Grippe A : début de la campagne de vaccination

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
C'est ce jeudi que débute la campagne de vaccination contre la grippe A en France. Mais la majorité des Français envisagent de ne pas se faire vacciner.

La campagne de vaccination contre la grippe A (H1N1) débute ce jeudi en France. Elle s'adressera dans un premier temps à six millions de personnes jugées prioritaires: les personnels de santé non encore vaccinés, les parents des bébés de moins de six mois, les professionnels de la petite enfance et les personnes dites fragiles, qui souffrent de diabète ou de pathologies cardiaques ou respiratoires, ce qui les rend plus vulnérables au virus.

Les bébés de 6 à 23 mois et les femmes enceintes (à partir du deuxième trimestre de grossesse) devront attendre l'autorisation de mise sur le marché du vaccin sans adjuvant de Sanofi-Pasteur , qui pourrait être délivrée dans les tous prochains jours selon le ministère. Les enfants en âge scolaire seront concernés à partir du 25 novembre. La vaccination nécessitera l'autorisation des parents et aura lieu dans les établissements pour collégiens et lycéens.

Roselyne Bachelot entend montrer "l'exemple" et se fera vacciner dès jeudi. La ministre de la Santé profitera de sa visite dans un centre de vaccination parisien, installé dans le gymnase Auguste Renoir dans le XIVe arrondissement, pour recevoir l'injection. Et Nicolas Sarkozy lui-même se fera vacciner "dans les prochains jours", a assuré Roselyne Bachelot ce mercredi soir lors du 20h de TF1. "On a en parlé avant-hier avec lui. Bien sûr, le président de la République va se faire vacciner dans les prochains jours", a déclaré la ministre.

Cette campagne s'ouvre sur fond d'incertitude sur le nombre de doses nécessaires pour être vacciner. La France reste sur une stratégie à deux doses, qui seront injectées à trois semaines d'intervalle, tant que les essais cliniques en cours "n'auront pas permis de valider la pérennité de la protection offerte par la première dose", précise le ministère.

Deux doses et la campagne de communication lancée ce lundi ne seront pas de trop pour écouler les vaccins, à en croire les enquêtes d'opinion. Selon un sondage CSA publié la semaine dernière, 76% des Français n'envisageaient pas de se faire vacciner et 21% pensaient le faire. Ils étaient 17% de volontaires dans un sondage Ifop à la fin du mois d'octobre et 55% à la mi-septembre.

Depuis, des doutes sur les vaccins ont émergé. Le secret-défense imposé dans un premier temps sur les contrats passés avec les firmes pharmaceutiques, la protection offerte aux laboratoires en cas de poursuites judiciaires pour effets secondaires, le faible enthousiasme des épidémiologistes et la polémique sur les adjuvants ont semé le doute.

"Les effets indésirables portés à la connaissance de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) ne font apparaître aucun signal particulier", a écrit l'Afssaps vendredi dans son premier bilan de suivi. Aucun effet grave n'a été rapporté, même si des maux de tête ont été signalés très ponctuellement.

Enfin, même si, selon l'Institut de veille sanitaire (Invs), l'épidémie "continue à s'intensifier dans toutes les régions", notamment en Île-de-France, le virus A (H1N1) est perçu comme peu virulent pour les sujets en bonne santé. Samedi, 30 décès étaient attribués au virus en France métropolitaine par l'Invs. Mais seules deux victimes ne présentaient aucun facteur de risque.

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Commentaires
a écrit le 12/11/2009 à 12:28 :
Parmi les causes de réticences vous auriez pu ajouter le centralisme administratif excessif. Dans le cas de ma commune il va falloir faire 40 à 60 km AR par deux fois, alors que pour la grippe saisonnière le médecin traitant et/ou l'infirmière rurale font parfaitement l'affaire.
F.G.

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