L'OCDE annonce une récession généralisée

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L'OCDE prévoit un recul du PIB de l'ordre de 0,3% en 2009 pour les trente pays de sa zone, avec une poursuite de la crise financière jusqu'à la fin de l'année prochaine et une forte baisse des prix de l'immobilier en Europe. En 2008, la croissance ne dépasserait pas 1,4%.

A son tour, l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) a réduit ce jeudi ses prévisions de croissance pour les Etats-Unis, le Japon et la zone euro, en faisant le constat que sa zone, constituée des trente pays les plus développés, est entrée en récession. L'OCDE prévoit une forte contraction de 2,8% du produit intérieur brut (PIB) américain au quatrième trimestre, qui ramènerait la croissance de la première économie mondiale à 1,4% sur l'ensemble de 2008. En 2009, son PIB se contracterait de 0,9%.

Une estimation en ligne avec un sondage réalisé par le Wall Street Journal auprès de 55 économistes. Ces derniers tablent en moyenne sur une repli de 3% du PIB au quatrième trimestre aux Etats-Unis. Pour 2009, le PIB devrait continuer à se contracter au premier semestre (-1,5%), avant de revenir à une croissance minime (+0,3%) au deuxième trimestre.

La zone euro - l'Allemagne vient d'entrer officiellement en récession, on saura demain vendredi si c'est aussi le cas de la France - et le Japon glisseraient aussi en récession. Le PIB baisserait de 0,1% au Japon au quatrième trimestre comme sur tout 2009, tandis qu'il reculerait de 1% dans la zone euro au quatrième trimestre et de 0,5% en 2009. "Les projections de l'OCDE laissent entrevoir un ralentissement prolongé de l'activité avec un recul probable du PIB de 0,3% en 2009 mais les incertitudes sont importantes," explique l'organisation du château de La Muette, à Paris, dans un communiqué. "Pour 2009, le risque principal est celui d'une dégradation plus prononcée de la conjoncture", précise l'organisation dans ce texte publié juste avant le sommet du G20 sur la crise financière, qui s'ouvre ce vendredi à Washington.

"En particulier, poursuit l'OCDE, la situation financière pourrait mettre plus de temps que prévu à se normaliser, de nouveaux établissements financiers pourraient se retrouver au bord de la faillite et les économies de marché émergentes pourraient être plus durement touchées par le tassement du commerce mondial et par une réévaluation des risques de la part des investisseurs étrangers."

L'OCDE entrevoit aussi une poursuite de la modération de l'inflation dans les trois régions mais ses économistes minimisent le risque d'une déflation, hormis au Japon où elle devrait s'installer au troisième trimestre 2009. "Ce n'est pas quelque chose que je considère comme ayant une probabilité élevée", a déclaré à l'agence Reuters Jörgen Elmeskov, directeur de la branche des études économiques de l'OCDE.

Dans ce contexte de ralentissement économique prononcé, l'OCDE estime que des mesures de relance macroéconomique s'imposent en complément des baisses de taux décidées par les grandes banques centrales. "En temps normal, la politique monétaire, et non la politique budgétaire, serait l'instrument de choix," reconnaît-elle dans son communiqué. "Cependant, compte tenu des tensions financières extrêmes observées actuellement, le mécanisme de transmission monétaire est sans doute moins efficace. De surcroît, aux Etats-Unis et au Japon, la marge de manoeuvre pour réduire davantage les taux directeurs est limitée. Dans cette situation inhabituelle, la politique budgétaire a elle aussi sa place."

Interrogé sur ce point, Jorgen Elmeskov a confirmé que le besoin de relance budgétaire était moins évident dans la zone euro, où la Banque centrale européenne (BCE) a "encore des munitions". "Nous partons de l'hypothèse qu'il (le taux de refinancement européen) sera à 2% vers le début 2009," a déclaré Jorgen Elmeskov.

