Le gouvernement va-t-il trop loin ou pas assez ? À deux jours de la présentation du projet de "loi Macron", l'extension du travail du dimanche de 5 à 12 jours par an est un sujet particulièrement controversé dans l'Hexagone. Syndicats, acteurs de l'économie ou politiques, tous ont leur mot à dire dans ce débat polémique.
Pour l'ancien ministre UMP du Travail Xavier Bertrand, invité sur RTL, "il faut monter un peu plus haut [en nombre de jours d'ouverture] pour faire en sorte que les dimanches de décembre" et "de soldes soient aussi ouverts". Le député-maire de Saint-Quentin a demandé à Manuel Valls de faire "encore un effort" et aimerait "une quinzaine de dimanches dans l'année".
La vice-présidente de l'UMP, Nathalie Kosciusko-Morizet a, quant à elle, plaidé lundi sur Europe 1 "pour la liberté totale d'ouverture des commerces le dimanche à Paris", alors qu'un rapport remis à la mairie exprime des réticences sur l'ouverture dominicale des grands magasins parisiens du boulevard Haussmann.
À gauche justement, le travail dominical ne rassemble pas toutes les mouvances. La maire de Paris Anne Hidalgo a ainsi tweeté toute la journée sur le travail du dimanche, avant que Manuel Valls ne s'exprime sur le plateau de France 2 (confirmant la volonté d'étendre le nombre de dimanches travaillés de 5 à 12). Elle a notamment fait le listing de toutes les activités possibles le dimanche dans la capitale et rappelé que le travail dominical était déjà en partie pratiqué.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Quelques jours plus tôt, le 5 décembre, la sénatrice socialiste Marie-Noëlle Lienemann, membre du mouvement "Maintenant la gauche" avait déclaré à Reuters qu'elle allait voter "contre" le projet "loi Macron" et appeler ses collègues à faire de même.
Président du pôle entrepreneuriat du Medef, Thibault Lanxade a estimé sur RFI que le projet de "loi Macron" va "véritablement dans la bonne direction". Le syndicat patronal se félicite qu'un sujet autrefois "tabou" comme le travail du dimanche soit abordé car c'est "l'une des premières choses que [le président du Medef Pierre Gattaz] a exprimées".
Les patrons ne soutiennent toutefois pas aveuglement cette extension des ouvertures. Le Pdg de Carrefour, Georges Plassat, a ainsi indiqué sur France Inter qu'il n'était "pas du tout" favorable à l'ouverture des grandes surfaces alimentaires le dimanche. Il plaide d'avantage pour l'ouverture des magasins alimentaires situés dans les centre-villes (où Carrefour dispose d'un réseau des plus étoffé : Carrefour Market et City, Shopi, Huit à Huit, Marché Plus). Il a par ailleurs ajouté qu'il ne serait "pas complètement inutile" d'ouvrir les commerces en soirée, autre sujet polémique.
À lire également
Budget : le gouvernement pris dans un scénario noir
Moins nombreux et plus diplômés : le profil des nouveaux immigrés en France
« Une fausse solution pour la réduction de la consommation de plastique » : les élus locaux montent au front contre le projet de consigne des bouteilles
L'Irlande fait basculer le PIB de la zone euro dans le rouge