Investissement : les entreprises sont sur la défensive

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Faute d'investissements, l'économie française est-elle menacée d'obsolescence ?
Faute d'investissements, l'économie française est-elle menacée d'obsolescence ? (Crédits : Fonds C.B.)
Le niveau de l’investissement des entreprises est très faible. Et quand elles investissent, elles le font dans un but surtout défensif constate une étude de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris (CCIP).

En début d'année, le moral de chefs d'entreprises était au beau fixe. Peut-être convaincu par les messages positifs du gouvernement sur le retour de la reprise, les chefs d'entreprises comptaient investir à nouveau. Selon les enquêtes de conjoncture réalisées au cours des premiers mois de l'année par l'Insee, la formation brute de capital fixe (FBCF) des sociétés non financières devait augmenter de 4% cette année. Aujourd'hui, la donne a changé. La panne de croissance actuelle - le PIB tricolore a stagné au premier semestre - oblige les entreprises à revoir leurs objectifs d'investissement à la baisse. Selon l'Insee, la FBCF des sociétés non financières devrait reculer de 0,6% en 2014, comme en 2013.

Des investissements défensifs

Plus grave peut-être, les rares investissements prévus sont surtout défensifs, malgré le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE). C'est ce que constate la 39ème enquête d'opinion sur la conjoncture de la Chambre de commerce et d'industrie de Paris (CCIP) réalisée auprès des chefs d'entreprises d'Ile-de-France et dévoilée ce mercredi. Compte tenu de la puissance économique de la région Ile-de-France, on peut malheureusement imaginer qu'au niveau national, l'opinion et les comportements des chefs d'entreprises ne diffèrent guère.

Concrètement, 64% des chefs d'entreprises interrogés par Médiamétrie comptent investir - ou ont déjà investi - pour réaliser des gains d'efficacité. " Autrement dit, il s'agit d'investissements consistant à réorganiser et à restructurer les entreprises ", explique Guy Detrousselle, le directeur d'études et de clientèle de Médiamétrie.

Renouveler l'existant

Dans 60% des cas, les investissements consisteront à renouveler l'équipement existant. Pour 43% et 42% des chefs d'entreprises, ces investissements permettront de développer de nouvelles activités en France et d'accroître leurs capacités de production. Ainsi, les entreprises seront prêtes lorsque l'économie tricolore redémarrera enfin et que le taux d'utilisation des capacités de production dépassera sa moyenne de longue période.

En revanche, les investissements qualifiés d'offensifs par la CCIP sont en berne. Seuls 38% des investissements seront consacrés à l'accès aux nouvelles technologies de l'information et de la communication. Selon une étude publiée en début d'année par la société Email-brokers, 81% des entreprises qui ont fait faillite en 2013 n'avaient pas de site Internet.

L'export n'est pas la priorité

Quant au développement d'une stratégie à l'export, c'est un investissement qui ne devrait concerner que 19% des entreprises. Actuellement, seules 120.000 entreprises françaises exportent, la moitié d'entre elles n'entretenant pas de courants d'affaires réguliers, année après année. L'Italie en compte 200.000 et l'Allemagne 250.000. Nos deux voisins ont respectivement affiché des excédents commerciaux de 30 et 200 milliards d'euros en 2013.

Sans surprise, les dépenses de communication et de publicité, deux budgets dans lesquels les entreprises taillent en priorité lorsque le niveau des carnets de commande exige de réduire la voilure, restent faibles. Seules 26% d'entre elles envisagent de continuer à faire la promotion de leur marque et de leurs produits.

Enfin, les entreprises n'ayant pas les ressources financières pour investir tous azimut, la protection environnementale passe également au second plan. Seuls 32% des chefs d'entreprises interrogés investiront cette année dans ce secteur. Résultat, les entreprises devraient subir les changements de normes et de règles que la loi sur la transition énergétique actuellement débattue à l'Assemblée nationale devrait entraîner.

Des entreprises moins sûres ?

La sécurité est de moins en mois une priorité, seuls 28% des entreprises ayant l'intention d'investir dans ce domaine. Pourtant, comme le rappelle une étude récente de l'Ecole des Mines de Saint-Etienne intitulée " Quelles compatibilités entre des objectifs d'amélioration de la sécurité et la productivité ", " l'établissement d'un climat sûr en entreprise passe par l'application de la législation mais aussi par la mise en place d'une culture de la sécurité qui implique chaque membre de l'entreprise. Le travail est long et coûteux mais la balance s'équilibre rapidement et l'entreprise voit rapidement le fruit de son investissement ".

 " La destination des investissements est très révélatrice des difficultés actuelles des entreprises. Si les grandes entreprises internationalisées échappent en partie à la morosité qui frappe l'économie française, la plupart des PME souffrent. Elles ne luttent pas pour conquérir des parts de marchés mais pour maintenir leur activité. Cette situation est très inquiétante car elle ne permet pas d'envisager l'avenir avec sérénité ", déplore Pierre-Antoine Gailly, le président de la CCIP.

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Commentaires
a écrit le 08/10/2014 à 22:51 :
Pour voir les bénéfices de cet investissement immédiatement supprimés par des impôts et taxes toujours plus importants ???
Commentez un peu la réalité Messieurs les journalistes au lieu de prendre des discours figés, cela rendra vos articles beaucoup plus intéressants
a écrit le 08/10/2014 à 19:12 :
Quand on voit le niveau de malhonnêteté intellectuelle de nos dirigeants qui baratinent tous les jours et n ont d autre idees que des taxes et des impôts cachés

Changer toutes la classe politique et vous verrez tous repartira
Réponse de le 08/10/2014 à 21:57 :
Quand on voit le niveau des pseudos experts économistes français on a peur :
Les entrepreneurs français n'exportent que très peu (visiblement seules 10% exportent fortement, ce qui est confirmé par les chiffres du commerce extérieur) et ils ne pensent qu'à taper sur la gueule de leurs salariés qui sont par voie directe ou indirect ... leurs clients. C'est complètement con.
Forcement ça va pas bien marcher.
a écrit le 08/10/2014 à 18:51 :
En septembre 2014, 80 % des entreprises indsutrielles ont constaté une chute de leur activité de -20% ;
Les travailleurs pauvres ne peuvent pas consommer, ils peine à se nourir et ne peuvent pas se chauffer l'hiver.
L'emploi n'ets pas prêt à repartir.
La misère a de l'avenir.
a écrit le 08/10/2014 à 18:14 :
lol, non seuelement ca fait deux ans qu'on dit que l'investissement va au tas ( ce qui se confirme chez les experts!! ;-))))))) ) et en plus... le meilleur est a venir! messieurs les experts, preparez vous a creer plein de commission pour comprendre...
a écrit le 08/10/2014 à 17:40 :
En même temps avec un minimum de culture monérariste tout s'explique, la trésorerie des entreprises françaises est bien en deça des américaines par exemple... > cf. jp chevallier pour des chiffres sourcés
a écrit le 08/10/2014 à 17:17 :
Voici un article que Messieurs Godin et Satin devraient lire. Ils y trouveraient de elements d´une autre realite que celle qui se resume a augmenter les impots pour regler la gabegie de l´Etat. Mais il n´y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.

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