L'OCDE n'exclut pas que de nouvelles mesures se révèlent nécessaires pour stabiliser les marchés financiers. "Dans ce cas, une coopération internationale sera souhaitable pour éviter toute action susceptible de fausser la concurrence ou de reporter les problèmes sur d'autres pays", explique l'organisation, qui souhaite que ces mesures soient conçues et mises en oeuvre de manière à pouvoir être supprimées sans risques lorsque la situation se normalisera".

L'OCDE appelle de ses voeux une réforme de l'architecture financière internationale, en demandant un réexamen du cadre de régulation et de supervision, mais met en garde contre "une remise en cause plus générale de l'ouverture des marchés, qui serait lourde de conséquences".

Pour 2010, l'OCDE prévoit un retour de la croissance avec une hausse de 1,6% du PIB aux Etats-Unis, de 0,6% au Japon et de 1,2% dans la zone euro. "Pour 2010, les incertitudes restent très importantes, mais elles sont plus équilibrées, avec la possibilité d'une amorce plus précoce de la reprise," estime-t-elle.

 

Ralentissement confirmé en zone euro
Les experts européens sondés tous les trois mois par la BCE ont révisé en forte baisse leur prévision de croissance en zone euro pour 2009, selon le bulletin mensuel de la BCE publié ce jeudi. Les experts ne misent plus que sur une hausse de 0,3% du PIB des quinze pays membres de la zone euro. En août, ils pariaient encore sur une progression de 1,3%. Pour 2008, ils ont réduit leur pronostic à 1,2% (contre 1,6%). La zone euro devrait se reprendre lentement à partir de 2010, avec une hausse estimée de 1,4% de son PIB cette année-là. Ces prévisions renforcent la probabilité d'une nouvelle baisse de taux de la BCE en décembre. En un mois, elle a déjà ramené son principal taux directeur de 4,25% à 3,25%, face à la dégradation brutale de la conjoncture liée à la crise financière.

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a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Une catastrophe pourra toujours améliorer le PIB sans pour cela engendrai une évolution positive sur la reprise.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Bonjour,

Pierre Dac disait de la meteo que "c'est l'art de prevoir le temps qu'il aurait pu faire". Je crois que les experts en économie ont montrés depuis des mois que cette maxime s'applique aussi à l'économie. Ce qui me frappe c'est le ton docte sur lesquel ils font leurs annonces sans prendre aucune précaution et se gardent de dire que cette situation étant totalement nouvelle, ils sont incapables d'avoir un referentiel leur permettant d'apprecier la situation et que ce qu'ils prédisent ne sont que des supputations (a la limite de la superstition ou des incantations). Etant eux memes conseillers (voire employés) des grandes institutions financieres on ne peut mettre qu'en doute de telles previsions. Il serait interessant qu'un journal comme la tribune mette en parallele leurs previsions et ce qui s'est reellement passe, cela nous donnerait de quoi apprecier de tels commentaires et eviterai peut être des effets de crise induite par du psychologique mal place: Un indice boursier qui d'un jour sur l'autre fait du yoyo à 10% voire 15% relève plus de l'incompétence et du cynisme d'une certaine classe de financiers qui n'ont aucune considération pour les populations qui elles payent très cher leurs inconséquences. Pour preuve, Un certain trou de 5 milliards ou le PDG reste assis dans son fauteuil.....Il est facile de faire des bénéfices quand tout progresse mais de limiter les dégats quand ce n'est plus le cas relève de la reelle competence.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Comparer a posteriori les valeurs prédites aux valeurs observées ne sera pas facile.
Prenons les annonces de l'année dernière en novembre 2007.
40 % des spécialistes en prévision disaient que la crise des subprimes allait s'étendre.
Le problème est que la moitié environ son des cassandres systématiques qui par ailleurs s'étaient trompés pendant plusieurs dizaines de mois pendant la période de prospérité 2003 2007.
A l'autre extrémité de la palette il y a les optimistes permanents qui disent en bourse " achetez la prospérité est au bout du tournant".
Si on enlève les deux extrêmes, il va rester un Marais informe

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