il y aura à un moment ou à un autre une brusque montée des prix de l'immobilier de logement pendant quelques années c'est mécanique, que ce soit rationnel ou pas n'y change rien
a écrit le 28/10/2009 à 13:08 :
Alex, effectivement, une demande forte entraine une hausse des prix mais la normalisation des conditions d'obtention de crédit réduit fortement la demande et si on ajoute à cela le contexte économique actuel (chômage + visibilité nulle), je ne vois pas bien comment les prix pourraient repartir à la hausse. En tout cas je ne vois pas quel levier pourrait être utilisé pour créer de la demande celui du crédit facile étant mort l'année dernière. Si tu ajoutes à cela, les contraintes énergétiques qui ne vont pas manquer de fleurir dans les années à venir, il est urgent d'attendre ou en tout cas il est urgent de ne plus acheter un logement de 30 ans au prix d'une maison BCC neuve...Simple normalisation du marché. A titre de comparaison, tu n'achètes pas une voiture de 30 ans ou même prix qu'une voiture neuve et l'emplacement d'un logement ne justifie pas à lui seul cette constatation.
a écrit le 28/10/2009 à 10:41 :
@dbon : OOOOOHHHH que oui !!! Je suis conseillé en banque et effectivement, à force de dire au gens "les prix ont baissés, les taux aussi, il faut investir" on se retrouve avec des personnes qui se voient déjà propriètaire, mais qui ne pensent pas au problème de leur endettement, ils vous disent "mais oui, on va y arriver" et n'ont qu'un salaire et des allocations...
Donc il ne faut pas confondre les demandes de prêt réalistes et les demandes de rêveurs. Sinon, les stats sont vite faussées.
a écrit le 28/10/2009 à 9:29 :
L'immobilier est entre les mains des vieux et accessible aux vieux. Les jeunes trinquent et tout le monde se plaint que personne n'achète ? Ne comptez pas sur nous, nous n'en avons pas les moyens. Une fois que vous nous quitterez tous, il y aura le fameux crash (immo) attendu. Là, vos consorts cherchent à tout prix à maintenir la tête hors de l'eau. Nous n'aurons pas vos moyens ni vos avantages et nous devrons casquer vos retraites pour nous achever. Le suicide au travail est le futur génocide.
a écrit le 28/10/2009 à 6:57 :

Ah le fameux mythe de la pénurie de logement ... Le seul argument restant aux constructeurs en mal de ventes. Les mêmes arguments que pendant la crise immobilière des années 90. C'est incroyable de voir ressortir toutes ces fausses déclarations. Pénurie de locataires oui. La seule chose qui se vend dans le neuf est destinée aux investisseurs grâce à ces lois pour défiscaliser. (Scellier et autres) Dépêchez-vous d'acheter Mesdames et Messieurs y'en aura pas pour tout le monde ! C'est vrai qu'avec un chômage qui explose et une économie en berne (la reprise tant annoncée dans les médias) nous avons des chances de voir l'immo repartir. Le lobbying est décidément très fort dans cette activité. Endettez-vous si vous le voulez. Moi je ne payerai pas un lot de parpaing vieillissant à prix d'or simplement pour enrichir la génération de vieux cons qui me précède...
a écrit le 27/10/2009 à 14:38 :
mais la demande est atone, ce qui démontre quoi ?..
que les salariés ont du mal à suivre l'envolée des prix de 140% sur 10 ans ?
tout du moins ceux qui ont la chance d'avoir un emploi pérenne (CDI), à peu près stable géographiquement
a écrit le 27/10/2009 à 13:03 :
@Alex
Exact, sauf que "les prix, comme les arbres, ne montent pas jusqu'au ciel"...
Friggit ne fait que montrer de façon scientifique cet adage qui veut que les prix sont quand même quelque part liés au pouvoir d'achat !
Bien sur, les riches pourrons toujours suivre, par contre le gros des troupes que sont les classes moyennes ne le peuvent déjà plus. Le reste n'est que pure spéculation.
Quand aux pauvres, ils font les poubelles des supérettes et supermarchés en quette d'aliments dont la date de péremption est passée (encore vu hier en bas de chez moi, "beau quartier")...
a écrit le 27/10/2009 à 12:36 :
Encore faut il que le français moyen ait un pouvoir d'achat en adéquation avec les prix pratiqués , et ce ne sera le cas que lorsque ils auront encore bien diminué , ne vous en déplaise . L'incantation n'a jamais été rationnelle , Friggit lui ne décrit que des faits , sans parti pris .
a écrit le 27/10/2009 à 11:27 :
immobilier. Vieille rangaine bien connue mais qui ne marche plus. Cette martingale est usée jusqu'au fil. Le chômage croissant va c'est sûr inciter les gens à investir. Quand à la jolie courbe de J. Friggit chaque mois (site CGEDD) ses prévisions deviennent réalité. Pénurie.....quelle drôlerie, allez dites en une autre celle la on la connait (pour vous aider l'immigration, payer un loyer c'est jeter l'argent par les fenêtres, et surtout LES TAUX sont bas les prix ont baissé (tiens, tiens) c'est le moment d'acheter. Il faut arrêtre de prendre les gens pour des C..S.
a écrit le 27/10/2009 à 10:56 :
ne pas confondre "demande" et "demande solvable" car ce qui compte c'est cette dernière le reste n'est que des balivernes d'un Agent immobilier aigri
a écrit le 27/10/2009 à 7:15 :
"bientôt" un rebond de l'immobilier : il faudrait 500 000 logement par an et on en produit 326 000. Dès que la confiance dans l'avenir reviendra et que les gens voudont acheter il y aura pénurie. Friggit et les autres auront beau faire de jolies courbes, il y en a une qui est la loi fondamentale en économie : l offre et la demande. et si la demande est forte et l offre faible, les prix montent. cqfd

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