Jean-Marc Ayrault lance le «nouveau modèle français» de santé publique

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En déplacement à Grenoble, le Premier ministre a rappelé plus qu'il n'a redéfini les contours d'une stratégie dont l'horizon est d'au moins cinq ans. Parcours de soins, réorganisation territoriale des structures, réforme de l'Etat sont au menu de ce chantier qui a pour objectif l'amélioration de la santé des citoyens, l'égal accès de tous à l'offre de soins et le rééquilibrage des comptes du régime général de la Sécurité sociale. Marisol Touraine, la ministre de la Santé est en charge de son application.

C?est un «nouveau modèle français» de santé que Jean-Marc Ayrault a présenté ce vendredi lors de son déplacement à Grenoble. Nouveau? Pas vraiment. L?essentiel de ses contours avait déjà été précisé par Marisol Touraine, la ministre de la Santé.

La priorité accordée au parcours de soins

Après avoir rappelé les efforts déjà effectués par le gouvernement dans le domaine de la santé ?renforcement de la CMU-C, lutte contre les dépassements d?honoraires abusifs, le Premier ministre a rappelé les tenants et les aboutissants du parcours de soins que le gouvernement souhaite mettre en place. Celui-ci signifie que «les professionnels de premier recours articulent leurs interventions et qu?ils se communiquent les informations nécessaires à la continuité des soins. Cela signifie que quand le patient doit être hospitalisé, on privilégie les entrées programmées dans les services hospitaliers, et non pas le passage systématique par les urgences, et que les informations sur son état, ses traitements, l?accompagnent à son entrée et à sa sortie de l?hôpital. Cela signifie que quand il doit bénéficier d?une prise en charge médico-sociale ou d?un service d?aide à domicile après un séjour à l?hôpital, ces services soient déclenchés rapidement, sans interruption de la prise en charge», a expliqué le Premier ministre.

L'indispensable réforme de l'Etat

Pour la bonne mise en place de ce parcours, le chef du gouvernement compte sur les agences régionales de santé (ARS), chargées d?organiser l?offre sanitaire au plan territorial dont les moyens «doivent être renforcés». «Cela implique aussi de revoir nos modes de financement pour inciter au travail collectif, suivant les orientations du Haut conseil pour l?avenir de l?assurance-maladie», a poursuivi Jean-Marc Ayrault qui a également rappelé les priorités accordées à la lutte contre les déserts médicaux, à la mission de l?hôpital public et à la prévention qui ne représente que 2% des dépenses de santé.

L?Etat devra aussi se réformer. «L?administration de la santé est devenue un archipel, avec autour de l?Etat central une myriade d?agences sanitaires et de caisses. Grâce aux agences régionales de santé [ARS], l?administration régionale est devenue plus cohérente, mais c?est loin d?être le cas au niveau national! Je souhaite qu?une réflexion soit menée à ce sujet: elle impliquera aussi bien l?Etat que les agences sanitaires nationales et l?assurance maladie», a poursuivi le Premier ministre juste après avoir annoncé la création d?une nouvelle -et énième- structure de conseil, un comité des Sages composé de hautes personnalités du monde de la santé et de la recherche et dont la coordination a été confiée à Alain Cordier, inspecteur général des finances, ancien directeur général de l?AP-HP.

Le double objectif du gouvernement

Grâce à cette stratégie, le gouvernement espère deux choses: d?une part, améliorer encore et toujours la santé des citoyens tout en garantissant l?égal accès de tous à l?offre de soins et, d?autre part, rééquilibrer les comptes du régime général de la Sécurité sociale dont le déficit devrait atteindre 13,9 milliards d?euros cette année.

Un déficit qui a été moins élevé que prévu en 2012. La Sécu a économisé environ 2,4 milliards d?euros l?année dernière en raison d?une progression plus faible que prévu des dépenses de santé. Elles ont augmenté de 2,3% à 12,23 milliards, contre une hausse attendue de 2,5%.

Cette diminution s?explique en partie par la baisse des remboursements de médicaments (-0,9% contre +1,2% en 2011) due au "net ralentissement du volume", à l'effet de la baisse des prix et à un "fort effet" générique, explique la Caisse nationale d?assurance-maladie (CNAM). Elle provient aussi de la diminution de 1,4% des dépenses liées aux indemnités journalières des arrêts maladie liée à l?abaissement du plafond de calcul des indemnités journalières à 1,8 SMIC intervenue le 1er janvier 2012.

