La réforme des retraites, une "avancée extraordinaire" pour les femmes, selon Woerth

 |  | 445 mots
Lecture 2 min.
(Crédits : Reuters)
Pour le ministre du Travail Eric Woerth, la réforme des retraites actuellement en débat, qui inclut des dispositions sur l'égalité salariale, permettra de "rectifier" l'inégalité entre les hommes et les femmes face au travail, et donc face à la retraite. Pourtant, la réforme risque de produire exactement l'effet inverse.

Le projet de réforme des retraites contient "une avancée extraordinaire" pour les femmes, a déclaré ce dimanche Eric Woerth.

Sur le terrain de l'inégalité des hommes et des femmes devant les retraites, "les choses sont en train de se rectifier", a assuré le ministre du Travail, invité du Grand rendez-vous Europe1/Le Parisien-Aujourd'hui en France. Le problème n'est pas celui de la durée de cotisation, c'est celui des salaires, qui "sont inférieurs à ceux des hommes à responsabilité égale", ce qui "est totalement injuste et une insulte à la démocratie et à notre modèle social".

"Dans ce texte, a expliqué le ministre, nous avons pris la décision de sanctionner les entreprises qui feraient une différence entre le salaire des hommes et celui des femmes à hauteur de 1% de leur masse salariale [pour les entreprises d'au moins 300 salariés, Ndlr], c'est une avancée extraordinaire", a-t-il ajouté.

Par ailleurs, a souligné Eric Woerth, les indemités journalières perçues pendant les congés de maternité seront désormais prises en compte dans le calcul de la retraite.

Périodes d'inactivité plus nombreuses

A noter cependant que le projet de loi ne prévoit pas de sanction en cas d'écart de salaires, mais en cas d'absence de rapport de l'entreprise sur l'égalité professionnelle, rapport qui est obligatoire depuis 1983 dans les entreprises de plus de 50 salariés.

De plus, pour nombre d'observateurs, la réforme accentuera à l'inverse les inégalités entre hommes et femmes. L'Assemblée nationale a en effet adopté vendredi le report de 65 à 67 ans l'âge de la retraite à taux plein. Or les femmes constituent actuellement près des trois quarts des actifs obligés d'attendre leur 65 ans pour avoir une pension sans décote, en raison leurs carrières plus fragmentées (par les maternités notamment), et du fait qu'elles occupent plus souvent que les hommes des emplois à temps partiel.

"En repoussant l'âge légal, on va augmenter la décote pour celles qui n'auraient pas cotisé assez et donc diminuer encore leur pension", rappelait François Lenglet, directeur de la rédaction de La Tribune, sur BFM TV. "Le monde de la retraite non seulement reproduit les inégalités du monde du travail, mais en plus il les aggrave."

Le parti présidentiel lui-même est divisé sur le sujet et plusieurs députés UMP ont ainsi demandé, sans succès, des aménagements pour les femmes.

Un texte sur l'égalité salariale a toutefois été annoncé pour fin 2010, pour tenter de tenir les promesses en la matière de Nicolas Sarkozy lorsqu'il était candidat à l'élection présidentielle de 2007.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :