DATE IMPORTED: September 21, 2011 Eva Joly (2ndR), Europe Ecologie-Les Verts Green Party political party candidate, stands with guests who gather to pay tribute at the stele to the victims of the AZF chemical fertilizer factory explosion as they mark...
Quatorze ans après la catastrophe de l'usine AZF de Toulouse qui a causé la mort de 31 personnes, la cour de cassation renvoie l'affaire devant la cour d'appel de Paris. Retour sur des décisions de justice qui n'ont cessé de se contredire.
Du premier jugement, rendu en 2009 par le tribunal correctionnel de Toulouse, au renvoi de l'affaire, hier mardi 13 janvier 2015, devant la plus haute instance juridique française, le procès de l'usine AZF n'en finit plus, repoussant toujours plus loin la définition des responsabilités.
21 septembre 2001
Tout commence le 21 septembre 2001. Le hangar 221 de l'usine Grande Paroisse de Toulouse explose, provoquant la mort de 31 personnes. On recense 2.500 blessés et 27.000 bâtiments détériorés ou détruits aux alentours de l'usine productrice de fertilisants, communément nommée AZF. Le hangar contenait 300 tonnes d'ammonitrates, stockées avant leur transport vers d'autres usines du groupe.
DATE IMPORTED: September 22, 2001 Rescue workers search in the rubble the AZF chemical fertiliser factory in Toulouse September 22, 2001. The AZF unit of oil giant TotalFinaElf exploded September 21, 2001 killing at least 25 people and injuring more... (Crédits : Reuters)
16 mai 2006
Cinq ans plus tard, les experts judiciaires remettent leur rapport final au tribunal correctionnel de Toulouse. L'explosion serait due à un accident chimique provoqué par la mise en contact, vingt minutes avant l'explosion, de deux produits incompatibles.
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20 novembre 2009
Dès le lendemain, le parquet fait appel de ce jugement. L'accusation répète que des négligences ont permis la rencontre de deux produits chimiques incompatibles.
24 septembre 2012
Trois ans après, la cour d'appel de Toulouse infirme le jugement de 2009, estimant que l'explosion a été provoquée par un mélange accidentel de produits chimiques. Les conditions d'exploitation de l'usine auraient contribué directement ou indirectement à la situation conduisant à l'explosion. La cour d'appel déclare Grande Paroisse, ainsi que l'ancien directeur d'AZF, coupables d'homicides, de blessures et de destructions involontaires.
Plusieurs pourvois en cassation sont formulés contre l'arrêt du 24 septembre 2012, notamment par Grande Paroisse S.A. et Serge Biechlin.
La cour administrative d'appel de Bordeaux reconnaît la responsabilité de l'État dans l'explosion de l'usine AZF. Une faute de surveillance aurait été commise par les services publics chargés de l'inspection des installations classées. La cour de Bordeaux octroie également une indemnité de 2.500 euros à un couple de riverains pour préjudice matériel et moral.
17 décembre 2014
Mais, près de deux ans plus tard, fin 2014, le conseil d'État juge que l'État n'est pas responsable de l'accident chimique à Grande Paroisse.
Quatorze ans après les faits, le procès n'est donc toujours pas clos. Ce renvoi fait réagir vigoureusement l'Association des sinistrés du 21 septembre, qui dénonce "la double peine" pour les victimes.
"D'abord la catastrophe AZF... Et maintenant c'est la catastrophe judiciaire, l'incompétence et l'irresponsabilité de la justice française", juge-t-elle dans un communiqué.