La CSMF réagit avec circonspection au discours de Jean-Marc Ayrault

La Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) n'a pas tardé à réagir. Dans un communiqué de presse, elle indique refuser "de voir renaître les Etats généraux de l?organisation des soins, qui, en leur temps n?ont eu d?autre vertu que d?occuper les acteurs du monde de la santé, pendant que les services du Ministère de la Santé rédigeaient la loi HPST selon leur propre doctrine". La Confédération propose d?agir dès maintenant "en avançant au printemps la négociation sur la médecine de proximité inscrite dans l?avenant n°8 à la convention médicale". "Cette négociation pourrait permettre de déboucher rapidement sur des réponses concrètes et opérationnelles", explique-t-elle, tout en souhaitant que "le gouvernement tienne bon sur l?application des mesures incitatives pour améliorer la répartition des médecins sur l?ensemble du territoire".

 

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Commentaires
a écrit le 13/02/2013 à 1:19 :
Soyons courageux, c?est les 90 milliards pour les riches chaque année plus 600 milliards pour ramener la dette dans le domaine crédible, voila, c?est le comptabilité publique, on peut le faire pour ceux qui ne savent pas compter ?
a écrit le 12/02/2013 à 20:57 :
Ayrault me fait pensez quand il énumère et compare les prix d'une liste de course, je pense que sur cette photo il rend des comptes à sa femme pour voir si il à tout acheter.
a écrit le 11/02/2013 à 7:23 :
Il me fait rire Ayrault avec ses "modèles". Les demagos n'en terminent jamais.
a écrit le 09/02/2013 à 17:25 :
AYRAULT : "Bon, les riches, c'est fait ; les pauvres, c'est fait ; les livrets A, c'est fait ; les retraites, c'est fait, ....hum, hum...Qu'est ce qui nous reste, ...euh..., les retraités, c'est fait, l'expatriation de nos industries, c'est toujours en cours, ...bon euh ...ben y reste qu'à baisser les salaires....ah, non c'est déjà fait. Bon, ben y reste plus qu'a remettre des taxes...."'
Réponse de le 10/02/2013 à 15:39 :
Très très bon ça.... Ils doivent bien rire jaune au service de Matignon
a écrit le 09/02/2013 à 15:16 :
voiloa qui evoque la modernite et les paperasses a outrances;vite un bon commentaire de gocho:"les ultra-neo-hyper-mega-libero"etatsuniens ne soignent pas si pas de mutuelles,carte de credit,etc...nous les genereux,moralistes on verifie juste si les 47 imprimes cerfa ont bien ete remplis par le polytraumatise,c'est vraiment plus juste et moral,lol
a écrit le 09/02/2013 à 14:28 :
Quel modèle français? Celui de la maternité de Port Royal? celui des urgences ou on laisse mourir les patients dans les couloirs? Pour l'instant le système hospitalier français se dirige tout droit vers celui - désastreux - de la médecine "socialisée" de type britannique (NHS) ou canadien (de six mois à un an d'attente pour voir un spécialiste). Pour l'instant le "modèle" français est celui d'une bureaucratie médicale staffée par des personnels désabusés et gangrenée par des syndicat irresponsables souvent plus préoccupés de leurs "droits acquis" que de la santé des patients.
Réponse de le 10/02/2013 à 0:46 :
IL y a aura toujours des morts foetales in utero," l'affaire" de port royal n'est pas aussi simple que les raccourcis médiatiques que l'on veut vous faire croire pour vendre du papier et du sensationnel. Les urgences sont effectivement encombrées par des tas de gens qui n'ont rien à y faire et par l'afflux de tous les maux de notre société, mais croyez-moi en cas de gros souci, vous serez pris en charge et nous sommes dans un système qu'il faut s'attacher à préserver. Je connais bien les autres systèmes de soins, renseignez vous, vous verrez.
a écrit le 09/02/2013 à 13:00 :
«Cela implique aussi de revoir nos modes de financement pour inciter au travail collectif, suivant les orientations du Haut conseil pour l?avenir de l?assurance-maladie»
J'ai l'impression d'être dans une secte... Travail collectif, ça me fait peur! Collectif, collectif, toujours ce mot à la bouche, personnellement à "moi je"(remarquez qu'il utilise tout le temps le moi), je lui dis stop, marre de payer! Deux ans à 'étrangers, ma sécu privée me revenait moins chère pour un résultat supérieur...
Et le Haut conseil... Non sans rire, on dirait une secte où chaque embranchement à sa pléthore de guignols juste bon à conserver leurs acquis face à ceux du peuple.
Faites qu'un jour, oh liberté, on enlève cette chaîne étatique des pieds des français.
