L'OMS refuse de faire amende honorable sur le virus H1N1

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Devant un parterre d'experts indépendants, Margaret Chan, la directrice générale de l'Organisation mondiale de la Santé a estimé ce mardi n'avoir jamais exagéré la menace que faisait peser sur la population mondiale le virus de la grippe A. A ses yeux, chacune des mesures qu'elle a prises était justifiée.

L'Organisation mondiale de la santé n'a pas surestimé les risques liés à la pandémie de grippe H1N1 et a pris les meilleures décisions possibles compte tenu des informations disponibles sur le virus, estime Margaret Chan, directrice générale de l'OMS.

S'exprimant mardi devant un groupe d'experts indépendants, Margaret Chan a justifié chacune des mesures qu'elle a prises, de l'apparition de la souche virale jusqu'à la déclaration de pandémie. Cette dernière décision a déclenché une campagne de vaccination mondiale perçue par la suite comme inutile.

"Je ne crois pas, personnellement, que l'OMS a exagéré la menace", a-t-elle déclaré devant les experts réunis au siège de l'OMS à Genève, admettant simplement avoir péché par précaution.
"Une nouvelle maladie est, par définition, peu compréhensible quand elle apparaît", a expliqué Margaret Chan, qui occupa les fonctions de responsable de la santé à Hong Kong et dut faire face aux épidémies de Sras et de grippe aviaire.

"L'impact modéré (du H1N1) est un soulagement pour nous. Si le virus s'était révélé plus meurtrier, nous aurions dû répondre de notre incapacité à protéger un plus grand nombre de personnes", a-t-elle ajouté.

La souche du virus a d'abord été identifiée au Mexique où il fut responsable de pneumonies mortelles chez des femmes enceintes et des jeunes gens apparemment en bonne santé.
Lorsque des cas furent signalés aux Etats-Unis, l'OMS déclencha sa procédure d'alerte pandémique, craignant que la maladie ne fasse des millions de morts dans le monde.

Un bilan toujours provisoire

Au total, 18.450 personnes ont succombé à l'infection provoquée par le virus, mais il faudra une année pour établir un bilan précis, estime l'OMS. La grippe saisonnière fait environ 500.000 morts chaque année, surtout des personnes âgées.

Spécialiste des questions liées à la grippe à l'OMS, Keiji Fukuda reconnaît que l'échelle à six niveaux qui fut employée lors de la pandémie a provoqué une confusion inutile.
"Les premiers cas sont apparus chez des groupes de populations très jeunes et en bonne santé", a-t-il expliqué. "Cela a provoqué une inquiétude sur la manière dont les choses risquaient d'évoluer."

La maladie se répandant, les laboratoires pharmaceutiques Sanofi-Aventis, GlaxoSmithKline, Novartis et AstraZeneca travaillèrent à la mise au point d'un vaccin à partir d'échantillons recueillis dans les pays contaminés. Mais la souche du H1N1 se révéla moins virulente et moins mortelle que les souches de grippe saisonnière. Ce constat aboutit à des critiques contre les campagnes de vaccination lancées dans les différents pays et qui ne servirent, selon certains, qu'à remplir les caisses des laboratoires.

"Je n'ai jamais vu le début d'une preuve montrant que les intérêts pharmaceutiques, en contradiction avec les préoccupations de santé publique, aient pesé sur les décisions ou sur les avis fournis à l'OMS par ses conseillers scientifiques", a déclaré Margaret Chan. "Je n'ai jamais vu le début d'une preuve montrant que les profits financiers pour l'industrie, en contradiction avec les données épidémiologiques et virologiques, aient influencé les décisions de l'OMS", a-t-elle poursuivi

La pandémie aura officiellement duré quatorze mois

Margaret Chan avait décrété l'état de pandémie en juin 2009 suivant les recommandations d'un comité d'urgence dont la composition fut gardée secrète jusqu'à la fin de la pandémie officiellement déclarée le mois dernier. Selon elle, cet anonymat visait à protéger les experts contre les intérêts "politiques, commerciaux et médiatiques".
Le comité des experts va maintenant préparer un rapport qui sera soumis à l'attention des 193 Etats membres de l'OMS l'an prochain.
 

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