a écrit le 09/02/2013 à 10:44 :
en boyant ce projet : améliorer la communication ville/hôpital, empêcher les entrées en hospitalisation par les urgences...
Quel que soit le nombre des médecins de ville, les patients préfèrent aller aux Urgences car ils veulent tout, tout de suite, sans accepter d'attendre un RDV le lendemain chez leur médecin de ville pour des pathologies bénignes dans l'immense majorité des cas. C'est ce comportement qu'il faut sanctionner et pas les médecins qui triment 14 h 00 par jour, pas pour augmenter leur fin de mois mais pour essayer de faire face aux demandes de leurs patients. Par ailleurs, pour la circulation des informations, il faudrait que l'hôpital public cesse de mépriser la médecine de ville : comptes-rendus d'hospitalisation envoyés deux mois après la sortie, examens commlémentaires systématiquement refaits (ce qui coûte une fortune et qui témoigne d'une suffisance vis à vis de ce qui a été souvent bien fait en ville)...
Bref, encore de mauvaises réponses à certaines bonnes questions témoignant d'un dogmatisme primaire et d'une méconnaissance totale de la vraie vie!
Réponse de le 09/02/2013 à 17:26 :
"boyant' qui vient bien sûr du verbe "boyer" ?
a écrit le 09/02/2013 à 10:14 :
Et toujours le "Val de grâce" pour la nomenklatura ?
a écrit le 09/02/2013 à 9:34 :
Au global il faut viser un objectif de dépense de santé par habitant dans la moyenne de l'OCDE en regardant par exemple du côté de la Suède qui a un territoire largement aussi difficile à desservir que le nôtre et dont on ne peut pas dire que ses ressortissants soient mal soignés. Ne pas imiter les US ou la Suisse beaucoup plus chers que nous et ne pas imiter UK qui a des coûts voisins de la Suède mais avec une QoS très inférieure. Public ou privé c'est un faux débat car les principes de gestion doivent être les mêmes (les hôpitaux privés américains sont beaucoup plus chers que les hôpitaux publics suédois pour des résultats comparables). Les postes à regarder en priorité si on se compare aux suédois sont les dépenses de médicament d'une part et la dispersion territoriale d'autre part en considérant la télémédecine.
a écrit le 09/02/2013 à 8:39 :
Chacun aura droit à tout le confort sanitaire, qu'il travaille ou pas et sans regard sur ce qu'il fait durant ses journées. Seuls paieront ceux qui travaillent. Ils paieront pour eux, et pour les autres.
a écrit le 08/02/2013 à 23:55 :
L?hôpital public dépense 30% de plus que le privé pour des activités comparables, on parle de 15 milliards de gaspillages et on dérembourse? c?est ubuesque ou pourri ?
Réponse de le 09/02/2013 à 17:27 :
Thibault ..... Il l'art de falsifier la réalité avec des chiffres exotiques et faux pour se faire plaisir ...... C'est ubuesque ou pourri ?
a écrit le 08/02/2013 à 22:24 :
D'accord avec Phil. On vit vraiment dans une société bizarre. On paye son médecin généraliste à peine plus que son coiffeur et ça ne choque personne. Maintenant on entend que comme la sécu paye, on a le droit d'imposer ce qu'on veut aux médecins, on croit rêver... Si on supprime la sécu, je suis pas sûr que ça ferait du mal aux médecins... La sécu c'est pas pour les médecins, c'est pour les patients. Pour les médecins sécu = des tonnes de paperasse.
a écrit le 08/02/2013 à 21:42 :
Le modèle français, c'est le transfert vers les mutuelles, la privatisation de la santé.
On va finir comme aux USA ou en Grande Bretagne.
Réponse de le 09/02/2013 à 17:22 :
Le systeme us n'a rien à voir avec celui de la grande bretagne. En angleterre même la medecine "de ville" est fonctionnarisee
Réponse de le 10/02/2013 à 0:48 :
@doc01...oui mais à partir de 17 h, c'est la consultation privée
a écrit le 08/02/2013 à 20:21 :
Hollande et herault se sont specialises dans la propagande
a écrit le 08/02/2013 à 20:06 :
Ahahaha ! La sécu a "économisé" 2,4 milliards mais laisse une ardoise de 14 milliards servant presque exclusivement à financer la hausse des dépenses. Pourtant, dans le langage courant, faire des économies signifie réduire les dépenses, pas les augmenter. Ah oui, ça doit être ça, la fameuse austérité des socialistes ! On dépense plus mais juste un peu moins que beaucoup plus. Oh la la, que c'est dur de faire des "économies" ! Le gag complet, avec joueur de flûtiau et moquage de face compris !
Réponse de le 09/02/2013 à 7:34 :
+ 1
a écrit le 08/02/2013 à 19:38 :
Le modèle Français,c'est le remboursement à 70% théoriques et en pratique ,avec les diverses retenues et suppléments 57-58%
Le NOUVEAU modèle Français de JM Ayrault: pourra-t'il atteindre les 50% effectifs?
Moi je me cacherais au lieu de débiter de pareilles c...!
a écrit le 08/02/2013 à 18:04 :
Concraitement c'est une bonne mesure, mais si comme disait Hollande je vais résoudre le problème du chômage en 100, cela fait presque 1 an qu'il est élu jamais il n'y pas eue autant de chômage, c'est comme la sécurité sociale et ce qui va avec j'ai toujours entendu dire que la sécurité sociale était au bord de la faillite serait-il un grand marabout nôtre chère premier ministre, encore une promesse comme l'ancien et l'actuel gouvernement du vent ?
Réponse de le 08/02/2013 à 18:34 :
Il y a un début de réponses, les mesures préconisées par la commission sénatoriale. Je vous y renvoie!
Réponse de le 09/02/2013 à 10:31 :
@ meslier : il y à des début de réponses, sauf un bémol que vous avez oubliez si tout ces projets qui ont l'air intéressant pour les malades et leur citoyenne société financière croyez moi ces projets de lois fort intéressant seront rangé dans le tiroir des engagements qu'on ne pourras pas utilisé car il seras très coûteux pour le français de base donc comme d'habitude elle ne seras pas réalisable financièrement cette mesure on aurait du la mettre en oeuvre dans les années 80 ou là le trou de la sécurité sociale n'est qu'un trou et maintenant c'est abyme sans nom.
Réponse de le 09/02/2013 à 14:49 :
@ je reviens sur vôtre commentaire intéressant mais va t'il avoir ces mesures préconisées par le sénat, et à quelle prix, seul les éminences grise qui sont dans ce gouvernevement croit avoir trouvé la solution à ce problème, mais à quelle prix il serait intéressant de le savoir si on arrive à résoudre ce problème combien va il coûter ?????
a écrit le 08/02/2013 à 17:22 :
Contre le corporatisme des médecins libéraux, il faut que le gouvernement ait le courage d'appliquer les mesures préconisées par la commission sénatoriale. Assez de vouloir le beurre et l'argent du beurre, ce sont nous les assurés qui payons pour un système qui se dégrade et engendre des inégalités d'accès aux sions.
Réponse de le 08/02/2013 à 17:59 :
préciser votre pensée pour le "corporatisme" et pour l'inégalité d'acces aux soins. Perso je trouve les liberaux plutot conciliants avec les gouvernants successifs, et pour l'acces aux soins il existe pour les plus pauvres la cmu, qui fonctionne bien et pour de plus en plus de monde.
Réponse de le 08/02/2013 à 18:31 :
Combien coûte la libre installation? Combien coûte le paiement à l'acte qui favorise l'inflation des dépenses? A combien s'élèvent les dépassements d'honoraires et les fraudes dont la presse se fait l'écho? Des mililards au détriment des ménages et des entreprises!
Réponse de le 08/02/2013 à 19:28 :
@meslier
Les dépassements d'honoraires ne sont que la conséquence de la non revalorisation du tarif de plein d'actes médicaux bloqué depuis ...25 ans ! Allez voir les tarifs dans les autres pays, vous verrez.
Le paiement à l'acte : le jour où tous les médecins seront fonctionnaires, ça risque de vous faire bizarre, allez voir du côté du NHS anglais, vous comprendrez mieux.
Réponse de le 08/02/2013 à 20:09 :
toujours faire des comparaisons avec les autres pays , tout est different
Réponse de le 09/02/2013 à 0:17 :
Et comment ont évolué les revenus des médecins libéraux par rapport à la moyenne des Français? Par ailleurs, seul l'exercice de la médecine en groupe permettra un suivi sérieux des patients (et non des clients!) et la prévention.
Réponse de le 09/02/2013 à 9:59 :
le pb de la secu c'est pas les medecins liberaux ni les boites de medicaments a.0.5 euro... le pb c'est l'hopital, et oui, il y a un corporatisme enorme a ne pas toucher ce nid a syndicalistes qui pese 60% du budget de la secu
a écrit le 08/02/2013 à 17:13 :
On peut s'attendre au pire avec ces gens. L'incompétence de gens sans aucune expérience et dogmatiques
a écrit le 08/02/2013 à 16:53 :
on se réjouit des résultats en arguant du 'c'est moins que si c'était plus de déficit" Au secours.
a écrit le 08/02/2013 à 16:34 :
je sais pas pq, mais ca sent le flan...
Réponse de le 08/02/2013 à 17:16 :
AÏe ! Que nous prépare réellement mickey ?
Réponse de le 08/02/2013 à 17:30 :
confirmé. Pour l'instant que des belles phrases, rien de concret. A suivre...
Réponse de le 08/02/2013 à 18:00 :
tout cela est un effet d'annonce c'est du pipot ..........................

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